Posts Tagged ‘socialisme’

Nous on ose: Albert Einstein aurait rejoint la Colonne de Fer!

19/03/2012

« La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle. »

Albert Einstein, extrait de  Pourquoi le socialisme? (1949)

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L’imposture du « patriotisme économique »

22/12/2011

C’est apparemment avec les plus vieilles formules que l’on entube le mieux les électeurs. Ces derniers temps, il semble qu’un « nouveau » thème s’impose dans le débat électoral, celui de la relocalisation et du made in France. En effet, il ne se passe plus une semaine sans qu’un de nos estimés politicards y aille de son petit mot sur la question, quelle que soit par ailleurs la place qu’il occupe sur l’échiquier politique. Il y a 10 jours, ce n’est rien de moins que Nicolas Sarkozy, monsieur Casse-sociale himself, qui est allé se faire mousser sur ce thème là lors d’une visite des usines de skis Rossignol, emboitant le pas à…tous les autres.

En même temps, à priori, le fait de produire en France et de créer des emplois, on peut pas tellement être contre. Sauf que, si l’on regarde de plus près, ce discours en apparence évident n’est rien de moins que grotesque, qu’il soit entonné par opportunisme (Sarkozy), par nationalisme obtus (Dupont-Aignant), par bêtise (Bayrou), par démagogie (Hollande), par paresse intellectuelle (Mélenchon) ou pour toutes ces raisons à la fois (Le Pen).

Le profit, seul objectif de l’entreprise capitaliste

Car une fois que l’on a admis qu’effectivement, ce serait chouette de créer des emplois chez nous, comment fait on pour convaincre l’entreprise machin-chose de s’installer à Bar-le-Duc plutôt qu’à Shangaï ?

Pour cela, rappelons vite fait comment fonctionne l’entreprise capitaliste : elle se finance en émettant des titres de propriété, des actions, qui vont être achetés en échange de la promesse de revenus. Ce qui va intéresser l’actionnaire, qui a pris un risque en investissant, ça va être précisément ces revenus du capital, les dividendes qu’il va pouvoir toucher. Pour lui verser ses dividendes, l’entreprise va être obligée d’être compétitive. Si, par une politique de réduction des coûts et de maximisation des bénéfices, une de ses concurrentes est capable de verser des dividendes plus importants aux actionnaires, ceux-ci vont chercher à revendre leurs parts de l’entreprise pour acheter celles de l’entreprise qui leur reversera plus. La première entreprise va donc voir sa valeur s’effondrer, ne pourra plus investir, fera faillite ou sera rachetée ou démantelée. Pour éviter ça, l’entreprise va chercher elle aussi à réduire ses coûts en rognant sur les conditions de travail, augmenter les dividendes versées en prenant sur les salaires, augmenter ses bénéfices en conquérant de nouveaux marchés, etc… Ainsi, le capitalisme est-il basé sur une logique folle de croissance absolue.

C’est pour s’adapter à cette logique que les entreprises délocalisent tout ou partie de leur production (soit directement, soit indirectement en faisant appel à des sous-traitants étrangers). En allant s’installer dans des pays où les coûts sont moindres, elles peuvent s’opposer un temps à la concurrence et éviter des faillites qui auraient sur l’emploi un impact pire que les délocalisations elles-mêmes. Les libéraux disent que les entrepreneurs n’ont guère le choix. Hélas, on ne peut pas leur donner tort : les délocalisations sont une conséquence directe et inévitable du mode de production capitaliste. Si l’on empêche cela, en interdisant les licenciements par exemple, les entreprises ne survivront pas longtemps dans la jungle capitaliste.

Bien sûr, il existe des solutions pour que les entreprises restent chez nous : cependant, pas sûr que ces « solutions » nous conviennent.

Dans le capitalisme, pas de salut

Un moyen d’empêcher les entreprises de s’installer dans des pays où les coûts de production sont plus faibles (et donc la législation sociale moins favorable aux salariés) consiste à rendre notre pays plus attractif pour les entreprises, en répondant au « dumping social » des pays émergents. C’est facile : baisse des impôts aux entreprises, recul des minima sociaux, suppression du salaire minimum, etc…C’est la solution libérale : une fuite en avant sur le dos des salariés. Bien sûr, elle ne dure qu’un temps : les pays en face adoptent la même formule, redeviennent compétitifs, et tout est à refaire, entrainant toujours plus de précarité. Sans compter que l’impact d’une telle politique se traduit par une baisse de la consommation, et donc une crise de surproduction entrainant à nouveau une hausse du chômage que l’on entendait combattre…

Alors, une autre solution consisterait à favoriser la production nationale, comme le préconise Marion Anne Perrine Le Pen, en mettant en place des barrières douanières, en taxant les marchandises importées. Après la carotte libérale, le bâton protectionniste. Sauf que les pays ayant des rapports commerciaux avec la France répercuteraient immédiatement cette mesure en mettant également en place une taxe identique sur les produits français, entrainant une chute des exportations, et donc à nouveau des suppressions d’emplois massives (sans compter les mesures de rétorsion que ne manquerait pas de prendre l’Organisation Mondiale du Commerce). De plus, la mise en place des barrières douanières entrainerait une hausse des prix sur des produits comme l’essence, qui aurait un impact direct sur la consommation des ménages. Cette mesure semble donc encore une fois devoir aggraver la crise au lieu de la combattre.

Et ce n’est pas la mise en place de cette mesure à l’échelle européenne, comme Mélenchon peut le préconiser, qui changera les choses : les problèmes posés sont exactement les mêmes qu’à l’échelle nationale, avec en plus le problème que les intérêts des pays qui fondent l’Union Européenne sont parfois contradictoires (par exemple, l’Allemagne, qui exporte beaucoup, n’a aucun intérêt à la mise en place de mesures protectionnistes). Sur le coup, la proposition du Front de Gauche semble presque encore plus déconnectée que celle de Le Pen…

La rupture, seule issue possible

Comme nous le voyons, toutes les solutions proposées pour lutter contre la désindustrialisation du pays sont vouées à l’échec. Dans la crise nous sommes, dans la crise nous resterons. Au sein du capitalisme, aucune issue : tant que nous maintiendrons un système économique basé sur l’enrichissement personnel et l’accumulation infini de richesse, nous subirons crises et déséquilibres à répétition, pour le seul profit des actionnaires (et encore, celui-ci allant en s’amenuisant). Le capitalisme est certes immoral, mais là n’est pas son principal défaut : il est surtout malade, voué à la crise, condamné. Les mesurettes pathétiques avancées par des politiciens en mal d’électeurs n’y changeront rien.

La seule solution à terme pour sortir de la crise est la rupture avec le système qui la génère. Rompre avec le capitalisme, abolir la propriété privée des moyens de production et l’intérêt privé, placer au centre de l’économie les besoins des peuples, redéfinir le statut et le rôle de l’entreprise, mettre fin à l’exploitation du salariat, construire ensemble le socialisme du XXIeme siècle : tel est aujourd’hui la tâche qui incombe à tous ceux qui veulent changer la vie et transformer le monde.