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Le Choix dans la Dette…

25/01/2012

S’il est un sujet de campagne présidentielle sur lequel les gros candidats ont tendance actuellement à s’écharper, c’est celui de la dette publique. Cette question a pris de l’ampleur avec la dégradation de la note de la France par l’agence de notation Standard and Poor’s.

Comme tout est fait dans les médias pour que 95% de la population ne pane rien aux questions économiques, et que nous-mêmes ne sommes pas sûrs d’avoir tout bien saisi, nous allons tenter de comprendre ensemble ce qu’est une dette publique et comment elle se crée, ce qui permettra de poser la question des responsabilités de chacun et donc de la légitimité des politiciens à vouloir à tout prix nous faire payer les conséquences de cette dette.

Pour commencer, qu’est ce qu’une dette publique ?

La dette publique, c’est l’ensemble des engagements financiers pris sous formes d’emprunts par l’État, les collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement.

Pour faire simple, lorsque vous empruntez de l’argent à votre banque (si elle veut bien vous en prêter), vous contractez en contrepartie de cet argent une dette que vous devrez rembourser dans des conditions clairement définies (délai, intérêt…).

Eh bien, l’État, il fait pareil : lorsque, sur une année, les recettes engrangées ne sont pas suffisantes pour subvenir aux dépenses prévues (on parle alors de déficit public), l’État va emprunter de l’argent auprès de divers organismes (banques commerciales, fonds de pensions, compagnies d’assurance français ou étrangers), qu’il s’engagera à rembourser à plus ou moins long terme (de 1 mois à 50 ans), avec des taux d’intérêts variables.

Ces taux d’intérêts sont fonction du risque encouru par le créancier, lui même estimé par les fameuses « agences de notation » (ainsi, fin 2011, soit avant la dégradation de sa note le taux pour un emprunt sur dix ans contracté par la France tournait autour de 3,5%, contre environ 2% pour l’Allemagne et…28,5% pour la Grèce).

Bien sûr, à chaque fois qu’un déficit public est compensé par l’emprunt, la dette du pays va se creuser.

La dette publique française est donc la somme des emprunts cumulés de l’État, ainsi que des intérêts que celui-ci doit verser à ses créanciers.

Elle tourne aujourd’hui autour de 1700 milliards d’euros, soit 86,6% du PIB (richesse totale produite sur le territoire) de l’année 2011.

Elle résulte d’un déficit continu depuis 1981, et de déficits plus anciens (liés à la crise économique de 1973 notamment).

Il importe également de noter que jusqu’en 1973, l’État pouvait emprunter directement auprès de la Banque Centrale. C’est depuis l’interdiction de cette pratique par Giscard que l’État est obligé de passer par les marchés privés.

Ces explications nécessaires ayant été effectuées, nous allons maintenant voir d’où vient précisément cette dette, ce qui permettra de poser la question des responsabilités de chacun, et de voir s’il est légitime de nous en faire les conséquences.

D’où vient la dette ?

Si l’on écoute les représentants de la « classe politique », et notamment les 4 gros candidats à la présidentielle (ceux que Mélenchon a astucieusement baptisé les « Daltons de l’austérité »), le discours est le même : la France est avant tout victime d’une mauvaise gestion de l’État, basée sur des dépenses trop importantes. Les français vivraient au dessus de leurs moyens et seraient en cela responsables de ce qui leur arrive.

Dès lors, Nicolas, François, François et Marine s’imaginent tous en champions de l’équilibre budgétaire et de la chasse aux « mauvaises dépenses » : quatre couplets pour un même refrain, celui de la rigueur et de la culpabilisation de la population. Pourtant, il s’agit là d’une lecture particulière, très orientée idéologiquement, de la situation.

Ce qui est indéniable, lorsque l’on regarde les statistiques (graphique ci-dessous), c’est l’apparition d’un déficit budgétaire en 1981. Cette année là, le gouvernement décide de relancer la croissance par des mesures de soutien à la consommation (hausse du SMIC, des aides sociales…) : les dépenses de l’État augmentent logiquement. Cependant, les recettes ne vont pas suivre la même augmentation, et c’est de cet écart que va naître le déficit public.

Dès lors, tandis que les dépenses de l’État varieront en fonction des années, ses recettes ne connaitront qu’une faible augmentation plus ou moins continue jusqu’en 1997, sans jamais lui permettre d’atteindre l’équilibre budgétaire. Pire, depuis cette année-là, elles stagnent autour de 50% du PIB, tandis que les dépenses continuent de grimper jusqu’à dépasser les 56% du PIB depuis 2009, d’où la forte augmentation de la dette ces dernières années.

On comprend bien alors que le problème peut être vu de 2 manières différentes : on peut, à l’instar des « Daltons », considérer que les français dépensent trop d’argent en matière de santé, de services publics, et envisager les solutions sous l’angle de la saignée et de la rigueur pour les classes populaires et moyennes.

Mais on peut aussi retourner la question, s’interroger sur les raisons pour lesquelles les recettes de l’État ne sont pas à la hauteur des dépenses, et regretter la baisse continue depuis les années 80 de la fiscalité des ménages les plus riches et des entreprises. Et, pourquoi pas, aller jusqu’à s’indigner (puisque c’est à la mode), de tous les cadeaux fiscaux ne bénéficiant qu’aux riches et au patronat :

– la baisse de l’impôt sur le revenu, pour lequel le taux d’imposition de la tranche la plus élevée est passé en 25 ans de 65 % à un taux actuel de 41 %.
– la multiplication des niches fiscales, avec un manque à gagner pour l’État de 75 milliards d’euros en 2010.
– le bouclier fiscal depuis 2009.
– l’impôt sur les bénéfices des entreprises qui est passé de 45 % en 1986 à 33,3 % aujourd’hui; avec des mesures dérogatoires qui font qu’il est en réalité de 13% pour les entreprises qui emploient plus de 2000 salariés et de 8 % pour celles du CAC 40, facilitant ainsi l’engraissement des actionnaires.
– les baisses de cotisations sociales des entreprises, venant creuser le trou de la sécu.

-etc…

On peut donc considérer la dette comme la conséquence d’une politique fiscale visant à toujours favoriser les plus riches, lesquels sont gagnants sur tous les tableaux.

Force est d’avouer que le système est bien foutu : dans un premier temps, les capitalistes payent moins d’impôts et s’enrichissent donc. Ce faisant, ils creusent le déficit de l’État, lequel, ne pouvant plus s’endetter auprès de la Banque Centrale, va emprunter aux capitalistes l’argent qu’il leur a fait gagner…ce qui permet à ceux-ci de s’enrichir une deuxième fois sur le dos de la collectivité, grâce aux intérêts perçus. Enfin, dans un troisième temps, le remboursement de la dette et de ses intérêts aux capitalistes va servir de prétexte à des politiques de rigueurs et de casse sociale.

Les pauvres payent donc la crise des riches, et le mécanisme de la dette permet un transfert incessant de richesse vers les plus riches : on n’est pas loin du hold-up du siècle !

Nous considérons donc que la dette n’est pas liée à des dépenses collectives trop importantes, mais bien à une politique orientée en faveur des capitalistes. Tous les gouvernements qui se sont succédés jusqu’à aujourd’hui ont appuyé ce choix politique. Hollande et Sarkozy continueront sur cette voie. Bayrou fera de même. Et si Le Pen prétend rompre avec cette politique, c’est par pure démagogie : son programme économique n’a aucune cohérence, et au-delà des mots s’affiche clairement dans les mesures préconisées la volonté de continuer à faire payer la dette aux classes populaires (une analyse du programme économique du FN sera prochainement disponible sur notre blog).

Alors, pourquoi sont-ils si méchants ?

Bien sûr, on peut s’interroger sur la raison de tout ça.

Expliquer la dette en disant que les banquiers, capitalistes et hommes politiques sont des connards, est-ce satisfaisant ? Nous pensons que non.

L’accroissement constant de la dette publique est le résultat d’une recherche de croissance économique par tous les moyens, afin que les profits, qui sont le seul moteur de l’économie capitaliste, ne tombent pas. Faute d’une croissance économique suffisante aux besoins du système, celui-ci se construit aujourd’hui sur un endettement massif des États, des entreprises et des ménages. Cette logique d’endettement permet au capital de continuer à dégager des profits à court terme. Cependant, elle conduit, à plus long terme, à une impasse :

-une impasse économique, puisqu’à terme les États sont confrontés à des situations de faillites, et les banques à des défauts de paiement, alimentant le risque d’une récession économique globale et d’une crise systémique.

-une impasse sociale, pour les peuples confrontés aux politiques d’austérité et aux conséquences de la crise du capitalisme, insoutenables à terme.

La dette n’est pas, comme l’affirment nos dirigeants, la conséquence de nombreuses années passées à « vivre au dessus de nos moyens ». Elle est la conséquence de l’échec des politiques visant à soutenir artificiellement un système capitaliste à bout de souffle, condamné par sa folle logique de croissance absolue.

Le problème de la dette ne se résoudra pas par davantage d’austérité, mais en cherchant une issue collective au système capitaliste.

Beaucoup plus concrètement, nous estimons qu’il est aujourd’hui nécessaire de combattre les discours dominants concernant la question de la dette, d’argumenter, de démasquer les mensonges officiels, de convaincre les classes populaires que cette dette est illégitime.

Nous changerons les choses en relevant la tête, en se serrant les coudes et en luttant ensemble pour nos droits et notre dignité ; pas en votant pour ceux et celles qui, derrière de belles promesses, veulent nous enfoncer un peu plus la tête sous l’eau.

C’est dans cette optique que la Colonne de Fer est partie prenante, aux côtés de plusieurs associations, syndicats et organisations politiques, du collectif contre la dette en train de se constituer à Tours.

Cette dette n’est pas la notre.

Ce n’est pas à nous de la payer.

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L’imposture du « patriotisme économique »

22/12/2011

C’est apparemment avec les plus vieilles formules que l’on entube le mieux les électeurs. Ces derniers temps, il semble qu’un « nouveau » thème s’impose dans le débat électoral, celui de la relocalisation et du made in France. En effet, il ne se passe plus une semaine sans qu’un de nos estimés politicards y aille de son petit mot sur la question, quelle que soit par ailleurs la place qu’il occupe sur l’échiquier politique. Il y a 10 jours, ce n’est rien de moins que Nicolas Sarkozy, monsieur Casse-sociale himself, qui est allé se faire mousser sur ce thème là lors d’une visite des usines de skis Rossignol, emboitant le pas à…tous les autres.

En même temps, à priori, le fait de produire en France et de créer des emplois, on peut pas tellement être contre. Sauf que, si l’on regarde de plus près, ce discours en apparence évident n’est rien de moins que grotesque, qu’il soit entonné par opportunisme (Sarkozy), par nationalisme obtus (Dupont-Aignant), par bêtise (Bayrou), par démagogie (Hollande), par paresse intellectuelle (Mélenchon) ou pour toutes ces raisons à la fois (Le Pen).

Le profit, seul objectif de l’entreprise capitaliste

Car une fois que l’on a admis qu’effectivement, ce serait chouette de créer des emplois chez nous, comment fait on pour convaincre l’entreprise machin-chose de s’installer à Bar-le-Duc plutôt qu’à Shangaï ?

Pour cela, rappelons vite fait comment fonctionne l’entreprise capitaliste : elle se finance en émettant des titres de propriété, des actions, qui vont être achetés en échange de la promesse de revenus. Ce qui va intéresser l’actionnaire, qui a pris un risque en investissant, ça va être précisément ces revenus du capital, les dividendes qu’il va pouvoir toucher. Pour lui verser ses dividendes, l’entreprise va être obligée d’être compétitive. Si, par une politique de réduction des coûts et de maximisation des bénéfices, une de ses concurrentes est capable de verser des dividendes plus importants aux actionnaires, ceux-ci vont chercher à revendre leurs parts de l’entreprise pour acheter celles de l’entreprise qui leur reversera plus. La première entreprise va donc voir sa valeur s’effondrer, ne pourra plus investir, fera faillite ou sera rachetée ou démantelée. Pour éviter ça, l’entreprise va chercher elle aussi à réduire ses coûts en rognant sur les conditions de travail, augmenter les dividendes versées en prenant sur les salaires, augmenter ses bénéfices en conquérant de nouveaux marchés, etc… Ainsi, le capitalisme est-il basé sur une logique folle de croissance absolue.

C’est pour s’adapter à cette logique que les entreprises délocalisent tout ou partie de leur production (soit directement, soit indirectement en faisant appel à des sous-traitants étrangers). En allant s’installer dans des pays où les coûts sont moindres, elles peuvent s’opposer un temps à la concurrence et éviter des faillites qui auraient sur l’emploi un impact pire que les délocalisations elles-mêmes. Les libéraux disent que les entrepreneurs n’ont guère le choix. Hélas, on ne peut pas leur donner tort : les délocalisations sont une conséquence directe et inévitable du mode de production capitaliste. Si l’on empêche cela, en interdisant les licenciements par exemple, les entreprises ne survivront pas longtemps dans la jungle capitaliste.

Bien sûr, il existe des solutions pour que les entreprises restent chez nous : cependant, pas sûr que ces « solutions » nous conviennent.

Dans le capitalisme, pas de salut

Un moyen d’empêcher les entreprises de s’installer dans des pays où les coûts de production sont plus faibles (et donc la législation sociale moins favorable aux salariés) consiste à rendre notre pays plus attractif pour les entreprises, en répondant au « dumping social » des pays émergents. C’est facile : baisse des impôts aux entreprises, recul des minima sociaux, suppression du salaire minimum, etc…C’est la solution libérale : une fuite en avant sur le dos des salariés. Bien sûr, elle ne dure qu’un temps : les pays en face adoptent la même formule, redeviennent compétitifs, et tout est à refaire, entrainant toujours plus de précarité. Sans compter que l’impact d’une telle politique se traduit par une baisse de la consommation, et donc une crise de surproduction entrainant à nouveau une hausse du chômage que l’on entendait combattre…

Alors, une autre solution consisterait à favoriser la production nationale, comme le préconise Marion Anne Perrine Le Pen, en mettant en place des barrières douanières, en taxant les marchandises importées. Après la carotte libérale, le bâton protectionniste. Sauf que les pays ayant des rapports commerciaux avec la France répercuteraient immédiatement cette mesure en mettant également en place une taxe identique sur les produits français, entrainant une chute des exportations, et donc à nouveau des suppressions d’emplois massives (sans compter les mesures de rétorsion que ne manquerait pas de prendre l’Organisation Mondiale du Commerce). De plus, la mise en place des barrières douanières entrainerait une hausse des prix sur des produits comme l’essence, qui aurait un impact direct sur la consommation des ménages. Cette mesure semble donc encore une fois devoir aggraver la crise au lieu de la combattre.

Et ce n’est pas la mise en place de cette mesure à l’échelle européenne, comme Mélenchon peut le préconiser, qui changera les choses : les problèmes posés sont exactement les mêmes qu’à l’échelle nationale, avec en plus le problème que les intérêts des pays qui fondent l’Union Européenne sont parfois contradictoires (par exemple, l’Allemagne, qui exporte beaucoup, n’a aucun intérêt à la mise en place de mesures protectionnistes). Sur le coup, la proposition du Front de Gauche semble presque encore plus déconnectée que celle de Le Pen…

La rupture, seule issue possible

Comme nous le voyons, toutes les solutions proposées pour lutter contre la désindustrialisation du pays sont vouées à l’échec. Dans la crise nous sommes, dans la crise nous resterons. Au sein du capitalisme, aucune issue : tant que nous maintiendrons un système économique basé sur l’enrichissement personnel et l’accumulation infini de richesse, nous subirons crises et déséquilibres à répétition, pour le seul profit des actionnaires (et encore, celui-ci allant en s’amenuisant). Le capitalisme est certes immoral, mais là n’est pas son principal défaut : il est surtout malade, voué à la crise, condamné. Les mesurettes pathétiques avancées par des politiciens en mal d’électeurs n’y changeront rien.

La seule solution à terme pour sortir de la crise est la rupture avec le système qui la génère. Rompre avec le capitalisme, abolir la propriété privée des moyens de production et l’intérêt privé, placer au centre de l’économie les besoins des peuples, redéfinir le statut et le rôle de l’entreprise, mettre fin à l’exploitation du salariat, construire ensemble le socialisme du XXIeme siècle : tel est aujourd’hui la tâche qui incombe à tous ceux qui veulent changer la vie et transformer le monde.

Le capitalisme a fait son temps !

11/10/2011

Tract de la Colonne de Fer pour la manif du 11 octobre 2011

La journée de grève d’aujourd’hui intervient dans un contexte difficile pour les classes populaires : hausse du cout de la vie, destruction d’emplois, mal-être au travail, incertitudes face à l’avenir… La crise sert de prétexte à des mesures d’austérité générant toujours plus d’inégalités et de frustrations, alors que les profits de quelques uns s’envolent.

Face à cette situation, les politiques nous expliquent “qu’on ne peut pas faire autrement”, ou cherchent à désigner des boucs émissaires pour masquer les vraies responsabilité.

Dans ce contexte, il est nécessaire de ne pas se résigner, de s’organiser au quotidien, en bref de résister collectivement à la casse sociale. Cependant, cela ne suffit plus ! Pour régler le problème, il faut l’attaquer à la racine !

La crise actuelle trouve ses origines dans le fonctionnement même du système capitaliste, basé sur l’égoïsme, l’exploitation de l’homme par l’homme…mais également sur un besoin de croissance absolue. Mondialisé, ce système a atteint ses limites, et ne perdure plus qu’en pillant les ressources, en détruisant des vies, en acculant les peuples à l’endettement et à la ruine. Il n’est plus capable d’engendrer autre chose que des catastrophes sociales, humaines et écologiques, dont les classes populaires sont les victimes.

Aussi, plus que jamais, la question de la légitimité du capitalisme, et donc de son dépassement, se pose : se contenter d’ajustements superficiels ne suffira plus, ce sont les bases même du système qu’il faut remettre en cause !

Avec la chute des dictatures soviétiques, le capitalisme a tenté de nous faire croire qu’il n’existait pas d’alternatives à son règne. Pourtant, le changement est aujourd’hui possible et nécessaire : à nous d’être à la hauteur en dessinant les contours d’un système basé sur la propriété et la gestion commune des biens communs et des moyens de production, basées sur les besoins réels de l’individu : un socialisme adapté aux réalités du 21eme siècle !

Plus que jamais, un nouveau projet de rupture est nécessaire. La Colonne de Fer participera à son émergence. Elle invite tous ceux qui aspirent à un monde meilleur à la rejoindre !

Tract en version pdf, téléchargeable et imprimable : Le capitalisme a fait son temps !