Archive for the ‘Actualité internationale’ Category

Situation en Grèce: Interview de Dimitra, prof au chomage.

19/02/2012

Le vote d’un nouveau plan d’austérité en Grèce cette semaine, et les réactions très impressionnantes, autant par le nombre de manifestants que par la violence insurrectionnelle de la population, suscite de plus en plus de commentaires sur la situation honteuse dans laquelle est plongé le peuple grec depuis plus de deux ans. Une situation que seule une victoire de la rue semble pouvoir faire évoluer. La Colonne de Fer a posé quelques question à Dimitra, 35 ans, professeure actuellement au chômage, à Athènes.  

Le centre ville d'Athènes noir de monde, le 12 février dernier

 La Colonne de Fer: Comment les grecs ont il réagit à ce nouveau plan d’austérité ? Trouvent-ils encore la force de se battre ?

 Dimitra : Les grecs sont déjà désespérés par ce qu’il s’est passé au cours des deux dernières années. Aujourd’hui, les gens ont le sentiment que, de toute façon, on n’a plus rien à perdre.

CdF : Qu’est ce que ces plans de rigueur à répétition changent concrètement pour la population grecque ?

 D. :Le chômage a atteint des chiffres records. Il touche environ une personne sur quatre actuellement. En ce qui concerne ma profession, celle de professeur, les salaires ont été réduits d’environ 300 à 400 euros. En gros, pour donner un exemple, ceux qui touchaient un salaire de 1200 euros l’année dernière, touchent environ 800 euros aujourd’hui. Et ça, ça concerne ceux qui ont la chance de ne pas avoir été licenciés… comme moi. A coté de ça, le cout de la vie reste le même, voir a augmenté. Avec le dernier plan d’austérité, le salaire minimum a été diminué de 22% pour les plus de 25 ans, et de plus de 30% pour les jeunes.

 CdF : On est habitué à voir des images assez impressionnantes sur les mouvements sociaux en Grèce. Comment se manifeste la résistance des gens aujourd’hui ?

 D. :Très violemment. Vous avez vu ce qu’il s’est passé, le 12 février, place Syntagma, en plein centre ville d’Athènes ? Des dizaines de bâtiments ont été incendiés, cassés, détruits sous les applaudissements de la population !

CdF :Dans ces manifestations, l’Union Européenne est très souvent montrée du doigt. Comment les grecs voient ils l’Union aujourd’hui ?

 D. :Je pense que les grecs ont perdu toutes les illusions qu’ils avaient encore sur l’Union Européenne. L’idée, partagé durant des années, qu’avec l’entrée dans l’Union Européenne, la Grèce allait devenir automatiquement un membre considéré à égalité des autres n’existe plus. Maintenant, les gens sont vraiment hostiles à l’Europe (et encore plus à certains pays d’Europe comme l’Allemagne et la France), mais ils ont quand même peur de la possibilité d’une exclusion de la Grèce du pays.

 CdF : Comment vois-tu l’avenir économique en Grèce ?

 D. : Je pense que le futur économique de la Grèce, comme de tous les autres pays, dépendra de la capacité de la classe ouvrière à prendre le contrôle de la production. Si ça n’arrive pas, nous serons condamnés à une production essentiellement basée sur les service et à un cout très bas du travail, comme beaucoup de pays de l’Est de l’Europe.

CdF : On a du mal à voir des perspectives politiques se dégager en Grèce aujourd’hui. Au mois d’avril, il y aura des élections législatives. Elle ne semble soulever aucun enthousiasme. Comment expliquer ça ?

D. :Aujourd’hui, il n’y a plus aucune tolérance des gens envers les politiciens. On le voit depuis un certain temps : il y a énormément d’incidents dans lesquels des politiciens sont interrompus dans leurs discours, attaqués verbalement, ou même physiquement, dans des conférences, des meetings, ou même des restaurants. Les gens n’ont plus aucune confiance.

CdF : Ici, en France, on nous parle de plus en plus, de l’arrivée d’une vague d’immigrés grecs cherchant à fuir le pays. Qu’en est il réellement ?

D. : C’est vrai qu’une nouvelle vague d’émigration est en train de toucher la Grèce. La plupart de ces nouveaux émigrés sont des jeunes mais pas seulement. On voit de plus en plus de familles entières quitter le pays. Ils partent pour avoir une vie meilleure. Pas vraiment pour avoir un meilleur boulot, mais simplement pour pouvoir survivre. D’autres profitent de départs dans le cadre de leurs études pour essayer de s’installer ailleurs, ou au moins de retarder leur retour.

 A l’heure où l’on commence à parler de l’application d’une cure d’austérité généralisée à toute l’Europe, la résistance courageuse du peuple grec doit trouver, plus que jamais, échos à nos oreilles. Ce qui se passe aujourd’hui en Grèce, si l’on ne réagit pas, sera bientôt notre quotidien, à nous aussi. Il est temps de s’unir pour affirmer le désir d’une société plus juste, basée sur le partage des richesses et la propriété collective des moyens de production. Une société démocratique. Une société socialiste. Le peuple grec n’a plus besoin de notre seule solidarité, il a besoin, maintenant, qu’on le suive !

Publicités

Pendant les débats du parlement sur le plan d’austérité, les députés regardaient un match de foot…

13/02/2012

Pendant que l’ont débatait, dans l’enceinte du parlement grec d’un nouveau plan d’austérité catastrophique pour les travailleurs, pendant que des dizaines de milliers de manifestants se battaient dehors pour défendre leurs droits et pour crier leur haine du système capitaliste, un certain nombre de députés grecs étaient occupés, dans une salle annexe de l’hémicycle hellenique, à regarder un match de foot dans une ambiance plutôt détendue. La preuve avec la photo ci dessous.

Finalement, ça nous rassure, il n’y a pas que chez nous qu’ils sont odieux…

Libye 2011, Syrie 2012: on va nous faire le coup tous les ans ?

12/02/2012

 

Depuis quelques semaines, la tension monte sérieusement en Syrie. Les combats entre le peuple syrien et l’armée d’Assad s’intensifient, notamment dans la ville d’Homs, où est née cette contestation. De nouveaux affrontements ont également éclatés dans certaines banlieues de Damas, la capitale du pays. Une intervention militaire occidentale, aux buts soit disant humanitaires, est déjà en discussion à l’ONU, malgré les vétos annoncés de la Chine et de la Russie. Bref, une situation qui dégénère de jours en jours, et qui nous replonge dans les débats d’il y a un an, au moment de la guerre en Lybie.

 

Lybie 2011 : quel bilan ?

Lors de la prise de Tripoli cet été, les médias du monde entier ont criés, comme un seul homme, victoire. Le chef de guerre Hannibal Sarkozy était encensé par tous pour son action libératrice et son héroïque homme de main sur place, Bernard-Henri Levy (auquel nous avions déjà consacré un article) auréolé de gloire comme jamais.

Pourtant, la situation actuelle de la Lybie reste chaotique sur tous les plans. Après une guerre qui a fait près de 60 000 morts, le pays est entièrement détruit et, même si Kadhafi et ses fils ne sont plus là, la démocratie n’est toujours pas franchement revenue. Le fameux CNT, que l’ont nous avait présenté comme la structure dirigeante légitime de la rébellion, s’est empressé de mettre en place un régime autoritaire basé sur la charia. Les droits du peuple sont encore bafoués dans le pays. Les maitres du jeu ont simplement changés.

Cette guerre « démocratique » n’est pourtant pas un échec total pour les grandes puissances occidentales. Bien au contraire même. La Lybie, on nous l’a répété pas mal de fois en 2011, est un pays clef pour l’Europe, notamment grâce à sa production pétrolière. Et de ce coté là, tout baigne ! C’était un peu de ça dont on avait peur avec cette révolte : le peuple allait-il, s’il prenait le pouvoir, nous permettre de continuer à nous servir à peu de frais sur les biens de leur sous sol ? Rien de moins sûr. Heureusement que Super-Sarkozy était là pour permettre l’installation de nouveaux dictateurs super compréhensifs à ce niveau là. D’ailleurs, à peine un an après le début de cette guerre, les infrastructures de puisement de l’or noir sont presque comme neuve, et pour Total, BP et consorts, la Lybie « open bar », ça marche comme jamais. Elle est pas belle la vie ?

 

Syrie 2012 : pourquoi une intervention ?

Mais pour les mêmes raisons pardi ! Quoi ? Vous aviez cru que c’était pour aller sauver les gamins qu’ont voit se faire trucider tous les jours à la télé en direct dans les rues d’Homs ? Mais vous êtes sacrément naïfs… Vous pensez sérieusement que des gens qui laissent crever de froid des gens dehors dans leurs propres pays en ce moment même en ont quelque chose à battre des gamins arabes ? Non. Ca ne les empêchent pas de nous faire le même coup que l’année dernière, et d’essayer de faire chialer, devant sa télé, le petit français humaniste, en lui racontant à quel point Assad est méchant et que c’est le devoir d’une « civilisation supérieure » comme la notre (ouais il parait qu’on est ça nous…) d’aller aider son peuple à se révolter.

Juste quelques données importantes : la Syrie occupe le 29ème rang des pays producteurs de pétrole avec une production de 26 millions de tonnes annuelles. Autant dire que c’est déjà pas mal. La Syrie, et c’est ça qui est méga con pour nous, à tendance à avoir un gouvernement plus favorable aux Russes et aux Chinois qu’à nous. En gros, pour le futur, la Syrie « open bar » version Assad, ça aura plus tendance à profiter à Moscou et Pékin qu’aux autres. Vous voyez le problème ? Imaginons un scénario à la Lybienne : l’Union européenne engage un processus militaire qui permet d’aider le peuple syrien à virer Assad, et place, dans le même coup, un gouvernement plus proche des occidentaux à la tête du pays. Sans compter que la Syrie est une force importante de la région, et une sérieuse épine dans le pied de nos copains israéliens qui habitent à coté… Ca réglerait pas mal de problèmes d’un coup non ?

 

Evidemment, malgré toutes ces critiques, nous soutenons le peuple syrien dans sa lutte contre le dictateur Assad. Dans ce sens, nous ne pouvons qu’être favorable aux tentatives de leur filer un coup de pouce. Mais c’est quoi un coup de pouce ? Remplacer des dictateurs par d’autres pour de basses raisons économiques à la sauce néo-coloniale, peut on vraiment appeler ça une aide ? Ne nous trompons pas, les messages de soutien aux révolutions arabes qui sortent de la bouche de nos gouvernements n’ont rien d’humanitaires. A vrai dire, si sous le sable arabe il n’y avait que du sable arabe, et si notre industrie fonctionnait à la graisse de rillons plutôt qu’au pétrole, nous entendrions surement beaucoup moins parler de ces pauvres gens qui, assoiffés de libertés depuis des décennies, se font aujourd’hui descendre dans les rues des villes syriennes.

 

L’imposture du « patriotisme économique »

22/12/2011

C’est apparemment avec les plus vieilles formules que l’on entube le mieux les électeurs. Ces derniers temps, il semble qu’un « nouveau » thème s’impose dans le débat électoral, celui de la relocalisation et du made in France. En effet, il ne se passe plus une semaine sans qu’un de nos estimés politicards y aille de son petit mot sur la question, quelle que soit par ailleurs la place qu’il occupe sur l’échiquier politique. Il y a 10 jours, ce n’est rien de moins que Nicolas Sarkozy, monsieur Casse-sociale himself, qui est allé se faire mousser sur ce thème là lors d’une visite des usines de skis Rossignol, emboitant le pas à…tous les autres.

En même temps, à priori, le fait de produire en France et de créer des emplois, on peut pas tellement être contre. Sauf que, si l’on regarde de plus près, ce discours en apparence évident n’est rien de moins que grotesque, qu’il soit entonné par opportunisme (Sarkozy), par nationalisme obtus (Dupont-Aignant), par bêtise (Bayrou), par démagogie (Hollande), par paresse intellectuelle (Mélenchon) ou pour toutes ces raisons à la fois (Le Pen).

Le profit, seul objectif de l’entreprise capitaliste

Car une fois que l’on a admis qu’effectivement, ce serait chouette de créer des emplois chez nous, comment fait on pour convaincre l’entreprise machin-chose de s’installer à Bar-le-Duc plutôt qu’à Shangaï ?

Pour cela, rappelons vite fait comment fonctionne l’entreprise capitaliste : elle se finance en émettant des titres de propriété, des actions, qui vont être achetés en échange de la promesse de revenus. Ce qui va intéresser l’actionnaire, qui a pris un risque en investissant, ça va être précisément ces revenus du capital, les dividendes qu’il va pouvoir toucher. Pour lui verser ses dividendes, l’entreprise va être obligée d’être compétitive. Si, par une politique de réduction des coûts et de maximisation des bénéfices, une de ses concurrentes est capable de verser des dividendes plus importants aux actionnaires, ceux-ci vont chercher à revendre leurs parts de l’entreprise pour acheter celles de l’entreprise qui leur reversera plus. La première entreprise va donc voir sa valeur s’effondrer, ne pourra plus investir, fera faillite ou sera rachetée ou démantelée. Pour éviter ça, l’entreprise va chercher elle aussi à réduire ses coûts en rognant sur les conditions de travail, augmenter les dividendes versées en prenant sur les salaires, augmenter ses bénéfices en conquérant de nouveaux marchés, etc… Ainsi, le capitalisme est-il basé sur une logique folle de croissance absolue.

C’est pour s’adapter à cette logique que les entreprises délocalisent tout ou partie de leur production (soit directement, soit indirectement en faisant appel à des sous-traitants étrangers). En allant s’installer dans des pays où les coûts sont moindres, elles peuvent s’opposer un temps à la concurrence et éviter des faillites qui auraient sur l’emploi un impact pire que les délocalisations elles-mêmes. Les libéraux disent que les entrepreneurs n’ont guère le choix. Hélas, on ne peut pas leur donner tort : les délocalisations sont une conséquence directe et inévitable du mode de production capitaliste. Si l’on empêche cela, en interdisant les licenciements par exemple, les entreprises ne survivront pas longtemps dans la jungle capitaliste.

Bien sûr, il existe des solutions pour que les entreprises restent chez nous : cependant, pas sûr que ces « solutions » nous conviennent.

Dans le capitalisme, pas de salut

Un moyen d’empêcher les entreprises de s’installer dans des pays où les coûts de production sont plus faibles (et donc la législation sociale moins favorable aux salariés) consiste à rendre notre pays plus attractif pour les entreprises, en répondant au « dumping social » des pays émergents. C’est facile : baisse des impôts aux entreprises, recul des minima sociaux, suppression du salaire minimum, etc…C’est la solution libérale : une fuite en avant sur le dos des salariés. Bien sûr, elle ne dure qu’un temps : les pays en face adoptent la même formule, redeviennent compétitifs, et tout est à refaire, entrainant toujours plus de précarité. Sans compter que l’impact d’une telle politique se traduit par une baisse de la consommation, et donc une crise de surproduction entrainant à nouveau une hausse du chômage que l’on entendait combattre…

Alors, une autre solution consisterait à favoriser la production nationale, comme le préconise Marion Anne Perrine Le Pen, en mettant en place des barrières douanières, en taxant les marchandises importées. Après la carotte libérale, le bâton protectionniste. Sauf que les pays ayant des rapports commerciaux avec la France répercuteraient immédiatement cette mesure en mettant également en place une taxe identique sur les produits français, entrainant une chute des exportations, et donc à nouveau des suppressions d’emplois massives (sans compter les mesures de rétorsion que ne manquerait pas de prendre l’Organisation Mondiale du Commerce). De plus, la mise en place des barrières douanières entrainerait une hausse des prix sur des produits comme l’essence, qui aurait un impact direct sur la consommation des ménages. Cette mesure semble donc encore une fois devoir aggraver la crise au lieu de la combattre.

Et ce n’est pas la mise en place de cette mesure à l’échelle européenne, comme Mélenchon peut le préconiser, qui changera les choses : les problèmes posés sont exactement les mêmes qu’à l’échelle nationale, avec en plus le problème que les intérêts des pays qui fondent l’Union Européenne sont parfois contradictoires (par exemple, l’Allemagne, qui exporte beaucoup, n’a aucun intérêt à la mise en place de mesures protectionnistes). Sur le coup, la proposition du Front de Gauche semble presque encore plus déconnectée que celle de Le Pen…

La rupture, seule issue possible

Comme nous le voyons, toutes les solutions proposées pour lutter contre la désindustrialisation du pays sont vouées à l’échec. Dans la crise nous sommes, dans la crise nous resterons. Au sein du capitalisme, aucune issue : tant que nous maintiendrons un système économique basé sur l’enrichissement personnel et l’accumulation infini de richesse, nous subirons crises et déséquilibres à répétition, pour le seul profit des actionnaires (et encore, celui-ci allant en s’amenuisant). Le capitalisme est certes immoral, mais là n’est pas son principal défaut : il est surtout malade, voué à la crise, condamné. Les mesurettes pathétiques avancées par des politiciens en mal d’électeurs n’y changeront rien.

La seule solution à terme pour sortir de la crise est la rupture avec le système qui la génère. Rompre avec le capitalisme, abolir la propriété privée des moyens de production et l’intérêt privé, placer au centre de l’économie les besoins des peuples, redéfinir le statut et le rôle de l’entreprise, mettre fin à l’exploitation du salariat, construire ensemble le socialisme du XXIeme siècle : tel est aujourd’hui la tâche qui incombe à tous ceux qui veulent changer la vie et transformer le monde.

Salah Hamouri enfin libre!

15/12/2011

Salah Hamouri, ce jeune franco-palestinien dont nous vous avions déjà parlé sur ce blog, emprisonné depuis plus de six ans par l’état israélien, devrait être libéré ce dimanche. Il fera partie d’un groupe de 550 prisonniers politiques palestiniens libérés dans le cadre de l’accord établit entre Israël et le Hamas, au moment de l’échange du soldat Gilat Shalit, le 18 octobre 2011.

Salah Hamouri était emprisonné depuis le 13 mars 2005. Condamné sans aucune preuve à sept ans de prison pour un projet assassinat du rabbin Ovadia Yossef, il n’avait cessé, depuis, de clamer son innocence. Son emprisonnement avait, en France, soulevé l’indignation des militants pro-palestiniens et un mouvement de solidarité pour sa libération était né, dans l’indifférence totale du gouvernement français. Sarkozy avait pourtant promis, au moment de de la libération d’Ingrid Bettencourt, d’aller chercher tous les français retenus injustement à l’étranger. Apparemment c’est possible de libérer une dirigeante de la droite colombienne des mains de dangereux guérilleros, un soldat israélien des mains du Hamas, mais quand un franco-palestinien est retenu prisonnier de l’état d’Israel, l’enthousiasme de notre gouvernement n’est pas au rendez-vous. Bizarre… Toujours est il que Salah sera, normalement, libre dimanche.

La Colonne de Fer se réjouit de la libération de Salah Hamouri comme de celle de tous ses compagnons. La Colonne de Fer aimerait vous dire qu’elle ira chercher tous les français (et les autres) de gauche retenus injustement à l’étranger, mais on est pas aussi fort que ça quand même. On ne peut, malheureusement, que se limiter à souhaiter leurs libérations, et continuer, avec vous, à militer pour! Mais c’est déjà pas mal…

BHL: Le Che Guevara des cons…

09/11/2011

En voilà un qui ne perd pas de temps! Bernard-Henri Levy publie, ce mercredi 9 novembre un bouquin, La Guerre sans l’aimer (c’est beau hein?), dans lequel il nous explique comment il a sauvé la Libye. Ça peut faire rire… D’ailleurs ça fait rire! Même Le Monde se moque un peu en nous décrivant le contenu de ce magnifique ouvrage: « BHL n’écrit pas, noir sur blanc, que l’intervention armée n’aurait pas eu lieu sans lui. Il en diffuse l’impression. » Pathétique…

L’action libyenne du philosophe de quai de gare le plus célèbre de France n’est pourtant pas très claire. C’est, ceci dit, sûrement pas un bouquin de l’intéressé qui va nous révéler quoi que ce soit. Comment celui qui fustige depuis des années « l’islamo-fascisme » aurait pu devenir le héros du peuple lybien? Et pourquoi surtout? Bah on se demande…

Dés le début de l’insurrection populaire en Lybie, BHL est donc apparu sur nos télés. L’air grave, celui qui a toujours « rêvé de faire l’Histoire » (Le Monde)  venait de voir se dérouler deux révolutions sans que personne lui ait demandé une quelconque aide. A la troisième, c’était décidé, on allait voir sa tronche. Il part donc en Lybie et revient, en grandes pompes le 5 mars, pour nous présenter les potes qu’il s’est fait là bas: une poignée d’anciens cadres du régime de Kadhafi qui ont décidé de retourner leurs vestes avant de finir à la Ceaucescu. On les appelle le CNT (non, non, rien à voir, ils ont pas retourné leurs vestes au point de devenir anars…). C’est des mecs que personne connaît sur place (en dehors de ceux qui ont eu à subir leurs anciennes fonctions), qui n’ont été élus par personne, mais qui se sont auto proclamés chefs de l’insurrection. Comme dans le même temps, notre BHL vient de se proclamer dirigeant révolutionnaire de premier plan, ça tombe plutôt pas mal. Il présente donc ses amis à Sarkozy, et arrive à convaincre ce dernier que le CNT peut être un atout de taille pour permettre aux puissances occidentales à la fois de passer pour les gentils en soutenant une alternative à Kadhafi et, en même temps, de ne pas trop prendre de risques avec ces types qui, apparemment, ne vont certainement pas foutre en l’air le système que les impérialistes européens ont mit des années à construire en Libye. Pour Sarkozy, qui vient de passer pour un gros faisan en Tunisie deux jours avant, c’est une occasion en or. Il enfile son costume de guerrier, embarque le chevelu et les guignols du CNT, alerte les anglais et les ricains, et pouf, en deux semaines c’est la guerre!

Dès lors, BHL se sent pousser des ailes. On le voit faire du tank dans le désert comme Sarkozy fait du cheval en Camargue, cheveux au vent, entouré d’une armée de journalistes caméras à l’épaule. Il en oubli néanmoins pas qui il est: fin août, il s’arrange pour que le CNT reconnaisse Israél, cette grande démocratie très très chère au pseudo philosophe. Ça rassure les ricains et puis avec ça, c’est sur, Finkielkraut et Zemmour vont être jaloux! De son coté Sarkozy est content de lui aussi. Cette petite guerre lui permet de redevenir une star internationale, à un moment où son niveau de super héros n’est pas au plus haut de sa forme….

A partir de là tout était plié. C’était l’OTAN qui allait virer Kadhafi, aidé au sol par les « insurgés », soit disant commandés par le CNT. Selon TF1 et consort, les gens sur place son ravis. Eux qui attendent depuis des années la démocratie, voir débarquer des soldats de l’OTAN, des ex-kadhafistes devenus respectables et, même un philosophe discount, pour prendre en main la situation sans leur demander leur avis, ça les a apparemment fait bondir de joie. Bon, en même temps, faut aussi les habituer au vrai visage de la démocratie… D’ailleurs quand certains d’entre eux se révolte contre le CNT et les bombardements « alliés », ou même contre Levy en personne, on le passe sous silence.

Aujourd’hui, BHL est revenu de son aventure libyenne. Depuis, le CNT a réinstauré la charria, interdit le divorce et réprimé ceux qui ouvraient leur gueule. Mais ça, Nanard, il s’en fout. Lui il a écrit un livre, parce que faut bien se faire du fric quand même. Il a relu Tintin au Congo, s’est maté tous les Rambos, et à commencé à écrire son épopée, tout en lyrisme et en prétention. Lui qui rêvait d’écrire l’Histoire, il peut même la réécrire à présent. Parfait. Selon Le Monde, il y aurait même des gens qui voudraient que ce bouquin soit adapté au cinéma. La classe non?

Coté libyen, après des mois de guerre civile, les gens sont heureux: grâce aux gentils gouvernements occidentaux ils ont, comme en Egypte et en Tunisie, des dictateurs flambant neufs. Normalement, si tout se passe bien, on repassera les changer dans 30 ou 40 ans…

juste pour se moquer…

Et Salah Hamouri dans tout ça?

18/10/2011

  Tous les médias en parlent aujourd’hui, le soldat franco-israélien Gilad Shalit, prisonnier de guerre (et non otage) du Hamas à Gaza depuis 5 ans, a été libéré contre la libération d’environ 1200 prisonniers palestiniens. Dés sa libération, il a déclaré à la télévision égyptienne, concernant les 4000 prisonniers politiques détenus dans son pays, qu’il fallait surtout que les palestiniens arrêtent leur guerre contre Israël pour que la paix deviennent envisageable. Apparemment il a toujours pas compris qui faisait la guerre dans la région mais passons…

  Aujourd’hui, un nom n’a été prononcé dans aucun média: celui de Salah Hamouri. Ce franco-palestinien est toujours détenu dans les geoles israéliennes depuis 2005. Lui, ce n’était pas un soldat d’une armée criminelle en opération lorsqu’il a été capturé. Hamouri est simplement un jeune étudiant qui milite pour pouvoir, un jour, vivre librement dans son pays et qui, pour cela, a été condamné pour terrorisme.

Dans le cadre de l’échange de prisonniers palestiniens contre  Shalit, Salah Hamouri devrait, normalement, être liberré le 28 novembre prochain. Il ne reste plus qu’à espérer que cette libération ne soit pas reportée sous des prétextes malhonnetes…

A propos de l’affaire DSK…

11/09/2011

Oui, on imagine très bien ce que vous êtes en train de vous dire : “ Bah voilà, on va visiter un blog un peu différent, ça fait 2 mois qu’ils ont rien publié, et il reviennent pour nous parler des mêmes trucs que les autres (en retard en plus) …” Ne vous en faites pas, le sort de DSK, en soi, on s’en fout autant que vous. D’ailleurs si l’ex patron du FMI avait été condamné à 74 ans de prison, on aurait pas pleuré non plus.

 Si on veut revenir sur cette affaire, c’est pour attirer votre œil sur ce qui nous a semblé être très choquant depuis son début: à la fois la complaisance de la justice et des médias avec nos puissants dans les affaires politico-judiciaires et, encore plus, le sexisme incroyable de la campagne médiatique autour de cet évènement.

 Que la justice et les médias soient du côté de ceux qui ont le fric, jusque là ça n’a rien de surprenant. Seulement, le caractère exemplaire de l’affaire a amené un traitement à ce point caricatural que l’on n’aurait presque pas osé l’imaginer. Nous avons ici d’un coté un homme, riche, blanc, puissant et célèbre. De l’autre, Nafissatou Diallo, qui sera le plus souvent désignée comme « la femme de ménage » : femme, noire, prolétaire, immigrée… Tout de suite, on sentait que ce serait pas gagné pour elle ! Eh bien on ne s’est pas trompé. Quand bien même les tests scientifiques démontrent qu’il y a eu viol, on met en doute sa parole, coupable d’avoir menti pour entrer sur le territoire américain, et donc coupable de mentir à jamais, donc suspectée d’être une manipulatrice et une femme de mauvaise vie, bref, « une pute », et c’est bien connu les putes ne se font jamais violer… Bref, l’affaire est classée, et la justice réussit l’exploit de démontrer à la fois son caractère de classe, son racisme et sa défense acharnée du patriarcat. A la limite, jusque là, les choses sont plutôt normales, le système judiciaire américain ne nous ayant que peu habitué à se placer du côté des opprimés…

Ce qui est aberrant, c’est, malgré le traitement de l’affaire, d’entendre des voix s’élever dans les grands médias et au sein de la classe politique pour dénoncer l’acharnement dont fut victime Strauss-Kahn. Ainsi, on croit halluciner lorsqu’on nous explique aujourd’hui que les médias ont descendu DSK, alors même que tout le temps qu’a duré l’affaire, la moindre occasion était bonne pour nous expliquer que “Il n’est pas comme ça”, que “C’est un gars bien”. Comme si, dans une affaire aussi grave qu’une affaire de viol mais impliquant un individu n’ayant pas la chance d’être directeur du FMI, on invitait tous les potes de l’individu en question sur les plateaux de télé pour les entendre dire que non, ça peut pas être lui parce que c’est un mec sympa… Enfin bon, passons, depuis le temps, ce n’est pas aujourd’hui que l’on va commencer à s’indigner de la servilité des médias envers ceux qui les font vivre…

Cependant, il y a des choses sur lesquelles il serait plus grave de passer: la vision de la femme et des agressions sexuelles véhiculé par les médias lors de cette affaire. A les écouter on dirait que l’accusation n’est pas trop grave finalement. Simple « troussage de domestique » pour le journaliste Jean François Kahn (qui par là même conjugue mépris des femmes et mépris de classe), alors qu’il « n’y a pas mort d’homme » selon Jack Lang. On nous a dit que Anne Sinclair avait pardonné à son mari d’être volage, comme si on l’accusait d’un simple adultère. On nous a dit qu’il aimait beaucoup les femmes, comme si un viol était une preuve d’amour ; et que d’ailleurs c’est surement pas lui puisqu’elle n’est pas très jolie (sic), comme si seules les femmes jugées belles (par qui ?) pouvaient se faire violer… En bref, au delà de savoir si DSK est coupable ou non (ce qu’on ne saura jamais), c’est la dédramatisation constante des faits reprochés qui a été et est encore très choquante. Tout cela ne fait qu’accréditer l’idée qu’au final un viol n’est pas si grave, voir même qu’une femme peut s’estimer heureuse de se faire violer puisque cela veut dire que finalement elle n’est pas trop moche. Au final, cette affaire donne aux pires raclures réactionnaires (on pense à Gollnisch ou à Zemmour), mais également à l’ensemble de la classe politique, un prétexte pour mener l’offensive culturelle contre les droits des femmes, ce qui n’empêche pas par ailleurs ces mêmes individus d’avoir l’indécence d’utiliser de manière dévoyée et hypocrite des argument féministes, lorsqu’il s’agit par exemple de stigmatiser des populations immigrées ou musulmanes.

Face à de telles attaques, on se dit que le combat féministe est plus que jamais d’actualité.

* Sur « l’affaire DSK » et les problèmes liés aux représentations sexistes des atteintes aux droits des femmes qu’elle a pu mettre en évidence, nous conseillons la lecture du livre Un troussage de domestique, paru aux éditions Syllepse sous la coordination de Christine Delphy. C’est petit, ça coute pas très cher (7 euros le bouquin, ça va, et si ça ne va pas vous pouvez toujours le voler à la FNAC de Tours ou ailleurs), et ça permet d’approfondir le sujet et de saisir les enjeux liés au sexisme.

Un troussage de domestique, Christine Delphy (coord), éditions Syllepse, 184p, 7€

De l’indignation à la révolution: Solidarité avec le peuple grec!

24/06/2011

Un mouvement de grève de 48h aura lieu dans toute la Grèce mardi 28 et mercredi 29 juin à l’appel des principales organisations syndicales du pays. A la manière de ce qui se passe depuis déjà plusieurs semaines, et dans la continuité des mouvements de 2010 et du début de l’année 2011, les manifestants ont prévu d’encercler et de bloquer tous les accès au parlement grec où les députés doivent bientôt voter le « Programme à moyen terme », liste de mesures économiques concoctée par l’UE, le FMI, et la Banque Centrale Européenne. Ces mesures vont enfoncer encore un peu plus le peuple grec dans la précarité, le chômage et la misère.

Pour afficher son soutien à ces travailleurs en lutte, et pour diffuser leur message totalement censuré dans les médias français, la Colonne de Fer a décidée, via son blog, de reproduire l’appel de l’Assemblée du peuple qui se réunit quotidiennement sur la place Syntagma à Athènes.

Les "indignés" grecs réunis sur la place Syntagma

Résolution de l’Assemblée du peuple du 22 juin 2011

Appel à l’ensemble du pays à rejoindre la place Syntagma où se trouve le Parlement la semaine prochaine pour bloquer le «Programme à moyen terme».

Voilà un mois que nous occupons les places de notre pays, réclamant le droit de décider nous-mêmes pour nos vies. Fin juin, notre lutte est maintenant à un tournant. Ce gouvernement de tolérance sociale zéro a accepté le «Programme à moyen terme». Ce programme ne doit pas passer. Nous ne pouvons accepter le pillage de notre richesse sociale, nous ne sommes pas prêts à tolérer la dégradation du niveau de vie de la majorité de la population alors qu’une minorité s’enrichit par ses profits.

Les manœuvres médiatiques, le remaniement gouvernemental bidon et le chantage du gouvernement, du FMI et l’UE ne nous impressionnent pas. Nous savons bien maintenant que le dilemme n’est pas de choisir entre le mémorandum ou un défaut de paiement, car le mémorandum nous conduira avec une certitude mathématique à la dévastation sociale.

Durant les deux jours prévus pour discuter et voter le Plan à moyen terme au Parlement, les organisations syndicales appellent à 48 heures de grève. Durant ces deux jours, personne ne doit travailler, consommer, ni accepter la moindre entorse à la grève totale. Dès le matin du premier jour de la grève, nous nous rassemblerons place Syntagma avec les assemblées populaires de tout le pays et de toutes les banlieues d’Athènes.

Le jour du vote, nous encerclerons le Parlement, pour signifier que ce Plan de moyen terme est rejeté par le peuple.

Cela fait un mois maintenant que nous démontrons, jour après jour, que d’autre solutions sont possibles et que nous avons les moyens de faire avancer la société vers une autre direction. C’est le moment maintenant de franchir la prochaine grande étape. C’est à notre tour maintenant d’intervenir, c’est à nous de parler!

C’est eux ou nous ! La vraie démocratie maintenant !

Assemblée du peuple – Place Syntagma, le 22 juin 2011