Archive for the ‘Politique nationale’ Category

Plus ça devient vieux, plus ça devient bête

19/03/2012

« J’affirme que dans la religion musulmane rien ne s’oppose, au point de vue moral, à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire. Sur l’essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale. Aux musulmans, offrons l’entrée et l’intégration dans une France dynamique, dans une France conquérante. Au lieu de leur dire comme nous le faisons maintenant : « Vous nous coûtez très cher, vous êtes un fardeau », disons-leur : « Nous avons besoin de vous. Vous êtes la jeunesse de la nation ». »

Jean-Marie Le Pen, le 29 janvier 1958

Publicités

Jacques Cheminade: un gourou de secte à l’élection présidentielle…

16/03/2012

Alors ça y est, c’est officiel, il est de retour, Jacques Cheminade sera donc candidat à l’élection présidentielle. Jacques Cheminade ? Vous voyez pas qui c’est ? Mais si, Cheminade… Un grand avec des lunettes… Non ? Bon, ok, on vous l’accorde, la première fois qu’il avait réussi à se présenter ça commence à dater un peu, et en plus ça avait pas marqué les esprits… Comme, certainement, plus de 99,5 % des votants (si vous votez), vous ne voterez pas pour lui. Et vous vous dites qu’au fond, on en a un peu rien à foutre. On ne peut pas vous donner entièrement tort. Toutefois, il est parfois bon de connaître aussi ceux pour qui on va pas voter. Et dans le cas de Cheminade, si vous êtes pas au courant, y a des surprises dans son CV… Et globalement, ça fait surtout flipper!

C'est vrai que comme ça, il fait moins peur que Raël...

Un type pas vraiment respectable

Jacques Cheminade, a priori, au début, ça fait plus marrer qu’autre chose. En faisant une petite recherche Google, vous pourrez voir que, déjà, avant de taper la septième lettre de son nom, vous ne trouverez que des pubs pour des cheminées. Le type connu quoi ! Une fois passée cette étape, vous arrivez à son affiche de campagne et son super slogan : « Cheminade, le sursaut ! ». Là vous vous dites que c’est vraiment une blague et vous arrêtez. Mais vous avez tort…

En continuant un peu, vous auriez pu voir que ça sent le truc bizarre. Au niveau politique, Cheminade se décrit comme un gaulliste social, ni de gauche ni de droite, aussi à l’aise à citer le vieux général que Jaurès. Il est contre le pouvoir de la finance et il se vante d’avoir prévu la crise il y a 20 ans (bon Marx l’avait prévue il y a 150 ans, donc mouais…). Et puis sinon, il nous fait des petits cours d’économie chiants pour nous dire qu’il faut un nouveau Bretton Woods… Enfin pas intéressant quoi. Mais Cheminade, ce n’est pas que ça. C’est aussi le mec qui nie le réchauffement climatique, qui cherche des complots partout et qui veut coloniser Mars et la Lune… Ah ouais quand même ! Mais bon, à la limite, des fous y en a d’autres.

Là où ça se complique c’est sur le reste du CV. Outre un passé assez flou dans des services de renseignements informels aux États-Unis, on peut voir que Cheminade a été condamné, en 1990, à quinze mois avec sursis pour vol. Il avait extorqué 1,2 millions de francs à une petite vieille fortunée atteinte de la maladie d’Alzheimer. Normal quoi. En 1995, il est accusé d’avoir trafiqué ses comptes de campagne. Il a aussi eu un certain nombre de procès pour diffamation qu’il perd à chaque fois et qui l’opposent à Nicolas Miguet, Dominique Perben ou encore Mylene Farmer. Pendant la campagne présidentielle de 1995, il est également accusé par des maires qui lui ont donné leurs signatures, de harcèlement quotidien et de pressions… Là, vous commencez à vous dire « Non mais c’est quoi ce mec ?? ». Et c’est pas fini.

Le mouvement larouchiste

Cheminade est le candidat d’un obscur groupe politique, Solidarité et Progrès, qui se déclare comme étant la section française du mouvement larouchiste américain. Lyndon Larouche est un leader américain d’extrême droite, et considéré comme le gourou d’un mouvement sectaire. Il dénonce, dans ses nombreux écrits, le complot juif ou encore ce qu’il considère comme de l’art dégénéré (et qui est prohibé pour les membres de son mouvement). Les militants de Larouche vivent en communauté, on leur demande de tirer un trait sur leurs amis, leurs familles, leur passé. Ils doivent vouer un culte à Larouche, qu’ils appellent entre eux « le Grand Homme » et vénérer ses écrits comme des paroles sacrées, références uniques en ce qui concerne l’art, la science, la pensée politique, les questions de mode de vie. Les proches des adeptes de Larouche constatent des changements de personnalité très rapides et sont dans l’incapacité de communiquer avec eux.

La secte de Larouche est soupçonnée de tortures psychologiques, mais aussi physiques sur certains de ses membres. Les adeptes de cette secte ont énormément de mal à en sortir, et certains d’entre eux en viennent au suicide.

Pour plus d’informations sur Larouche et sa secte on peut notamment lire cet article http://www.prevensectes.com/solidarite3.htm

Lyndon Larouche, le "Grand homme"

Solidarité et Progrès : la secte larouchiste française

En France, le parti de Jacques Cheminade n’a pas grand chose à envier à son grand frère américain. Ces militants recrutent souvent autour des facs, ou à la sortie des métros à Paris et dans les grandes villes. Ce sont en majorité des jeunes, qui ciblent d’autres jeunes. Il tentent d’attirer à eux par un discours complotiste (genre qui fait bien flipper) et offre les clés de la sortie du complot mondial aux quelques âmes paumées qui veulent bien les écouter : les rejoindre dans leur culte de Larouche et les aider à gagner d’autres gens à cette grande cause. Et alors là, pour ceux qui rentrent dans leur mouvement, ça devient craignos… Sur le site suisse InfoSectes (lien en bas de l’article), un ancien militants de Cheminade qui a réussi à s’extraire de la secte témoigne :

« Leur méthode de recrutement commence par vous « dégoûter » de la société dans laquelle nous vivons. Ils ont besoin de détruire vos anciennes bases de pensées afin de pouvoir les remplacer par les leurs. Ils dépeignent alors un portrait « apocalyptique » du monde. Pour eux nous entrons dans un Nouvel Age des Ténèbres (« a New Dark Age ») dû essentiellement à la décadence culturelle des « Baby-Boomers » (les parents des jeunes étudiants sont ici visés). Par ce biais, le membre vous rend coupable et responsable, vous forçant à agir pour ne pas vous mépriser vous- même. Vous devez tout remettre en question: votre éducation, ce que les médias vous racontent… »vous devez changer pour que le monde change ! ». Ainsi, peu à peu, ils deviennent votre unique cadre de pensée, l’unique chose dans laquelle votre espoir s’engouffre. Vous êtes donc amenés à modifier vos goûts musicaux. Le rock « satanique » doit disparaître de votre discographie au profit de Jean-Sébastien Bach. Vos repères politiques et religieux changent; tout comme votre style vestimentaire et votre aspect physique (barbe, cheveux) s’ils ne correspondent pas à ceux du groupe. Vous acceptez cela car l’avenir du monde en dépend. « Il faut à tout prix éviter la troisième guerre mondiale ! » vous assénent-ils »

Flippant non ? Un peu plus loin :

« En France, Jacques Cheminade a mis en place un processus de corruption des membres. En tant que subrogé de LaRouche, Cheminade détient l’entière autorité sur l’organisation française. Il contrôle les agissements des membres, soit directement ou indirectement en plaçant ses sbires. Son but étant de tout savoir sur les membres pour pouvoir jouer sur leurs faiblesses. C’est une technique employée par nombre de sectes. Souvent, Cheminade convoque les membres un à un dans son bureau pour les faire parler et surtout pour s’assurer de leur soumission. Il lui arrive de faire participer une tierce personne pour pouvoir établir un rapport de force lui étant plus favorable. Durant ces rencontres il est la plupart du temps question des problèmes psychologiques, quelquefois sexuels du membre. Cheminade attend une confession. Il est déjà arrivé, que Jacques Cheminade convoquent un membre pour lui demander s’il était homosexuel. Ce qui est pour eux une déviance immorale, même une maladie psychique. »

C’est pas glop du tout du tout ! Dans le reste de son témoignage, cet ancien militant dénonce les méthodes de Cheminade qui oblige les membres de son groupe à vivre dans la précarité la plus extrême et exerce des pression psychologiques importantes sur eux. Évidemment, on ne peut pas vous mettre tout le témoignage ici, mais allez voir, ça vaut le coup ! Ça vaut Raël, le costume en moins…

Cheminade va sûrement faire un score ridicule aux présidentielles. Mais c’est pas une raison pour ne pas s’intéresser à lui. Tout d’abord parce qu’un mouvement comme Solidarité et Progrès, même confidentiel, reste dangereux, et parce que même 0,2 % de personnes qui votent pour ce type d’individus, c’est déjà beaucoup trop. Et dire que ce type va, dans les semaines à venir, avoir autant le droit à la parole que les autres… Ça fait rêver !

Info Sectes :http://www.info-sectes.ch/secte-solidarite-progres.htm#Sortir

Les footballeurs en colère contre Hollande: quand l’indécence n’a plus de limite…

01/03/2012

 

Une fois n’est pas coutume, la Colonne de Fer va avoir l’air de défendre un peu Hollande… Que ce soit clair, ce sera pas souvent, mais il faut bien avouer que les polémiques que soulèvent sa proposition de taxer à 75% les revenus au dessus d’un million d’euros de nos concitoyens les plus riches poussent certains de ces derniers à des plaintes un peu exagérées là où la décence, qui plus est en temps de crise, devrait plutôt les pousser à la boucler ! Et la montée de bouclier la plus violente contre la première mesure un peu de gauche du candidat socialiste, vient, aujourd’hui, d’une classe opprimée que l’on avait un peu oubliée les derniers temps : les footballeurs…

Apparemment, il seraient une cinquantaine, évoluant en Ligue 1, à tomber sous le coup de la proposition de François Hollande. Une mesure qui les pousseraient à payer un peu plus d’impôts pour participer pleinement à la solidarité nationale. Attention, quand on dit un plus d’impôts, qu’on comprenne bien : c’est pas ça qui va les foutre à la rue non plus ! En gros, tous les revenus au dessus de un million d’euros annuel, seront taxés à 75%. Ça laisse quand même de quoi vivre bien !

Mais voilà, y en a qui gueulent ! Christophe Jallet, par exemple, le défenseur du PSG, qui gagne 120 000 euros par mois, chouine en nous expliquant qu’il a « braqué personne ! ». Le président du LOSC Michel Seydoux, qui a du pognon à faire péter plusieurs coffres-fort, nous raconte quant à lui, le plus sérieusement du monde, que cette mesure serait « a terme, la mort du football hexagonal ». Rien que ça ! Ce genre de déclarations va sûrement une nouvelle fois faire super plaisir aux millions de supporters français, qui voient dans le sport, et notamment dans le football, une passion avant tout, et qui, dans leur très très grande majorité, ne tombent pas sous le coup de la mesure de Hollande…

Heureusement, tous les footballeurs ne sont pas des abrutis obnubilés par le pognon. Certains réfléchissent un peu plus. C’est notamment le cas de Vikash Dhorasso qui, lui, a déclaré : « que les footballeurs soient plus ou moins riches […] j’en ai rien à foutre ! Moi, ce qui m’importe, c’est que le quotidien de ceux qui galèrent et qui souffrent parce qu’ils n’ont pas de pouvoir d’achat ou parce qu’ils ne peuvent pas se loger, s’améliore. » Voilà, que tous les autres qui se déguisent en panneaux publicitaires pour faire exploser leurs comptes en banque prennent exemple sur lui, et redescendent un peu sur Terre. Les gars, vous nous feriez encore plus réver si, parfois, vous ressembliez plus à des sportifs qu’à nos patrons !

Programme économique du FN : beaucoup de bruit pour rien

26/02/2012

Pour continuer à mettre en lumière les impostures du Front National, la Colonne de Fer a voulu se pencher sur les détails du programme économique du parti d’extrême droite. Nous savions que Marine Le Pen souhaitait rompre, au moins en apparence, avec l’ultra-libéralisme du père (à l’époque de Jean-Marie, le parti prônait notamment la suppression de la retraite par répartition et de l’impôt sur le revenu), mais encore nous restait-il à savoir comment.

Nous avons donc pris nos ordinateurs, ressortis nos vieux manuels d’économie de Terminale ES, et nous sommes rendus sur le site du Front National, direction programme…et là, nous sommes tombés sur une difficulté que nous n’avions pas prévu.

Pour expliquer notre problème, permettons-nous une analogie entre le travail que nous avions entrepris et celui d’un critique de cinéma. Quand le critique tombe sur une grosse bouse sans imagination, comme le cinéma américain ou Luc Besson en produisent tous les mois, son travail est vite fait. Mais imaginez maintenant de devoir faire la critique d’un vrai nanard de chez nanard, genre un film turc qui reprendrait des passages entiers d’autres films, dont les personnages changeraient de nom et de visage au cours du film, où de nombreuses répliques n’auraient pas le moindre sens, où le preneur de son apparaitrait dans le coin de l’écran une bonne dizaine de fois, et où des acteurs surjouant à mort évolueraient dans un mélange de Star Wars, Autant en Emporte le Vent et Les bronzés font du ski, tout en passant la moitié du film à lire du Spinoza en mangeant des yaourts. Vous ne sauriez pas quoi dire tellement vous seriez sidérés, et ce serait carrément normal.

Eh bien, bosser sur le programme économique de Marine Le Pen, c’est un peu la même chose : l’esprit humain n’y est pas préparé. Heureusement, les capacités de la Colonne de Fer sont surhumaines, et c’est munis de nos combinaisons en téflon anti-portnawak que nous avons bravé les multiples inepties et contradictions de celle que l’on appelle déjà « la Ed Wood de la politique » afin d’extraire de son « programme » toute sa substantifique moelle.

Vous nous direz, c’est pas sympa de tirer sur une ambulance comme ça. Démonter le programme économique de Le Pen, tout le monde le fait. Certes, mais il nous a paru intéressant de le faire avec notre grille de lecture à nous. Pour ce faire, revenons à notre comparaison de cinéphiles : la Marine Le Pen réalisatrice nous a donc concocté un film aberrant, incohérent, truffé d’erreurs de montage et de fautes de goûts. Mais si l’on met de côté tous ces partis-pris maladroits, que l’on épure le film pour se concentrer sur le seul synopsis, on se rend compte que celui-ci est d’une platitude et d’une absence d’originalité et d’ambitions incroyable…une histoire incroyablement banale en somme, avec toujours à la fin les travailleurs et les chômeurs qui perdent.

Partie 1 : la rigueur

Comme tout programme économique, celui de Le Pen comporte deux volets : un de politique budgétaire et un de politique monétaire, plus ou moins articulés l’un à l’autre, la politique budgétaire étant l’ensemble des mesures consistant à jouer sur les recettes et les dépenses publiques pour stimuler l’activité, et la politique monétaire l’action des autorités sur l’offre de monnaie. Aujourd’hui nous ne traiterons que de la politique budgétaire. La politique monétaire envisagée par le FN fera l’objet d’un article séparé.

Pour ce qui nous concerne aujourd’hui, force est d’avouer que Le Pen ne se démarque guère, hormis par ses grandes envolées lyriques, de ses concurrents.

Elle prétend ainsi lutter contre l’austérité imposée par l’Europe , mais affiche pour principale ambition de « réduire drastiquement les dépenses inutiles et néfastes pour le pays » afin de répondre à « l’obligation d’un déficit structurel égal à zéro ». En gros, Le Pen refuse de se faire imposer une politique d’austérité par l’Europe, mais entend tout de même mettre en place cette politique ; à ce compte là, c’est bien la peine de gueuler…

Cependant, contrairement à son papa, Marine Le Pen affirme défendre les services publics, et ne pas vouloir réduire les dépenses de l’Etat à leur détriment. Là encore, elle manie la langue de bois, puisqu’elle n’hésite pas à présenter la sauvegarde des services publics comme une question « de première importance » et à s’insurger contre les suppressions de postes dans la fonction publique, avant de montrer son vrai visage en affichant ses propositions concrètes, qui sont de « moderniser et rationaliser le fonctionnement des services publics marchands » via « un effort d’organisation et d’efficacité », et de « stabiliser » et « réduire » les effectifs de l’Etat et des collectivités territoriales. Marine Le Pen, ou l’art de dire tout et son contraire, et de reprendre à son compte les méthodes libérales appliquées depuis 30 ans, en se présentant comme la candidate du peuple. Balèze !

Bon, pour une fois, soyons sympas, considérons que ce double langage n’est que le fruit de notre mauvaise foi et que Marine Le Pen est sincère quand elle prétend ne pas faire d’économies sur le service public. Dans ce cas comment compte-t-elle s’y prendre ? Qu’est-ce qui constitue, pour elle, les « dépenses inutiles et néfastes » ? Eh bien principalement l’immigration, bien sûr, et la fraude.

Nous détaillerons dans un article ultérieur les inepties du Front National concernant l’immigration. Contentons nous ici de dire que les chiffres avancés par Le Pen, qui prétend économiser 40 milliards sur 5 ans en faisant la chasse aux immigrés semblent bien fantaisistes, dans la mesure où certaines études montrent que l’immigration légale constituerait en réalité une manne financière et non un coût pour l’Etat, et qu’il semble bien difficile de mesurer les coût liés à une immigration clandestine par nature impossible à estimer. En revanche, on sait qu’une politique consistant à traquer les étrangers nécessitera beaucoup d’argent…

Concernant la fraude, ce sont ici « les petits », ceux que Marine Le Pen prétend représenter, qui sont pointés du doigt. Le discours est le même que chez Sarkozy : le chômeur sera soumis à des contrôles plus importants et à une « obligation d’acceptation d’un emploi ». Encore une fois, le chômeur est présenté comme un faignant qui ne fait pas d’efforts. Autres responsables de la ruine du pays d’après Le Pen ? « Les fraudes à la sécurité sociale » ; sans doute les salauds d’ouvriers qui se font faire des arrêts maladies alors qu’ils pourraient aller bosser…

Ces ouvriers, Le Pen prétend penser à eux : elle va même augmenter tous les salaires jusqu’à 1,4 fois le SMIC de 200 euros. Seulement, cette augmentation, Le Pen veut la faire sans que l’entreprise n’augmente ses dépenses. Aussi, elle la fait payer par l’Etat, via la suppression des cotisations sociales salariales, normalement allouées à la Sécurité Sociale. Comment Le Pen entend-elle compenser ce manque-à-gagner d’argent utile à la collectivité ? En taxant les marchandises importées de 3%, c’est à dire en organisant la hausse des prix des produits importés, des matières premières, du gaz ou encore du pétrole. Or qui devra payer la différence ? Le travailleur dont le salaire vient d’augmenter de 200 euros, pardi ! Situation exemplaire où Marine Le Pen reprend d’une main ce qu’elle donne de l’autre.

Partie 2 : la rigueur aussi, mais pas pour les riches

Bien sûr, autoproclamée candidate d’un peuple qu’elle ne cesse de trainer dans la boue, Marine est bien obligée de taper également sur quelques gros, ne serait-ce que pour montrer que ce n’est pas le système économique qui est biaisé, mais que le problème vient seulement d’une poignée de patrons sans scrupules qui ne respecteraient pas les lois du capitalisme… Aussi, elle pointe également du doigt ceux qui s’enrichissent grâce aux niches fiscales, et se présente comme la candidate des PME face aux gros de la finance. Pourtant, au vu de la politique fiscale préconisée par son parti, il semblerait que les riches n’aient guère à craindre pour leurs fesses.

Ainsi, si l’impôt est présenté comme un instrument de solidarité national indispensable, il est aussitôt souligné qu’il « doit rester aussi faible que possible ».

Et si Le Pen entend rendre l’impôt sur le revenu plus progressif afin d’être plus juste et équitable, le manque d’ambition des propositions concrètes laisse pantois. Pour commencer, Le Pen évoque la « création de nouvelles tranches intermédiaires », mais sans préciser ni combien, ni à quel niveau de revenu elles correspondront, ni à quelle hauteur elles seront taxées. Pour un projet présidentiel, il y a du sérieux, mais passons. Concernant la tranche supérieure, Marine Le Pen veut élever le niveau de prélèvement à 46%…contre 41% aujourd’hui. Quand on sait que cette tranche concerne les personnes déclarant un revenu supérieur à 70 000 euros par an, on se dit que ça va, la mesure révolutionnaire de Marine Le Pen ne devrait pas trop les foutre dans la merde… Mais surtout, Marine va donc créer des tranches intermédiaires supplémentaires, mais aucune tranche supérieure, ce qui fait qu’aucun ménage ne sera imposé au dessus de ces 46%, que le revenu annuel des personnes soit de 70 000 de 150 000 ou de 300 000 euros par an. Encore une fois, Super-Menteuse prétend soutenir les classes moyennes, et va en réalité leur faire supporter l’essentiel de l’impôt sur les revenus, pendant que les super-riches pourront dormir tranquilles. Globalement, quand Marine Le Pen prétend qu’elle est de votre côté, méfiez-vous…

Du côté de la fiscalité des entreprises, on utilise les mêmes tours de passe-passe. Le FN prétend rendre progressif l’impôt sur les sociétés pour favoriser les PME, avec la mise en place de 3 taux d’imposition à 15%, 25% et 34%. Pour les grosses entreprises, la différence sera de taille, puisque leur taux d’imposition est aujourd’hui de 33,33%… Mais surtout, le taux d’imposition réduit à 15% existe déjà pour les PME ! Ce que Le Pen présente comme le rétablissement de la justice fiscal, c’est donc le maintien de ce qui existe aujourd’hui. Pour une candidate « antisystème », il faut avouer que c’est une conception intéressante… Pourtant, il existe une différence de taille entre l’impôt sur les sociétés (IS) d’aujourd’hui et celui de Marine Le Pen : c’est que l’IS de Marine est en réalité la fusion de l’IS actuel et d’un autre impôt, la Contribution économique Territoriale (CET), destinée aux collectivités locale. Les recettes engendrées connaitront « un partage pour 2/3 pour le budget de l’Etat et 1/3 pour le budget des Collectivités ». Au final, sous couvert de justice sociale, Marine Le Pen fait chuter d’un tiers les recettes perçues par l’Etat grâce à l’IS, et procède à une manœuvre qui revient à supprimer la CET pour les entreprises. Du pain béni pour les actionnaires…

Tout le reste est du même acabit. L’impôt sur la fortune et la taxe foncière sont supprimés pour donner naissance à un impôt unique…sur lequel aucune information n’est donnée. Il en est de même pour toutes les « taxes et impôts dont le rendement fiscal est inférieur à 50 millions d’euros par an ».

Bref, la justice fiscale du FN ne profite qu’aux riches. Le Front National fait tout un ensemble de promesses sociales (nous verrons cela dans un futur article sur la politique sociale du FN) qu’il sera incapable de tenir faute d’argent. Dans le même temps, nous voyons que le FN entend imposer l’austérité aux travailleurs et aux chômeurs, et continuer les cadeaux aux riches. Le projet budgétaire du FN est donc un projet de droite, libéral, somme toute assez classique. Il n’y a absolument rien d’antisystème, d’anticapitaliste ou même de social là dedans. Simplement, la réalité des propositions est noyée dans un discours pompeux et contradictoire. Et comme d’habitude, les classes populaires paieront les pots cassés.

A suivre : Marine Le Pen, la monnaie et le capitalisme des imbéciles, ou Le retour du programme économique du FN… (mais pas tout de suite)

N.Sarkozy : « Je serai servile avec les puissants, ignoble avec les faibles »

20/02/2012

 

 

« Je serai un président comme Louis de Funès dans le Grand Restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J’adore !» Cette phrase, révélée, à l’époque, par Le Parisien, a été prononcé en off par Nicolas Sarkozy au cours d’un voyage de campagne à la Réunion, en février 2007, il y a tout juste 5 ans. Au moins, on ne pouvait pas dire qu’on n’avait pas été prévenus…

Et le pire, c’est qu’il s’en vante…

17/02/2012

En pleine campagne électorale, Hollande craque complétement et révèle la vraie nature du PS dans la presse britannique, en espérant qu’on ne s’en rendrait pas compte. Bref, comme disait Audiard, les cons ça ose tout…

 

Concours 2012 du ministre le plus con : ça part sur les chapeaux de roues !

15/02/2012

Pour la nouvelle année, on les avait bien briefés nos athlètes : « Cette année les gars, on va probablement avoir que cinq mois pour s’imposer dans la course. Alors on y va à fond les manettes, faut marquer un maximum de points dès le début sinon ces abrutis de socialos vont nous coiffer au poteau ! Et, eux aussi, ils ont des types costaux ! » Et du coup, fallait s’y attendre, on a eu du très grand spectacle… Entre un Guéant, tenant du titre 2011, au meilleur de sa forme, et une Nadine Morano, éternelle challenger, qui lui colle aux semelles, le premier semestre 2012 s’annonce déjà comme un crû exceptionnel ! De quoi ravir les petits comme les grands. Retour sur ce début d’année, rude pour les mécaniques.

Guéant/Morano: le choc des titans.

Claude Guéant : en route pour le doublet ?

Guéant ne veut pas rester avec son seul titre 2011, et il nous le fait savoir. Avec sa seule phrase, prononcée devant les militants de l’UNI, le voici d’un coup propulsé à la première place de tous les classements. En déclarant que « toutes les civilisations ne se valent pas », il envoie au tapis tous ses adversaires, sûrement pour plusieurs mois. Beau geste, bien ficelé, bien enchaîné, y a pas à chier, y avait que Guéant pour envoyer une connerie de si haute volée. Tous les juges ont été bluffés et, même le juge russe réputé pour ses notes très sévères (il faut dire que dans son pays, ils sont méga forts…), lui a attribué un 8.4 ! Du jamais vu depuis le « Casse toi pov’con » du président ! Guéant va certainement être très dur à rattraper dans les semaines à venir, sans compter que l’avalanche de points Godwin déclenchée par ses propos joue très nettement en sa faveur. Franchement, bravo l’artiste ! Toutefois, si la thématique du racisme rapporte des sommes de points assez importantes à tous les coups, Guéant devrait, simplement pour la beauté du spectacle, se diversifier un peu…

Morano, la stratégie de l’épuisement

Morano, on ne la présente plus. Ça fait déjà quelques années que la moindre de ses apparitions la fait monter dans le classement, sans toutefois lui permettre de rafler le titre tant convoité. Celle que l’on surnomme « la Poulidor de la connerie » est, cette fois, bien décidée à monter sur la première marche du podium. La stratégie de Morano, c’est la durée. Contrairement à Claude Guéant, l’actuel leader du championnat, qu sort une connerie énorme tous les deux mois, Morano, elle, préfère jouer l’usure en débitant une petite ânerie dès qu’elle ouvre sa bouche.Et ça paie ! Le 20 janvier, un motard du convoi de notre chère ministre renverse un piéton. Entre nous, même si ça devait rouler un peu vite et pas trop faire gaffe, ça peut arriver à tout le monde. Mais là où Morano est très forte c’est, qu’au lieu de fermer sa gueule comme la décence l’exigerait, elle se permet d’intervenir sur le sujet pour faire de l’humour en répondant à une blague de Stéphane Guillon : « Ah si on pouvait rouler sur votre bêtise, ça ferait du bien des fois. » Bravo Nadine. Rappelons la règle : « art. 14, Toute déclaration de mauvais goût rapporte des points supplémentaires ». Cette boutade lui permet d’obtenir le quotient multiplicateur pour ses déclarations de début de mois sur le physique d’Eva Joly. Rappelons nous : « Le problème d’image d’Eva Joly ne vient pas que de son accent, c’est aussi physique. » C’est bas, mais c’est très bien joué, bravo Nadine. Et elle s’arrête pas là ! Sur Twitter, récemment, elle se plante de destinataire pour un message (apparemment destiné à Eric Besson…) et envoie à tout le monde « Je bulle dans un spa avec des copines, et toi tu tweet occupe toi de ta femme un peu:-) »… On a bien rigolé ! D’ailleurs elle doit avoir un problème avec Besson et les messages : début février elle se goure une nouvelle fois en envoyant un message à celui ci, et envoie à Fillon « Fillon te chie dans les bottes » ! Fillon a pas apprécié… En gros, depuis le début de l’année, Nadine nous fait un spectacle et n’en finit plus de grimper dans le classement. A la prochaine de ses conneries, c’est sur, elle prend la tête !

Nora Berra : la révèlation du début d’année

C’est la révélation de ce mois, Nora Berra fait une entrée aussi inattendue que risible dans notre classement. En publiant, sur son site, un article intitulé « Mes recommandations face au froid », dans lequel elle conseille aux sans-abris d’éviter de sortir de chez eux, la secrétaire d’État à la Santé marque des points importants. L’ensemble de l’article est d’ailleurs très drôle. Le mode « ma découverte de l’hiver, pour avoir chaud mettez un bonnet et ne vous roulez pas à poil dans la neige » c’est très très bon. En plus c’est beaucoup plus original que de nier un génocide, ou d’insulter un camarade. Bravo encore, même s’il semblerait que ça soit juste pour espérer une bonne place en fin d’année.

Ils ne sont pas ministres, mais ils veulent jouer quand même

Hervé Morin, il est génial. Le 24 janvier, il déclare avoir « vu les Alliers débarquer en Normandie »… alors qu’il est né en 1961 ! Popularisé par Sarkozy lui même et sa fameuse polémique du mur de Berlin, la technique du « je dis que j’y étais mais c’est pas vrai » rapporte, il est vrai, beaucoup de points. Mais attention à ne pas en faire trop tout de même parce que là, on frôle l’antijeu… Sarkozy, d’ailleurs, compte bien, lui aussi avoir le droit de jouer. En déplacement sur un chantier le 3 février, il déclare à un ouvrier noir «Ça change du pays quand il fait moins 8 ». C’est pas mal, mais il faut bien dire qu’à coté de Guéant, ça fait petit joueur… Au passage, pour revenir à Guéant, il n’est pas le seul à être intervenu devant les jeunes de l’UNI. Eric Raoult, intervenant avant lui aurait déclaré « Ce que j’ai appris à l’UNI, c’est quand on se fait casser une dent, on répond en cassant la gueule ». C’est pareil, ça rapporte pas beaucoup de points, mais c’est d’une intelligence telle qu’on ne pouvait pas ne pas le comptabiliser.  Enfin, la dernière vanne nous vient, à la surprise générale, du député UMP Christian Vanneste qui, le 10 février dernier, dénonce la « fameuse légende de la déportation des homosexuels » Alors là, déjà, point Godwin direct, et puis une belle somme de points. La négation de génocide, chez nous, c’est un peu comme le « coup de scorpion », tu peux pas faire mieux ! Chapeau bas. Apparemment Guéant ferait quand même la gueule, il voulait la sortir la semaine prochaine…

Pour conclure, on peut dire que ce début d’année commence à un niveau époustouflant. On a le droit à un florilège de toute part. Les stars sont à la hauteur de leur talent et de leur reconnaissance mais laissent cependant place à de jeunes premiers très prometteurs. Avec un niveau de connerie tel, la campagne présidentielle s’annonce déjà comme un millésime ! Pour le classement final 2012, un événement pourrait néanmoins mettre tout le monde d’accord dès le mois de mai. En effet, si Marine Le Pen gagne la présidentielle, avec le niveau de QI qu’aura son conseil des ministres, nos champions actuels devraient être écrasés dès les législatives. En attendant, il va y avoir du sport !

Extrême droite : les faux rebelles !

08/02/2012

L’extrême droite a aujourd’hui le vent en poupe, qu’il s’agisse du vieux Front National ou des groupuscules “identitaires” comme Vox Populi Turone (regroupement local de cathos intégristes, de royalistes, de déçus du FN et de néo-nazis). Pourtant, si cette mouvance arrive aujourd’hui à séduire un public varié, c’est en s’appuyant sur un discours flou, mensonger…et souvent contradictoire.

Les mensonges du discours anti-immigration

L’extrême droite pointe du doigt l’immigration comme principale cause des dérèglements sociaux actuels, du fait de son coût pour la collectivité. Dans les faits, elle rapporte 12 milliards d’euros par an à l’État. Durcir les lois anti-immigration comme le préconise Le Pen, c’est se priver de cette manne financière, sans compter le coût d’une telle politique.

Par ailleurs, l’extrême droite accuse les immigrés de concurrencer les travailleurs français, de prendre leur travail, de faire baisser les salaires. Pourtant, les travailleurs immigrés occupent majoritairement des emplois dans des secteurs qui peinent à embaucher. De plus, leur consommation permet la création de nouveaux débouchés, et donc d’emplois.

Enfin, si le travail clandestin permet aux patrons de baisser les salaires, la meilleure protection contre ce phénomène reste la régularisation des travailleurs sans-papiers, afin que le même droit du travail s’applique à tout le monde. Ce n’est pas un hasard si les patrons qui emploient des sans-papiers s’opposent à leur régularisation.

Un racisme a peine voilé

Mais derrière l’argument économique, on trouve un rejet de l’étranger basé sur un rapport mystique à l’identité et à la nation. Ainsi, un groupe comme Vox Populi Turone affirme la nécessité d’une France blanche et chrétienne. Pour ces militants, il y aurait une guerre ethnique qui couve en France, due à la présence de cultures qui ne sont pas chrétiennes. Les immigrés seraient responsable de la criminalité en France de par leur mauvaise intégration. La seule solution serait alors de les renvoyer dans leur pays ou de les forcer à adopter “notre” culture.

Ce discours simpliste s’appuie sur une vision figée et archaïque des civilisations, incapables d’échange, d’évolution ou d’ouverture sur l’extérieur. Pourtant, la France d’aujourd’hui n’est pas celle du XVIe siècle, et c’est tant mieux !

Mais surtout, ce discours n’est pas nouveau : il était déjà utilisé au début du XXe siècle contre l’immigration italienne ou polonaise, accusée de détruire la société française. Cette prédiction ne s’est jamais réalisée.

L’extrême droite diabolise l’immigration pour mieux nous détourner des véritables causes de nos problèmes.

Ce ne sont pas les immigrés qui sont responsables du chômage ou de l’insécurité : ceux qui détruisent notre société, ce sont les actionnaires qui délocalisent et licencient, les patrons qui refusent d’augmenter les salaires, les politiques qui cassent les services publics et le système social pour faire payer moins d’impôts aux plus riches.

Voilà les vrais responsables de la crise économique, des inégalités et de la destruction des liens sociaux.

Un courant qui se fait passer pour anticapitaliste

L’extrême droite prétend lutter contre le capitalisme. En réalité, elle propose juste de relocaliser les industries en France, sans dire comment, ou en taxant les importations, avec une hausse des prix à la clef. Cela n’a rien d’anticapitaliste : le seul but est de mettre des patrons français à la tête d’usines française. L’extrême droite défend l’utopie d’un capitalisme patriotique, où l’exploitation des salariés perdurera comme par le passé, comme aujourd’hui dans les sociétés à « patrons français ».

Que les actionnaires soient américains ou français ne fait aucune différence. Les uns comme les autres ne recherchent que le profit, au mépris du bien être des salariés.

Le fascisme a toujours été le bras armé des capitalistes

Au moment de la crise de 1929, ce sont les capitalistes allemands et états-uniens (les banques Rockefeller et JP Morgan, Krupp, Thyssen, la famille Bush, Ford…) qui ont financé les activités du parti nazi, lui permettant de populariser ses idées auprès d’une partie de la population. Les nazis ont servi à imposer à la population les réformes structurelles voulues par les capitalistes (diminution des salaires, des congés payés, augmentation du temps de travail, destruction des organisations de travailleurs et de la gauche) afin de conserver leurs bénéfices.

Pour nous, ce n’est pas un hasard si, en cette période de crise économique, on constate une montée de l’extrême droite. Ce n’est pas un hasard si Vox Populi reçoit des fonds de la bourgeoisie tourangelle ; si les grands médias sont si complaisants envers Le Pen…

Face a cela, que faire ?

Tout d’abord il faut montrer l’extrême droite sous son vrai jour : résolument du côté des capitalistes, œuvrant contre nos intérêts de travailleurs ou futurs travailleurs.

Ensuite, il faut nous engager pour lutter activement contre la présence de ces idées dans nos rues, dans nos écoles, dans nos boîtes…

Proposer un projet alternatif de société pour sortir du capitalisme

Le vrai combat anti-système, réellement subversif, est anticapitaliste : il est dans la réquisition des entreprises pour que les travailleurs les fassent tourner à leur profit, dans l’occupation des logements vides pour y mettre celles et ceux qui n’ont pas de toit ou vivent dans la précarité, dans des services publics de qualité, accessibles sans distinction de revenus ou d’origine ethnique.

Nous voulons remettre les besoins humains et sociaux, l’égalité des droits et la lutte contre les discriminations au centre du fonctionnement de la société. Le capitalisme nous mène droit dans le mur. Aujourd’hui, il faut sortir de ce système, construire une société socialiste, égalitaire et libertaire, où le contrôle de la population sur les choix économiques , écologiques et politiques remplacerait le diktat des plus riches et de l’appareil d’État.

C’est une révolution sociale qu’il nous faut. Cela passe par l’affirmation qu’une rupture est possible et nécessaire, par un travail de construction de contre-pouvoirs, avec tous ceux qui veulent lutter.

Ces idées sont réellement radicales : c’est pour ça qu’on ne nous donne pas la parole pour les exposer dans les médias. Ce sont elles qui sont dangereuses pour le système, ce sont elles qui participeront à forger un présent et un avenir meilleurs.

Notre projet , nos idées vous intéressent ?

Vous ne voulez pas laisser les autres faire de la politique et décider a votre place ?

 Alors rejoignez nous

Alternative Libertaire 37 et la Colonne de Fer

Le tract en format pdf : Extrême droite : les faux rebelles

Le Choix dans la Dette…

25/01/2012

S’il est un sujet de campagne présidentielle sur lequel les gros candidats ont tendance actuellement à s’écharper, c’est celui de la dette publique. Cette question a pris de l’ampleur avec la dégradation de la note de la France par l’agence de notation Standard and Poor’s.

Comme tout est fait dans les médias pour que 95% de la population ne pane rien aux questions économiques, et que nous-mêmes ne sommes pas sûrs d’avoir tout bien saisi, nous allons tenter de comprendre ensemble ce qu’est une dette publique et comment elle se crée, ce qui permettra de poser la question des responsabilités de chacun et donc de la légitimité des politiciens à vouloir à tout prix nous faire payer les conséquences de cette dette.

Pour commencer, qu’est ce qu’une dette publique ?

La dette publique, c’est l’ensemble des engagements financiers pris sous formes d’emprunts par l’État, les collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement.

Pour faire simple, lorsque vous empruntez de l’argent à votre banque (si elle veut bien vous en prêter), vous contractez en contrepartie de cet argent une dette que vous devrez rembourser dans des conditions clairement définies (délai, intérêt…).

Eh bien, l’État, il fait pareil : lorsque, sur une année, les recettes engrangées ne sont pas suffisantes pour subvenir aux dépenses prévues (on parle alors de déficit public), l’État va emprunter de l’argent auprès de divers organismes (banques commerciales, fonds de pensions, compagnies d’assurance français ou étrangers), qu’il s’engagera à rembourser à plus ou moins long terme (de 1 mois à 50 ans), avec des taux d’intérêts variables.

Ces taux d’intérêts sont fonction du risque encouru par le créancier, lui même estimé par les fameuses « agences de notation » (ainsi, fin 2011, soit avant la dégradation de sa note le taux pour un emprunt sur dix ans contracté par la France tournait autour de 3,5%, contre environ 2% pour l’Allemagne et…28,5% pour la Grèce).

Bien sûr, à chaque fois qu’un déficit public est compensé par l’emprunt, la dette du pays va se creuser.

La dette publique française est donc la somme des emprunts cumulés de l’État, ainsi que des intérêts que celui-ci doit verser à ses créanciers.

Elle tourne aujourd’hui autour de 1700 milliards d’euros, soit 86,6% du PIB (richesse totale produite sur le territoire) de l’année 2011.

Elle résulte d’un déficit continu depuis 1981, et de déficits plus anciens (liés à la crise économique de 1973 notamment).

Il importe également de noter que jusqu’en 1973, l’État pouvait emprunter directement auprès de la Banque Centrale. C’est depuis l’interdiction de cette pratique par Giscard que l’État est obligé de passer par les marchés privés.

Ces explications nécessaires ayant été effectuées, nous allons maintenant voir d’où vient précisément cette dette, ce qui permettra de poser la question des responsabilités de chacun, et de voir s’il est légitime de nous en faire les conséquences.

D’où vient la dette ?

Si l’on écoute les représentants de la « classe politique », et notamment les 4 gros candidats à la présidentielle (ceux que Mélenchon a astucieusement baptisé les « Daltons de l’austérité »), le discours est le même : la France est avant tout victime d’une mauvaise gestion de l’État, basée sur des dépenses trop importantes. Les français vivraient au dessus de leurs moyens et seraient en cela responsables de ce qui leur arrive.

Dès lors, Nicolas, François, François et Marine s’imaginent tous en champions de l’équilibre budgétaire et de la chasse aux « mauvaises dépenses » : quatre couplets pour un même refrain, celui de la rigueur et de la culpabilisation de la population. Pourtant, il s’agit là d’une lecture particulière, très orientée idéologiquement, de la situation.

Ce qui est indéniable, lorsque l’on regarde les statistiques (graphique ci-dessous), c’est l’apparition d’un déficit budgétaire en 1981. Cette année là, le gouvernement décide de relancer la croissance par des mesures de soutien à la consommation (hausse du SMIC, des aides sociales…) : les dépenses de l’État augmentent logiquement. Cependant, les recettes ne vont pas suivre la même augmentation, et c’est de cet écart que va naître le déficit public.

Dès lors, tandis que les dépenses de l’État varieront en fonction des années, ses recettes ne connaitront qu’une faible augmentation plus ou moins continue jusqu’en 1997, sans jamais lui permettre d’atteindre l’équilibre budgétaire. Pire, depuis cette année-là, elles stagnent autour de 50% du PIB, tandis que les dépenses continuent de grimper jusqu’à dépasser les 56% du PIB depuis 2009, d’où la forte augmentation de la dette ces dernières années.

On comprend bien alors que le problème peut être vu de 2 manières différentes : on peut, à l’instar des « Daltons », considérer que les français dépensent trop d’argent en matière de santé, de services publics, et envisager les solutions sous l’angle de la saignée et de la rigueur pour les classes populaires et moyennes.

Mais on peut aussi retourner la question, s’interroger sur les raisons pour lesquelles les recettes de l’État ne sont pas à la hauteur des dépenses, et regretter la baisse continue depuis les années 80 de la fiscalité des ménages les plus riches et des entreprises. Et, pourquoi pas, aller jusqu’à s’indigner (puisque c’est à la mode), de tous les cadeaux fiscaux ne bénéficiant qu’aux riches et au patronat :

– la baisse de l’impôt sur le revenu, pour lequel le taux d’imposition de la tranche la plus élevée est passé en 25 ans de 65 % à un taux actuel de 41 %.
– la multiplication des niches fiscales, avec un manque à gagner pour l’État de 75 milliards d’euros en 2010.
– le bouclier fiscal depuis 2009.
– l’impôt sur les bénéfices des entreprises qui est passé de 45 % en 1986 à 33,3 % aujourd’hui; avec des mesures dérogatoires qui font qu’il est en réalité de 13% pour les entreprises qui emploient plus de 2000 salariés et de 8 % pour celles du CAC 40, facilitant ainsi l’engraissement des actionnaires.
– les baisses de cotisations sociales des entreprises, venant creuser le trou de la sécu.

-etc…

On peut donc considérer la dette comme la conséquence d’une politique fiscale visant à toujours favoriser les plus riches, lesquels sont gagnants sur tous les tableaux.

Force est d’avouer que le système est bien foutu : dans un premier temps, les capitalistes payent moins d’impôts et s’enrichissent donc. Ce faisant, ils creusent le déficit de l’État, lequel, ne pouvant plus s’endetter auprès de la Banque Centrale, va emprunter aux capitalistes l’argent qu’il leur a fait gagner…ce qui permet à ceux-ci de s’enrichir une deuxième fois sur le dos de la collectivité, grâce aux intérêts perçus. Enfin, dans un troisième temps, le remboursement de la dette et de ses intérêts aux capitalistes va servir de prétexte à des politiques de rigueurs et de casse sociale.

Les pauvres payent donc la crise des riches, et le mécanisme de la dette permet un transfert incessant de richesse vers les plus riches : on n’est pas loin du hold-up du siècle !

Nous considérons donc que la dette n’est pas liée à des dépenses collectives trop importantes, mais bien à une politique orientée en faveur des capitalistes. Tous les gouvernements qui se sont succédés jusqu’à aujourd’hui ont appuyé ce choix politique. Hollande et Sarkozy continueront sur cette voie. Bayrou fera de même. Et si Le Pen prétend rompre avec cette politique, c’est par pure démagogie : son programme économique n’a aucune cohérence, et au-delà des mots s’affiche clairement dans les mesures préconisées la volonté de continuer à faire payer la dette aux classes populaires (une analyse du programme économique du FN sera prochainement disponible sur notre blog).

Alors, pourquoi sont-ils si méchants ?

Bien sûr, on peut s’interroger sur la raison de tout ça.

Expliquer la dette en disant que les banquiers, capitalistes et hommes politiques sont des connards, est-ce satisfaisant ? Nous pensons que non.

L’accroissement constant de la dette publique est le résultat d’une recherche de croissance économique par tous les moyens, afin que les profits, qui sont le seul moteur de l’économie capitaliste, ne tombent pas. Faute d’une croissance économique suffisante aux besoins du système, celui-ci se construit aujourd’hui sur un endettement massif des États, des entreprises et des ménages. Cette logique d’endettement permet au capital de continuer à dégager des profits à court terme. Cependant, elle conduit, à plus long terme, à une impasse :

-une impasse économique, puisqu’à terme les États sont confrontés à des situations de faillites, et les banques à des défauts de paiement, alimentant le risque d’une récession économique globale et d’une crise systémique.

-une impasse sociale, pour les peuples confrontés aux politiques d’austérité et aux conséquences de la crise du capitalisme, insoutenables à terme.

La dette n’est pas, comme l’affirment nos dirigeants, la conséquence de nombreuses années passées à « vivre au dessus de nos moyens ». Elle est la conséquence de l’échec des politiques visant à soutenir artificiellement un système capitaliste à bout de souffle, condamné par sa folle logique de croissance absolue.

Le problème de la dette ne se résoudra pas par davantage d’austérité, mais en cherchant une issue collective au système capitaliste.

Beaucoup plus concrètement, nous estimons qu’il est aujourd’hui nécessaire de combattre les discours dominants concernant la question de la dette, d’argumenter, de démasquer les mensonges officiels, de convaincre les classes populaires que cette dette est illégitime.

Nous changerons les choses en relevant la tête, en se serrant les coudes et en luttant ensemble pour nos droits et notre dignité ; pas en votant pour ceux et celles qui, derrière de belles promesses, veulent nous enfoncer un peu plus la tête sous l’eau.

C’est dans cette optique que la Colonne de Fer est partie prenante, aux côtés de plusieurs associations, syndicats et organisations politiques, du collectif contre la dette en train de se constituer à Tours.

Cette dette n’est pas la notre.

Ce n’est pas à nous de la payer.

L’imposture du « patriotisme économique »

22/12/2011

C’est apparemment avec les plus vieilles formules que l’on entube le mieux les électeurs. Ces derniers temps, il semble qu’un « nouveau » thème s’impose dans le débat électoral, celui de la relocalisation et du made in France. En effet, il ne se passe plus une semaine sans qu’un de nos estimés politicards y aille de son petit mot sur la question, quelle que soit par ailleurs la place qu’il occupe sur l’échiquier politique. Il y a 10 jours, ce n’est rien de moins que Nicolas Sarkozy, monsieur Casse-sociale himself, qui est allé se faire mousser sur ce thème là lors d’une visite des usines de skis Rossignol, emboitant le pas à…tous les autres.

En même temps, à priori, le fait de produire en France et de créer des emplois, on peut pas tellement être contre. Sauf que, si l’on regarde de plus près, ce discours en apparence évident n’est rien de moins que grotesque, qu’il soit entonné par opportunisme (Sarkozy), par nationalisme obtus (Dupont-Aignant), par bêtise (Bayrou), par démagogie (Hollande), par paresse intellectuelle (Mélenchon) ou pour toutes ces raisons à la fois (Le Pen).

Le profit, seul objectif de l’entreprise capitaliste

Car une fois que l’on a admis qu’effectivement, ce serait chouette de créer des emplois chez nous, comment fait on pour convaincre l’entreprise machin-chose de s’installer à Bar-le-Duc plutôt qu’à Shangaï ?

Pour cela, rappelons vite fait comment fonctionne l’entreprise capitaliste : elle se finance en émettant des titres de propriété, des actions, qui vont être achetés en échange de la promesse de revenus. Ce qui va intéresser l’actionnaire, qui a pris un risque en investissant, ça va être précisément ces revenus du capital, les dividendes qu’il va pouvoir toucher. Pour lui verser ses dividendes, l’entreprise va être obligée d’être compétitive. Si, par une politique de réduction des coûts et de maximisation des bénéfices, une de ses concurrentes est capable de verser des dividendes plus importants aux actionnaires, ceux-ci vont chercher à revendre leurs parts de l’entreprise pour acheter celles de l’entreprise qui leur reversera plus. La première entreprise va donc voir sa valeur s’effondrer, ne pourra plus investir, fera faillite ou sera rachetée ou démantelée. Pour éviter ça, l’entreprise va chercher elle aussi à réduire ses coûts en rognant sur les conditions de travail, augmenter les dividendes versées en prenant sur les salaires, augmenter ses bénéfices en conquérant de nouveaux marchés, etc… Ainsi, le capitalisme est-il basé sur une logique folle de croissance absolue.

C’est pour s’adapter à cette logique que les entreprises délocalisent tout ou partie de leur production (soit directement, soit indirectement en faisant appel à des sous-traitants étrangers). En allant s’installer dans des pays où les coûts sont moindres, elles peuvent s’opposer un temps à la concurrence et éviter des faillites qui auraient sur l’emploi un impact pire que les délocalisations elles-mêmes. Les libéraux disent que les entrepreneurs n’ont guère le choix. Hélas, on ne peut pas leur donner tort : les délocalisations sont une conséquence directe et inévitable du mode de production capitaliste. Si l’on empêche cela, en interdisant les licenciements par exemple, les entreprises ne survivront pas longtemps dans la jungle capitaliste.

Bien sûr, il existe des solutions pour que les entreprises restent chez nous : cependant, pas sûr que ces « solutions » nous conviennent.

Dans le capitalisme, pas de salut

Un moyen d’empêcher les entreprises de s’installer dans des pays où les coûts de production sont plus faibles (et donc la législation sociale moins favorable aux salariés) consiste à rendre notre pays plus attractif pour les entreprises, en répondant au « dumping social » des pays émergents. C’est facile : baisse des impôts aux entreprises, recul des minima sociaux, suppression du salaire minimum, etc…C’est la solution libérale : une fuite en avant sur le dos des salariés. Bien sûr, elle ne dure qu’un temps : les pays en face adoptent la même formule, redeviennent compétitifs, et tout est à refaire, entrainant toujours plus de précarité. Sans compter que l’impact d’une telle politique se traduit par une baisse de la consommation, et donc une crise de surproduction entrainant à nouveau une hausse du chômage que l’on entendait combattre…

Alors, une autre solution consisterait à favoriser la production nationale, comme le préconise Marion Anne Perrine Le Pen, en mettant en place des barrières douanières, en taxant les marchandises importées. Après la carotte libérale, le bâton protectionniste. Sauf que les pays ayant des rapports commerciaux avec la France répercuteraient immédiatement cette mesure en mettant également en place une taxe identique sur les produits français, entrainant une chute des exportations, et donc à nouveau des suppressions d’emplois massives (sans compter les mesures de rétorsion que ne manquerait pas de prendre l’Organisation Mondiale du Commerce). De plus, la mise en place des barrières douanières entrainerait une hausse des prix sur des produits comme l’essence, qui aurait un impact direct sur la consommation des ménages. Cette mesure semble donc encore une fois devoir aggraver la crise au lieu de la combattre.

Et ce n’est pas la mise en place de cette mesure à l’échelle européenne, comme Mélenchon peut le préconiser, qui changera les choses : les problèmes posés sont exactement les mêmes qu’à l’échelle nationale, avec en plus le problème que les intérêts des pays qui fondent l’Union Européenne sont parfois contradictoires (par exemple, l’Allemagne, qui exporte beaucoup, n’a aucun intérêt à la mise en place de mesures protectionnistes). Sur le coup, la proposition du Front de Gauche semble presque encore plus déconnectée que celle de Le Pen…

La rupture, seule issue possible

Comme nous le voyons, toutes les solutions proposées pour lutter contre la désindustrialisation du pays sont vouées à l’échec. Dans la crise nous sommes, dans la crise nous resterons. Au sein du capitalisme, aucune issue : tant que nous maintiendrons un système économique basé sur l’enrichissement personnel et l’accumulation infini de richesse, nous subirons crises et déséquilibres à répétition, pour le seul profit des actionnaires (et encore, celui-ci allant en s’amenuisant). Le capitalisme est certes immoral, mais là n’est pas son principal défaut : il est surtout malade, voué à la crise, condamné. Les mesurettes pathétiques avancées par des politiciens en mal d’électeurs n’y changeront rien.

La seule solution à terme pour sortir de la crise est la rupture avec le système qui la génère. Rompre avec le capitalisme, abolir la propriété privée des moyens de production et l’intérêt privé, placer au centre de l’économie les besoins des peuples, redéfinir le statut et le rôle de l’entreprise, mettre fin à l’exploitation du salariat, construire ensemble le socialisme du XXIeme siècle : tel est aujourd’hui la tâche qui incombe à tous ceux qui veulent changer la vie et transformer le monde.