Archive for the ‘Manifestations’ Category

Samedi, dans ta ville !

15/02/2012

Le tract en pdf

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Tours : spectacle d’aliénés pour fêter le droit d’asile !

10/12/2011

Hier, vendredi 9 décembre, avait lieu à Tours une manifestation de soutien aux demandeurs d’asile. Depuis quelques semaines un collectif a en effet mis en place de nombreuses actions afin de soutenir des familles déboutées de leur droit d’asile et mises à la rue alors que de nombreux logements sont actuellement vides en Indre-et-Loire. Le rendez vous était donné à 18 h devant la préfecture. Le groupe d’extrême droite Vox Populi en a profité pour organiser un contre rassemblement afin de se faire un peu de publicité, leur initiative de marché de noël de la semaine dernière n’ayant pas franchement soulevé les foules. On n’a pas été déçus…

Quand les néo-nazis s’en prennent aux collabos…

Globalement, les néo-nazis n’aiment pas trop les étrangers, ce n’est un scoop pour personne. Seulement, depuis quelques années, les néo-nazis en ont eu marre de passer pour des gros cons, et on décidé de devenir fashion, n’hésitant pas pour cela à sacrifier leur folklore sur l’autel de la communication politique. Exit, donc, battes de baseball, croix gammées et autres « Sieg Heil » (du moins à première vue). Ne dites plus « néo-nazis », mais « identitaires ». Ne dites plus « racistes » mais « ethno-différencialistes »…

Seulement, avec cette nouvelle stratégie, ça devient difficile de dire publiquement qu’il faut virer les étrangers pour le simple fait qu’on ne les aime pas. Du coup, on va se planquer derrière des arguments sociaux : désormais, les étrangers viennent travailler en France pour concurrencer les salariés français et faire baisser les salaires, et ceux qui défendent les sans-papiers deviennent les collabos du patronat.

Bien sûr le discours est absurde, pour la simple et bonne raison qu’il existe en France un code du travail et un salaire minimum, qui s’appliquent pour tout le monde, français comme étrangers. En fait les seuls pour lesquels ce droit ne va pas s’appliquer, c’est ceux qui ont interdiction de travailler et se retrouvent du coup à bosser au black, notamment les étrangers en situation irrégulière. Le meilleur moyen de mettre fin à cette concurrence déloyale tout en améliorant les droits de tout le monde, c’est donc de régulariser les sans papiers. Certes les capitalistes profitent de l’immigration clandestine. Alors, coupons leur l’herbe sous le pied et transformons cette immigration en immigration légale. Ça parait logique, mais ça, quand on est identitaire, c’est difficile à comprendre.

Toujours est il qu’hier, les « résistants » de Vox Populi avaient décidé que vraiment y en avait marre, et qu’il était temps de se révolter contre les « collabos » qui soutiennent les étrangers.

Un petit échauffement et on part en manif

Rendez vous était donné à 18h devant la préfecture. Nous arrivons sur les lieux à 17h55. Rien, si ce n’est quelques flics, et des militants de notre bord. D’autres arriveront. Avec quelques camarades libertaires, nous surveillons l’arrivée des benêts d’extrême droite. Toujours rien. Vont ils venir ? Au bout de quelques minutes, un type passe sur le trottoir d’en face, blouson Lonsdale rouge, chaine qui dépasse de la poche, crâne rasé, petit-bourgeois. Le type nous regarde salement, puis s’en va. 5 minutes après, c’est un jeune couple de Charles-Edouard/Marie-Chantal qui nous passe devant, parlent d’une manif… Rien de bien préoccupant, on commence à s’ennuyer ferme…

Et, ô joie, c’est le moment que choisissent nos croisés turons pour arriver. Leur armée populaire d’une petite vingtaine de skinheads éméchés se met en rang, derrière les pauvres flics chargés de faire tampon. Le chef, Pierre-Louis Mériguet, a choppé un mégaphone et se met à déblatérer ses conneries, pendant que son petit groupe d’hommes des cavernes tente de recréer une ambiance de stade, qui dans les faits se rapproche plus de celle d’un match opposant le Racing Monceaux les Mines à l’AS Trincamp un dimanche après midi que de celle d’un clasico au Santiago Barnabeu.

Très vite, nous nous regroupons et répliquons en chantant des slogans internationalistes, ou encore en pointant les paradoxes qu’il y a à s’afficher comme des rebelles tout en jouant gratuitement la milice pour le compte de Sarkozy et de son préfet (au moins, quand ils veulent pourrir nos manifs, les flics sont payés).

Et puis, on se dit qu’on a peut être mieux à faire que de perdre notre temps avec une poignée de connards, du coup on les plante là, et on part en manif comme prévu. Le cortège d’une cinquantaine de personnes s’ébranle. Nous ne sommes pas nombreux, mais on se fait entendre, et on sensibilise la population. De nombreux tracts sont distribués, tandis que nous égrenons les slogans : « Un toit c’est un droit, réquisition des logements vides », « Des papiers pour tous ou plus de papiers du tout », « Français, immigrés : même patron, même combat »… La manifestation emprunte le boulevard Heurteloup, où des tracts sont distribués au sein du marché de noël, puis la rue Nationale.

Arrivés à sa hauteur, nous pénétrons dans la galerie nationale avec banderoles et slogans, sous l’œil intrigué des clients. Un petit tour et puis s’en va : le but, aujourd’hui, c’est de sensibiliser, pas de se mettre les commerçants à dos. Lorsqu’on ressort, nous envisageons de remonter vers le vieux Tours pour mettre fin à la manif : cela fait déjà un certain temps qu’on défile, et la pluie ne cesse pas.

Le cortège oblique donc vers la rue des Halles, afin de terminer la manif sur la place Plum’. Seulement, pour ça, il nous faut passer devant le magasin de fringues London Calling, dont le patron n’est autre que Pierre-Louis Mériguet, le gourou de Vox Populi himself. En même temps, il faut bien avouer que rendre la monnaie de la pièce à ce bouffon en le provocant un tout petit peu -juste en passant devant son magasin- ça titille pas mal nos cerveaux de gauchistes…

C’est à partir de ce moment que la manif de soutien aux demandeurs d’asile va prendre un tour totalement surréaliste et se terminer en apothéose…

La Guerre du Feu 2.0

Les flics bloquant l’entrée de la rue du Change, les manifestants obliquent par le passage du Pélerin et pénètrent dans la rue de Chateauneuf. Nous sommes à 10 mètres du magasin de Pierre-Louis, et vu le barrage de flics, on n’ira pas plus loin. C’est à ce moment là que le Pierre-Louis susdit sort de son magasin, toujours accompagné par un demi-quarteron de ses singes de l’espace.

Visiblement le type est passablement énervé, nettement moins jovial qu’une heure auparavant, et surtout pas mal stressé. Car Pierre-Louis ne craint pas l’affrontement physique. Pierre-Louis est un guerrier des temps modernes. Pierre-Louis vous prend à lui tout seul, comme Stallone prend à lui tout seul l’armée russe dans Rambo 3. Bref, Pierre-Louis n’est pas une tapette. Par contre, il y a un truc dont Pierre-Louis a peur, c’est qu’on touche à son beau magasin. Certes, Pierre-Louis défend la France, mais il défend encore plus la propriété privée. Alors sa propriété privée à lui, forcément… Bien sûr, ce n’est absolument pas dans nos intentions de faire quoi que ce soit à son magasin ; mais pour sa défense, il ne peut pas trop le savoir. Du coup, Pierre-Louis flippe sa mère, et quand Pierre-Louis flippe sa mère, il perd son self-contrôle, s’énerve et veut tout casser.

Le sympathique commerçant se transforme alors en une espèce d’animal enragé, mi-ours, mi-sanglier et re-mi-ours derrière. Il débloque à fond, court partout, insulte tout le monde, fait des allers-retours frénétiques devant ses troupes comme les méchants dans les films de guerre, balance à tout va des « toi si je te retrouve, je te pète la gueule ! ». De là où on est, on n’arrive pas à distinguer si un filet de bave lui coule ou non des lèvres. Dommage. Et puis, n’y tenant plus, il tente de passer au travers du filet des keufs pour se jeter, à lui tout seul, sur les manifestants, façon Léonidas dans 300, les ralentis en moins. Sauf que là, on n’est pas dans un film…du coup les flics le rattrapent, le maintiennent, le renvoient derrière, l’obligent à calmer ses ardeurs de martyr.

Le ridicule aurait pu s’arrêter là, il n’en est rien. En effet, pendant que leur « führer » s’escrime à perdre toute crédibilité, une douzaine de ses adeptes, se croyant sans doute eux aussi dans 300 et cherchant à nous impressionner, entreprend de sauter d’un pied sur l’autre en se frappant la poitrine et en poussant des cris évoquant vaguement le mugissement d’une vache en train de se faire monter par le taureau (hyper impressionnant comme cri de guerre !). Chaque énergumène nous gratifiera ainsi d’une étrange chorégraphie évoquant un subtil mélange entre un supporter du PSG ivre un soir de match contre l’OM et un orang-outan pris d’une soudaine envie de pisser. C’est sensé faire peur, c’est pathétique. Allez les gars (choses ?) encore un effort avant de ressembler à des guerriers spartiates !

Après avoir assisté sidérés à cette scène incroyable, et comme on avait pas pensé à emmener des cacahuètes, on a décidé d’aller, comme prévu, dissoudre notre petit cortège place Plum’. On a fait demi tour, en laissant lâchement les flics en compagnie de ces gens là. C’est vrai que pour une fois, on les aurait presque trouvés, surement par contraste, intelligents et avenants. Après la dissolution du cortège, terrorisés par les menaces du vendeur de T-shirt qui nous avait promis de nous retrouver coûte que coûte, nous sommes allés nous cacher sur une terrasse de bar de la place Plum, pour partager une verre bien mérité avec nos camarades, parmi lesquels beaucoup de nouvelles têtes. Bien sur, entre deux sujets sérieux, les exploits de Pierre-Louis et de ses amis revinrent souvent dans la discussions…

Pierre-Louis, on est pas potes, loin de là, mais te voir dans un tel état nous inquiète cependant. Tu n’es pas si vieux que ça, te taper un ulcère ou un infarctus à ton âge, ce serait quand même triste. C’est bientôt la saison du ski et, comme tu as du pognon de côté, tu devrais en profiter pour te prendre une petite semaine à Val d’Isère durant les fêtes. Respirer un peu l’air pur loin de nous ça ne peut te faire que du bien. Tu peux aussi emmener tes potes débiles avec toi: s’amuser dans la neige ça leur plaira, c’est sûr.

Pierre-Louis Mériguet dans son élément

Le capitalisme a fait son temps !

11/10/2011

Tract de la Colonne de Fer pour la manif du 11 octobre 2011

La journée de grève d’aujourd’hui intervient dans un contexte difficile pour les classes populaires : hausse du cout de la vie, destruction d’emplois, mal-être au travail, incertitudes face à l’avenir… La crise sert de prétexte à des mesures d’austérité générant toujours plus d’inégalités et de frustrations, alors que les profits de quelques uns s’envolent.

Face à cette situation, les politiques nous expliquent “qu’on ne peut pas faire autrement”, ou cherchent à désigner des boucs émissaires pour masquer les vraies responsabilité.

Dans ce contexte, il est nécessaire de ne pas se résigner, de s’organiser au quotidien, en bref de résister collectivement à la casse sociale. Cependant, cela ne suffit plus ! Pour régler le problème, il faut l’attaquer à la racine !

La crise actuelle trouve ses origines dans le fonctionnement même du système capitaliste, basé sur l’égoïsme, l’exploitation de l’homme par l’homme…mais également sur un besoin de croissance absolue. Mondialisé, ce système a atteint ses limites, et ne perdure plus qu’en pillant les ressources, en détruisant des vies, en acculant les peuples à l’endettement et à la ruine. Il n’est plus capable d’engendrer autre chose que des catastrophes sociales, humaines et écologiques, dont les classes populaires sont les victimes.

Aussi, plus que jamais, la question de la légitimité du capitalisme, et donc de son dépassement, se pose : se contenter d’ajustements superficiels ne suffira plus, ce sont les bases même du système qu’il faut remettre en cause !

Avec la chute des dictatures soviétiques, le capitalisme a tenté de nous faire croire qu’il n’existait pas d’alternatives à son règne. Pourtant, le changement est aujourd’hui possible et nécessaire : à nous d’être à la hauteur en dessinant les contours d’un système basé sur la propriété et la gestion commune des biens communs et des moyens de production, basées sur les besoins réels de l’individu : un socialisme adapté aux réalités du 21eme siècle !

Plus que jamais, un nouveau projet de rupture est nécessaire. La Colonne de Fer participera à son émergence. Elle invite tous ceux qui aspirent à un monde meilleur à la rejoindre !

Tract en version pdf, téléchargeable et imprimable : Le capitalisme a fait son temps !

Adresse aux lycéens

20/09/2011

L’éducation est un combat !

La rentrée de septembre 2011 est une nouvelle fois marquée par des suppression massives de postes dans l’Education Nationale. Comme l’année dernière, c’est 16 000 emplois de professeurs que le ministère ne renouvelle pas, aggravant ainsi un peu plus la situation déjà très préoccupante de l’enseignement en France.

On commence malheureusement à être habitués aux appels à la mobilisation dans l’Education Nationale contre les suppressions de postes. Cela fait maintenant quinze ans que les effectifs de professeurs sont en nette régression. En tout, c’est plus de 100 000 postes qui ont été supprimés depuis 1997, dont 68 500 depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy. Tout au long de cette année,les personnels de l’Education, les jeunes scolarisés et leurs parents ont mené de nombreuses luttes contre le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui détruit notre système éducatif. Sans surprise, ils n’ont pas été entendus par le gouvernement. Aujourd’hui,les syndicats de l’Education Nationale appellent à une nouvelle journée de mobilisation, le 27 septembre prochain.

Au delà de la sauvegarde d’emplois, il y a un autre enjeu à lutter contre ces suppressions de postes: empêcher la dégradation de la qualité de l’enseignement dans notre pays. Moins de profs, c’est plus d’élèves par classe, moins de temps à consacrer à chacun, et donc plus d’élèves en difficulté, voire en échec scolaire.

Le Conseil économique, social et environnemental et l’OCDE ont récemment démontré que l’école française, loin de réduire les inégalités sociales, ne faisait que les accroitre, et que les restrictions budgétaires et suppressions de postes entrainaient une aggravation du phénomène. Car bien sûr, les enfants de la bourgeoisie auront toujours les billes pour s’en sortir ; ce sont principalement ceux pour qui l’école reste le premier vecteur d’accès à la culture dominante (et donc à l’ascension sociale) qui paieront les pots cassés de la politique actuelle.

Ainsi, au lieu d’offrir à la jeunesse les clefs de son émancipation et de son épanouissement, les plans de pseudo-économies du gouvernement tendent à réduire l’accès des classes populaires au savoir et à les enfoncer dans toujours plus de précarité.

Rejoindre la mobilisation du 27 septembre contre la casse de l’école publique, c’est défendre l’égalité d’accès au savoir et affirmer son refus de sacrifier la jeunesse populaire pour économiser des bouts de chandelles !

Bien sûr, il ne s’agit pas de s’enflammer sur une simple journée d’action : s’il est nécessaire d’y participer pour faire entendre notre voix, cette manif n’influera pas radicalement sur la politique éducative de l’Etat. Pour cela, il va falloir s’organiser durablement.

Il y a encore quelques années, les lycées étaient des lieux politisés, des bastions de contestation que l’individualisme a progressivement transformé en déserts, laissant le champ libre aux régressions sociales. Aujourd’hui, enrayer la machine à broyer des élèves passe par la reconstruction de structures de contre pouvoir sur les lycées, capables de démonter les discours gouvernementaux et de riposter aux attaques contre les conditions d’éducation.

Manifestons !

Mardi 27 septembre, 14H

Devant l’inspection académique

Tract en pdf en pièce jointe : L’éducation est un combat

Festival contre le racisme « D’ailleurs et d’Ici »

15/09/2011

A l’appel du collectif « D’ailleurs nous sommes d’ici 37 » (incluant la Ligue des Droits de l’Homme 37, NPA 37, Collectif Antiracisme 37, RESF 37, Solidaires 37, ATTAC 37, Alternative Libertaire 37, FSU 37, Chrétiens Migrants)

La résignation est un luxe désormais interdit…

19/06/2011

Hier, vendredi 17 juin, une quarantaine de personnes se sont retrouvées place Jean Jaurès à Tours, bravant la pluie pour marquer leur opposition à l’institutionnalisation de la xénophobie et du racisme, en phase de devenir véritables idéologies d’Etat. Il ne s’agissait pas ici, à la manière des bobos du PS ou d’ailleurs, de placer le combat contre le racisme sur le terrain moral, mais de dénoncer le racisme comme un piège visant à diviser les classes populaires et à les détourner des vrais problèmes. A l’heure où le système atteint ses limites, le repli sur soi et sur ses frontières, la peur de l’autre sont autant de sentiments exacerbés par les idéologues proches du pouvoir pour anéantir toute vision lucide et internationaliste des luttes à mener. En professant ces idées nauséabondes à grand renfort de manipulations médiatiques dans le but de sauver leur peau, les profiteurs ne font qu’ouvrir la voie au fascisme. Dans ce contexte délétère, la résurgence et le développement de groupuscules néo-nazis et ultra-nationalistes ne sont que le sous-produit de plusieurs années de sarkozysme arrogant.

Rendez-vous était donc pris hier soir pour manifester notre refus de la stigmatisation et des « solutions » de facilité préconisées par la droite et l’extrême droite : fermeture des frontières, préférence nationale… Une grosse quarantaine de personnes, donc ; bien sûr, d’aucun diront que c’est peu, mais cela a le mérite de souligner les ravages de la dépolitisation organisée, et l’importance du travail à accomplir pour remédier à cette situation. Car malgré sa faiblesse, ce rassemblement est porteur d’espoir : des jeunes, principalement, sont présents, travailleurs, chômeurs ou étudiants, issus des classes populaires. Ils se sont reconnus dans l’appel lancé par des individus d’horizons diverses. La plupart d’entre eux n’ont jamais eu de carte de parti, et pourtant ils sont décidés à prendre leur place dans le débat politique, à être les moteurs du changement.

Globalement, aucune organisation politique traditionnelle n’aura jugé bon de faire le déplacement. Cela ne nous empêchera bien évidemment pas de travailler avec elles par la suite, mais pas sûr que cela ait contribué à réconcilier les personnes présentes avec le jeu politique traditionnel. Regrettable pour tout le monde, donc…

Après le rassemblement, les individus présents se retrouveront pour partager un repas place Anatole France, malgré le mauvais temps. Moment de convivialité : on discute, on échange des idées, des projets, on débat sur des initiatives, on se prépare aux jours sombres qui nous attendent avec une seule certitude : celle d’être au rendez-vous pour les combats à venir.

    Trop longtemps, nous nous sommes laissés enfermer dans le confort de la résignation et de la déprime. Mais cette époque touche à sa fin : le capitalisme nous entraine dans sa chute mortelle, et déjà les charognards en chemise brune se lèchent les babines. Aujourd’hui, refuser d’agir pour changer le monde ici et maintenant revient à attendre tranquillement d’être écrasés sous le talon de fer de la réaction. La résignation n’est plus une option envisageable. « Le socialisme ou la barbarie », l’alternative proposée par Rosa en 1916 est aujourd’hui plus que jamais d’actualité. Une chose est sûre : nous serons du combat !

Vendredi dans la rue !

16/06/2011

Dans ta ville, le 17 juin…

08/06/2011

 

Contre le racisme et la xénophobie d’Etat
Depuis des années nous assistons à une montée du racisme, dans un contexte politique marqué par une xénophobie d’Etat, une stigmatisation des minorités (fonction de leur origine, religion, sexe ou orientation sexuelle, etc…) et des politiques discriminatoires et répressives.
Alors qu’une surenchère de propos discriminatoires et xénophobes s’installe dans le discours politique et se banalise, les conditions sociales ne cessent de se dégrader. Les attaques contre nos libertés individuelles et collectives se multiplient.
Le racisme est un piège qui sert à diviser, maintenir l’exploitation et mieux faire passer la casse de nos acquis sociaux. En temps de crise, faire de l’immigré un bouc émissaire permet d’éviter que ceux qui souffrent ne s’en prennent aux vrais responsables.
Nous exigeons l’abrogation de toutes les lois portant atteinte aux libertés de circulation et d’installation, et la régularisation de tous les sans papiers. Ce n’est pas aux immigrés qu’il faut s’attaquer mais aux inégalités sociales et à ses causes !

Manifestation
Vendredi 17 juin 2011 à Tours, 19h Place Jean Jaurès

la manifestation sera suivie d’un

Repas solidaire
20h30 Place Anatole France, prix libre

Manif antiraciste samedi 28 mai

31/05/2011

Expulsons les banquiers, pas les sans-papiers !

          Ce samedi 28 mai avaient lieu dans les grandes villes de France des manifestations contre le racisme et les discriminations, à l’appel du collectif D’ailleurs nous sommes d’ici. A Tours, l’appel avait été relayé par le Collectif Antiraciste 37 et par des organisations politiques, syndicats et associations intervenant dans la vie de la cité.

          Rendez-vous était donc pris, à 14h30 sur la place Jean Jaurès.

          Lorsque nous arrivons, entre 100 et 150 personnes sont déjà présentes. Au milieu des travaux, on discute, on serre des mains, on échange des tracts. L’heure est à la convivialité, aux ambiances chaleureuses, presque familiales. Drapeaux et banderoles claquent au vent. Jeunes, moins jeunes, parents venus avec leurs enfants sont là, rassemblés sous le soleil du moi de mai. Vieux briscards rompus au militantisme échangent avec de simples « indignés », réunis par les mêmes aspirations à la justice sociale et à la paix entre les peuples.

          La foule continue de grossir lorsque les militants de la Colonne de Fer déploient leur banderole aux yeux des passants, pour leur première apparition publique. « Ni nations, ni frontières : notre identité c’est notre classe sociale ! « , peut-on y lire. En dessous, une signature énigmatique : « Colonne de Fer ».

          D’emblée, cette banderole soulève un mélange d’étonnement et d’enthousiasme. Pensez donc : des jeunes qui osent parler de classes sociales aujourd’hui ! Qui affichent leur internationalisme et leur refus de toute division artificielle, adressant un bras d’honneur à la droite, à l’extrême droite et à leur « identité nationale » puante ! Dans le contexte politique actuel, il y a de quoi surprendre !

          Tout de suite, des discussions s’engagent. Lorsque le cortège réunissant plus de 300 manifestants s’ébranle, plusieurs personnes prennent place à nos côtés.

          Dès que nous empruntons le boulevard Béranger, les slogans s’élèvent des rangs de la Colonne de Fer : « Français, immigrés : même patron, même combat ! », « Expulsons les banquiers, pas les sans-papiers ! », « Notre identité est internationale ! Notre identité c’est notre classe sociale ! »… Ces slogans vont être repris par les manifestants et contribueront à donner au défilé son dynamisme, et un ton plus offensif qu’on pouvait l’attendre.

          La manifestation progresse dans les rues du vieux Tours, soulevant la sympathie de nombreux riverains. Au détour d’une rue, 3 nazillons, occupés à dépenser, à la terrasse d’un bar, les richesses créées par les salariés de leurs parents, tentent de nous provoquer, mais leurs voix sont couvertes par les slogans internationalistes. Sans doute espéraient-ils une réaction violente de notre part pour se laisser aller au seul moyen d’expression « politique » à leur niveau…pas de chance pour eux, nous ne sommes pas là pour jouer, et la manifestation continue de plus belle.

          Arrivée en vue de la préfecture…dans nos rangs, on entonne « El pueblo unido jamás será vencido ! » : le peuple uni jamais ne sera vaincu, le vieux slogan des combattants de la liberté chiliens. Un membre du collectif antiraciste prend le mégaphone pour un dernier discours, la manif se termine dans la bonne humeur, sans le moindre incident. Certains manifestants rentrent chez eux, d’autre décident de continuer à discuter autour d’un verre, histoire de prolonger l’instant. Ce qui est sûr, c’est que cette journée aura réchauffé les cœurs, après les violences policières de la semaine précédente…

          Mais elle aura aussi permis de faire entendre dans les rues un discours qui tranche avec la xénophobie ambiante : « Depuis des années nous assistons à une montée du racisme dans un contexte politique marqué par une xénophobie d’Etat, une stigmatisation des minorités et des politiques discriminatoires et répressives », pouvait-on lire sur un tract distribué par des militants. Ce qui est inquiétant dans ce constat, ce n’est pas la persistance de discours racistes ou xénophobes au sein d’une partie de la population, ceux-ci ayant toujours plus ou moins existé, mais le fait que ce discours soit aujourd’hui accepté et légitimé jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat.

          Qu’un individu lambda suggère de mettre tous les immigrés dans des bateaux ou déplore qu’il y ait trop de musulmans en France, c’est gênant, mais hélas la bêtise est humaine. Que ce soit une députée ou un ministre qui tienne ce genre de propos, voilà qui est plus problématique. Aujourd’hui, un consensus large semble exister, de Claude Guéant à Marine Le Pen, de Robert Ménard à Eric Zemmour, pour présenter l’immigré comme le responsable de tous les problèmes des français et remettre à la mode la vieille antienne lepéniste « 3 millions de chômeurs, c’est 3 millions d’immigrés en trop », à grand renfort d’images spectaculaires.

          Face à cette escroquerie intellectuelle, il importe de remettre les pendules à l’heure :

          Économiquement, l’immigration n’est pas un problème pour la France. Tous les chercheurs sérieux, notamment ceux de l’Institut National des Etudes Démographiques, s’accordent à dire que l’immigration en France est plutôt à la baisse, et que « l’invasion » de l’Europe n’est qu’un fantasme. De plus, des travaux réalisés par un groupe d’universitaires lillois montrent que l’immigration crée plus de richesses qu’elle ne coûte à la collectivité, qu’on le veuille ou non. Lorsqu’un étranger émigre en France, il travaille, consomme, paye des impôts, cotise à la sécu et à la retraite… sans compter qu’une forte proportion d’immigrés occupe des emplois dans des secteurs qui peinent à recruter.

          Il ne s’agit pas ici d’être cyniques et de considérer ces gens sous le seul aspect cout/avantage, mais de rétablir des vérités. Dire aujourd’hui que l’immigration est un coût pour la collectivité relève du mensonge et de la manipulation.

          Quant à ceux qui mettent en avant le risque civilisationnel lié à l’immigration oublient volontairement de préciser que leur « civilisation » occidentale n’est que le résultat de plusieurs millénaires de flux migratoires et de rencontres des cultures.

          Il n’y a pas à être pour ou contre l’immigration, mais à considérer celle-ci comme une donnée démographique comme une autre, au même titre que le vieillissement de la population.

          En revanche, on peut réfléchir un instant à pourquoi autant de voix s’élèvent contre l’immigration, et pourquoi les tenants du système attisent la peur et la haine de l’étranger…

          La réponse est simple : alors que les conditions de vie se dégradent sans cesse, que le gouvernement s’évertue à détruire tous les droits sociaux obtenus de haute lutte et que les entreprises licencient à tour de bras pour satisfaire la voracité des actionnaires et des banquiers, l’immigré constitue un bouc émissaire idéal pour éviter que ceux qui souffrent ne s’en prennent aux vrais responsables. En opposant les travailleurs français et les travailleurs immigrés, on évite qu’ils unissent leurs force contre leur patron, on fait en sorte qu’ils oublient que leurs intérêts sont les mêmes.

          Au main des capitalistes et de leurs alliés, la xénophobie est une arme contre l’unité des classes populaires. Ceux qui l’entretiennent ne font que semer la division dans notre camp et sont les alliés objectifs du Capital.

          « Les préjugés raciaux et les préjugés basés sur la nationalité, entretenus par les capitalistes et les tyrans, empêchent les peuples de vivre côte à côte de manière fraternelle ». (Práxedis G. Guerrero)

          C’est pourquoi le combat contre le racisme n’est pas qu’un combat moral, mais un aspect essentiel de la lutte contre la dictature des profits. La solidarité ne se divise pas : c’est tous ensemble qu’on gagnera !

          Samedi, nous étions dans la rue pour le rappeler. Face aux offensives de la propagande gouvernementale, ça ne pouvait pas faire de mal…

La Colonne de Fer, le 30 mai 2011