HK : « Le monde fonctionne au rapport de force » !

Chose promise, chose due ! Lors du passage du groupe HK et les Saltimbanks au festival des Kampagn’arts à Saint Paterne Racan fin juin, des militants de la Colonne de Fer avaient interviewé l’auteur de On lâche rien. Aujourd’hui, nous vous offrons le contenu de cette (longue) interview, durant laquelle le roubaisien nous a parlé conscience de classe, convergence des luttes et guerre culturelle…

Bonjour HK, pourrais-tu commencer par te présenter et nous parler de ton parcours ?

HK, saltimbanque de mon état. Je fais de la zik depuis pas mal de temps maintenant. J’ai commencé j’étais ado. De manière professionnelle ça fait à peu près 7 ans. Les gens m’ont plus connu avec le MAP, Ministère des Affaires Populaires, avec lequel on a sorti 2 albums, Debout là d’dans et Les Bronzés font du ch’ti, et avec lequel on a beaucoup bourlingué.

Depuis 2-3 ans, j’avais des chansons qui trainaient, avec un autre univers musical, donc j’ai appelé une bande de potes saltimbanques roubaisiens, je leur ai demandé si ça les bottait de suivre cette aventure avec moi, et ça a donné HK et les Saltimbanks. Pour moi, c’est complémentaire de ce que je faisais avec MAP : très différent musicalement, mais pareil dans l’esprit.

Tu peux nous parler de tes débuts dans la musique ?

J’ai commencé avec l’arrivée et l’avènement en France du mouvement hip hop, dans les années 80. C’est là qu’on a commencé, que j’ai écrit mes premiers textes, qu’on est monté sur scène. Tu avais les mecs qui arrivaient à danser comme des oufs en tournant sur la tête, ceux qui faisaient des bruits un peu chelou avec des vinyls, tu avais les « artistes peintres » qui repeignaient la ville, et tu avais les autres, ceux qui avaient que la tchatche. Du coup on a pris le micro. La plume et le micro.

Avec MAP, déjà ?

Non, pas encore. J’étais vraiment bercé dans le mouvement hip hop, à l’époque. Après on a toujours eu cette curiosité : quand tu fais du rap « pur et dur », comme nous alors, tu as la culture du sample. Ca t’amène à fouiner à la recherche du bon échantillon : tu vas pouvoir reprendre dans un vieux morceau de chanson française, de soul, de oldies, de musique world, tribale… Du coup, cette culture t’amène une curiosité, et ça t’amène à découvrir plein de choses. Et puis, c’est vrai que j’ai toujours eu cette curiosité, cette envie de marier, de mélanger les sonorités, les influences, les musiques. C’est ce qui a donné des expériences comme MAP ou comme celle de HK et les Saltimbanks aujourd’hui. C’est la même logique de rencontre d’univers.

MAP, c’est fini aujourd’hui ?

On a mis ça entre parenthèses. On avait chacun envie de faire des trucs avec une dimension plus personnelle. Le projet de groupe et la vie de groupe, c’est quelque chose d’extraordinaire, mais c’est vrai qu’il y a des moments où tu as envie d’aller plus loin dans des choses plus personnelles, dans des discours, des histoires, des chansons, des aventures, pour ensuite se retrouver. On ne s’est pas donné de date, mais on sait qu’on se retrouvera sans aucun problème.

Mais ce qu’on fait pour l’instant, c’est pas une récréation : l’idée c’est vraiment d’aller au bout de ces histoires là, de ne pas faire les choses à moitié. Non, tu fais quelque chose, tu le fais forcément à fond. Après quand tu as 2 ou 3 projets qui marchent, c’est juste une histoire de calendriers à gérer : c’est des problèmes de riches. A la limite on s’en fout !

Alors l’album est sorti le 31 janvier, quel a été accueil réservé par le public et par les critiques ?

En France, tu as le public d’un coté et les critiques de l’autre. Les critiques ça dépend d’où elles viennent. On a eu quelques bons papiers, on a réussi à ouvrir quelques portes au niveau des médias ; pas mal de portes au final, même si on en a vu pas mal se fermer devant nous. Quand ça vient de la presse institutionnelle, officielle, de ces gens qui sont dans la bien-pensance, il ne faut pas s’attendre à myriade de compliments. Ils ne comprennent pas notre musique, ils ne comprennent pas ce qu’on dit, et à vrai dire on ne vit pas dans le même monde, donc à la limite on s’en fout !

On a eu affaire à des gens qui ne comprennent pas qu’on puisse développer un discours engagé, un peu alter, un peu anticonformiste, un peu anticapitaliste, et qui en même temps reste artistique. Parce qu’on n’est pas non plus dans une tribune politique, mais c’est vrai qu’on définit un autre chemin sur cet album : on se casse de la grande route trop balisée et trop proprette. Mais ça reste HK et les Saltimbanks : saltimbanques, c’est une place qu’on aime. C’est ce qu’on a toujours aimé faire et su faire, du moins on espère : écrire des chansons, les chanter sur scène, se faire plaisir, partager, semer des petites graines d’utopie, mais façon saltimbanques. C’est notre manière à nous de participer à une lutte plus globale, qui peut englober un combat politique, associatif, citoyen. C’est notre biais, et on tient à garder cette place là parce que c’est celle qui nous convient, celle qu’on aime. On essaie le plus possible de ne pas se laisser embarquer, même si les tentations sont grandes, sur un chemin vraiment plus politique au sens propre du terme.

Et au niveau du public, ça a bien marché la vente de l’album ?

Ouais, on doit être à quelque chose comme 10 000 albums vendus, ce qui nous place vraiment haut dans le cercle des groupes alternatifs. Nous, on est dans la logique d’avoir la plus grande audience possible. Pour nous, « la musique c’est partout, pour tous, tout le temps » : Tu livres ta musique, et ceux qui veulent se la réapproprier, ceux qui se reconnaissent dedans la prennent. On bénéficie d’une bonne reconnaissance dans un contexte de crise du disque. Comme on a autoproduit l’album, on va pouvoir récupérer la tune, rembourser les gens qui nous ont prêté, et pouvoir en sortir un deuxième. On ira le plus haut possible, mais notre logique première, sur l’album, est là. Nous on vit de la scène, c’est notre quotidien, notre source de revenu, notre métier. On est des intermittents du spectacle, on fait tant de cachets à la fin du mois, et c’est ça qui nous fait manger.

Tu dis que le disque est autoproduit mais par contre il est édité par Universal. Vous n’avez pas peur de vous faire récupérer par le système ?

C’est une vieille histoire… Ma position est simple : c’est « tous les espaces nous appartiennent et doivent nous appartenir » . On doit bien sur se créer nos espaces, ce qu’on a fait en montant notre label, acquérir une indépendance, d’esprit surtout, la garder, et en même temps on ne doit pas abandonner les espaces à d’autres. Tu ne peux pas dire « je suis pour changer le monde, et en même temps je laisse les autres prospérer et avoir tous ces espaces, ces médias de masse, ces grands rassemblements… » Pour moi, ces espaces doivent nous appartenir. Que ce soit dans le champs politique, économique, médiatique, et tout ce qui finit en -ique…

Là dessus je n’ai aucun dilemme. C’est une question que je me suis posé, j’ai répondu de cette manière là et je trace mon sillon là dessus. Il y a aussi une méfiance dans les milieux militants, où dès qu’une tête émerge on la coupe sans discernement. Pour moi, c’est en soi un combat dans le combat. Je pense que on est dans certaines prisons mentales sur ces questions là. J’en ai fait, des manifs où tu te retrouve à 10, 20, 30, mais si à un moment donné tu admets le fait que c’est la guerre, ça veut dire que tu as le droit d’être stratégique, d’être malin, de vouloir gagner cette guerre. Tu à le droit de vouloir prendre le bazooka qui te tire dessus depuis que tu es tout petit, de virer le mec qui est dessus et de le prendre en mains. Les cailloux c’est bien, mais ça ne marche qu’un temps. Je pense que de plus en plus il faut qu’on soit clairs là dessus. Il faut y aller, arrêter de rouler avec le frein main. En disant « c’est leur truc », tu acceptes la défaite dès le départ. Non, c’est à moi, ça m’appartient, j’y vais !

Tu as parlé tout à l’heure de lutte globale : pas mal de gens on découvert votre groupe à l’automne dernier au moment de la lutte pour les retraites. La chanson On lâche rien est un peu devenue l’hymne de tous les manifestants. Tu t’attendais à un truc comme ça ?

Non, bien sur que non. On a une petite fierté, forcément, parce que ça démarre de ces petits trucs que tu écris dans un coin chez toi, et il y a un moment où tu en es complètement dépossédé : je pense qu’il n’y a rien de plus beau quand tu fais des chansons. Il n’y a rien de meilleur que de te faire déposséder du truc et que les gens se le réapproprient, que ça appartient à une autre histoire. Je sais pas, c’est comme quand tu es parent d’un gosse qui a 20 piges, qui se barre et qui fait des trucs dont t’es fier. C’est un peu l’histoire de cette chanson.

Putain c’est mortel, quoi ! Il y a des gens qui t’envoient des vidéos où ils la reprennent façon fanfare, d’autres version rock, un gars qui nous avait envoyé un mp3 avec de la flute jouée par dessus, des gens qui te demandent les paroles, qui t’envoient des montages vidéos de manifs avec le son derrière, enfin le truc de ouf, quoi !

A un moment donné on s’est fait un petit kiff, on s’est dit « tiens si on allait nous même la chanter là bas ». On a fait ça sur une des dernières, le 6 novembre : il pleuvait, il faisait froid, toute la semaine les médias nous avaient dit qu’il n’y aurait personne, qu’il fallait rester chez soi… Du coup, elle prenait encore plus son sens, parce qu’on était vraiment avec les gars qui lâchaient rien de chez rien. Ca a été un petit moment magique cette après midi là. Après on a fait le clip là dessus.

A la fin de chaque manif tout le monde la reprenait pendant des heures…

C’est symptomatique. Je l’avais écrit à un moment où il y avait une sorte de résignation ambiante : c’était presque un souhait, et en même temps c’était un truc que je sentais revenir et que j’espérais : ce coté de ne rien lâcher, de ne pas participer à cette morosité ambiante. La musique ça ne fait souvent que accompagner, je ne suis pas sûr que ça provoque des choses, Ça peut accompagner, parfois amplifier, mais des choses qui existent déjà, sinon ça ne marche pas. Je pense que c’est ça l’histoire de cette chanson : il y avait un truc dans la tête des gens, des militants, qui était de se dire « bon allez, on se remet en route ! » ; et puis cette musique est arrivée pour accompagner ça. C’est marrant, parce que tous les évènements de l’histoire tu peux leur accrocher une chanson, un air ou un style de musique. C’est une illustration en musique et en paroles de quelque chose de bien réel, du petit moment d’histoire qu’on a vécu et qu’on vit là.

Tu dis que vous êtes avant tout musiciens, mais comment vous vous situez par rapport au mouvement social ?

Mon credo c’est la convergence des luttes. On peut et on doit rester tels que l’on est, avec nos prérogatives, nos identités, nos univers, nos rôles, et en même temps il faut converger. Mon idée, c’est qu’on parte chacun de notre point, et qu’à un moment donné sur des combats, sur des idées, sur des idéaux, sur des chemins à prendre, on puisse converger.

Dans On lâche rien, tu emploies le mot « prolétaires »…

On a vécu une époque où l’immigré était opposé à l’ouvrier. C’est là dessus que le Front National a pu prospérer : c’est qu’à un moment donné on a opposé les gens les uns aux autres… Cette chanson là, c’était un appel à l’unité, à la réunification, et à remettre au gout du jour l’idée de conscience de classe. Il y a cette vieille définition de la conscience de classe, et au delà il y a quelque chose qui pour moi doit encore dépasser ça, c’est l’idée de communauté de valeurs. Parce que finalement mon problème c’est pas la richesse, c’est même pas les riches. Pour moi il y a 2 éléments qui sont importants : c’est comment tu gagnes ton argent, est-ce que tu le gagnes en exploitant d’autres gens, et ce que tu en fais une fois que tu l’as. Imaginons qu’à la sueur de tes bras tu arrives à construire un grand empire, que tu sois riche : tu peux aussi te dire que tu as une responsabilité par rapport à ça. A un moment donné être tout en haut, ça implique des responsabilités, dans l’idée de quête d’équilibre ; parce que finalement, le problème du monde dans lequel on vit, c’est le déséquilibre total et grandissant entre les pauvres et les riches. Le système dans lequel on vit, le système capitaliste, est cannibale et ne peut provoquer que ça, mais finalement un autre système qui viendrait contrebalancer ça, c’est un système basé sur la quête de l’équilibre.

Mais pour revenir à ta chanson, elle contribue aussi à ce que cette conscience de classe dont tu parlais réémerge aujourd’hui : c’est une chose que les gens ont partagé, qu’ils ont en commun, dans quoi ils se sont reconnus…

Oui, mais en même temps, je te dis, je pense que cette définition n’est pas complète. Tu peux être né dans un même quartier, être né pauvre, avoir grandi dans les mêmes conditions, et tu peux avoir des gars qui sont pauvres, qui appartiennent à cette classe là, et qui n’ont qu’une seule envie, c’est de passer de l’autre coté de la barrière, et pas d’exploser la barrière. Je ne dis pas que c’est illégitime en soi, mais c’est là où je parle de communauté de valeurs. C’est parce que je me dis qu’on peut partir avec tous ces gens qui viennent de ces quartiers et qui ont envie d’exploser ces barrières. Peut être même que de l’autre coté des barrières tu pourras en trouver quelques uns qui pourront t’aider à exploser ces barrières. Donc c’est plus cette idée de communauté de valeurs qui me parle aujourd’hui, mais ça englobe aussi cette idée de conscience de classe : c’est l’idée peut être d’aller encore plus loin. Mais c’est vrai que j’ai eu beaucoup de désillusions, à un moment où tu te dis « comment untel qui vient de ce quartier là il peut voter à droite ? « , ou quelque chose comme ça ? Je ne comprenais pas, et en même temps c’est humain, c’est naturel : on se positionne tous par rapport à nos convictions, nos idées, et c’est pas parce que je suis né à tel endroit, dans telles conditions que finalement je suis pas dans ma tête un salaud de patron…

Mais ce phénomène est lié à l’individualisme, qui est très répandu.

Bah on a un président qui a été élu pour ça et par ça, quoi ! C’est « travailler plus pour gagner plus », c’est la réussite sociale individuelle, c’est la compétition. On vit dans un monde de compétition, de l’échelon individuel à l’échelon international. On ne vit que pour et que par ça.

Et alors toi qui chantes la révolte et la révolution, comment tu en es venu à dépasser cet individualisme ?

Je ne sais pas comment tu te battis une conscience, c’est un trajet de vie. Peut être que j’ai eu la chance de grandir alors dans un quartier populaire mais pas un quartier ghetto : c’était un quartier de prolos, à Roubaix. J’ai grandi entre voisins portugais, italiens… Je dis souvent que mon enfance je ne la changerais pour rien au monde : on n’était pas riches, mais on avait cette richesse de notre histoire, de l’histoire de l’autre, et de ces histoires là qui se mêlaient et qui se rencontraient. Ma conscience personnelle, je pense qu’elle émerge de là, de ce contexte. Et puis, j’avais aussi le daron qui était marchand de fruits et légumes, qui lui même avait une histoire, qui arrivait en France sans rien, qui a battit un truc, qui s’est entre guillemets abandonné pour ses enfants, et puis qui lui même avait quelques valeurs… Je pense qu’il y a un tout, le contexte dans lequel tu évolues. Je ne saurais pas expliquer plus que ça.

D’accord. Et tu dis que ta musique c’est ta manière de militer, mais est ce qu’il t’es arrivé de t’engager dans des organisations ou pour des causes ?

A chaque fois qu’on le fait, depuis plusieurs années maintenant, c’est par le biais de notre musique. Parfois, les gens nous sollicitent pour participer à tel évènement, pour parler de telle cause… on a une histoire particulière avec la fondation Abbé Pierre par exemple. Vraiment moi je te dis mon trip c’est la convergence, donc à chaque fois qu’on peut, que ce soit avec des gens comme RESF, autour de la question palestinienne… A chaque fois sur des valeurs et des convictions qui sont les nôtres, dès qu’on nous appelle on peut y aller, mais souvent on le fait avec ce qu’on sait faire le mieux, c’est à dire notre musique.

Vous avez chanté au premier mai cette année…

Ouais, c’est là où le kiff personnel rejoint aussi le combat. Souvent on se fait plaiz aussi ! La manif sur le camion, c’est un kiff, et en même temps tu te dis t’es un peu utile…

Ok. Tu parles beaucoup dans tes chansons de ta jeunesse, de ton enfance dans les quartiers populaires, de ton statut de fils d’étranger, c’est quoi aujourd’hui la situation des « jeunes issus de l’immigration » ?

Je te dirais, pour citer Fernand Raynaud, que j’aime pas les roumains, ils viennent piquer le pain des arabes… Non, mais c’est toujours l’histoire qui se réécrit, avec toujours des boucs émissaires, et qui parfois changent… La discrimination continue encore et toujours dans nos quartiers, c’est un fait. Nous, ce qu’on dit aux jeunes des quartiers, à nos frangins, nos voisins, c’est « ne lâchez rien ! ». De toute façon tu n’as pas le choix. C’est vrai que face au poison de la discrimination, il y a eu un abattement dans nos quartiers, une résignation, cette mode qui est à baisser les bras. Mais ça ne fait que alimenter le système et lui donner raison que de lâcher l’affaire. Moi je pars du principe simple que quand la donne ne te convient pas, il faut essayer de te démerder pour donner les cartes. C’est une guerre, tu ne peux pas continuer à les recevoir en demandant à ce qu’on te donne de bonnes cartes… Malheureusement le monde dans lequel on vit ne fonctionne pas par les bonnes volontés, l’esprit de charité ou de solidarité : il fonctionne au rapport de force. Et c’est ça l’histoire : quand tu es faible, on t’appuie dessus et on t’enfonce la tête, donc tu n’as pas d’autre choix que d’avancer. Mais l’idée, comme je te disais tout à l’heure, c’est vraiment de ne pas être juste dans la logique de passer de l’autre côté de la barrière, mais d’exploser les barrières. Tu dois avoir la volonté de t’en sortir, mais ça ne suffit pas.

Et on parlait tout à l’heure de la division qu’il a pu y avoir entre l’ouvrier et l’immigré. On a parlé des jeunes des quartiers, mais aujourd’hui il y a tout un pan du prolétariat blanc qui est attiré par les idées de l’extrême droite, qu’est ce que tu aurais à dire à ces gens là ?

Et même pas que blanc ! « C’est toujours la même histoire depuis que l’homme est l’homme » : c’est la tentation du bouc émissaire. Une personne talentueuse comme Marine Le Pen, comme Sarko en 2007, va réussir à vendre ça à des gens un peu fragiles ; après je ne les excuse pas non plus, ces gens, parce que tu es toujours victime consentante. Avec du talent, on va te présenter les pires idées, les maquiller, les enrober, et arriver à faire croire ça à un nombre croissant de gens. Les plus grands dictateurs, c’est des gens charismatiques, qui ont réussi à attirer les foules avec des discours hallucinants si tu les regardes à froid, avec du recul. Hitler a été élu alors qu’il ne masquait rien de ce qu’il allait faire.

Et en même temps, la situation d’aujourd’hui découle aussi du ravage de ces 5 années de sarkozysme, avec un ministre poursuivi et condamné pour propos racistes, où celui qui lui succède t’en rajoute 10 couches… Ça a été la fête pendant 5 ans : la fête à l’arabe, au roumain, au noir, au musulman… Donc ouais, il n’y a pas de fumée sans feu, et pas de feu sans pyromane…

C’est le sarkozysme qui a ouvert la voie à ça ?

Il a fait plus qu’ouvrir la voie : il a montré le chemin, il a suivi le chemin, et Marine s’est engouffrée là dedans. Elle a suivi, et maintenant elle pointe sa tête…

Vous allez jouer à la fête de l’Huma en septembre : comment tu te situes concernant 2012 ?

J’ai toujours un problème quand on parle d’élections, c’est la division toujours latente. Ils se sont mis d’accord une fois vraiment, sur le référendum de 2005. Souvent pour moi on ne va pas au bout d’une logique. On dit qu’on est contre l’élection présidentielle parce que c’est la personnalisation, mais en allant au bout de ce discours là, tu dis : « ok, faisons de cette élection un référendum pour une nouvelle république, repointons nous à 12 sur la même tribune, et si il faut mettre un nom on trouvera un nom, c’est pas le problème. » Mais finalement on joue toujours la carte de la personnalisation. L’histoire du Front de gauche, c’est une démarche unitaire que je salue, et en même temps il y a le côté « on fait l’union derrière moi » ! Du coup nous ce qu’on dit aujourd’hui, c’est « continuez à faire votre boulot, essayez de tendre vers l’unité et si à un moment cette unité est clairement affichée, on en sera » . Notre soutien a un prix, celui de l’unité. C’est notre seul prix, et en même temps c’est ce qu’il y a de plus difficile à faire. On leur demande d’aller au bout de cette logique. On n’a pas envie d’aller soutenir les uns contre les autres, où d’aller voir un truc où t’as pas une dynamique avec le mouvement social… On chante cette démarche unitaire et on ne transgressera pas là dessus.

Ok, plus d’infos sur la date de sortie d’un prochain album ?

2012, soit un peu avant, soit un peu après les élections, mais vers ces eaux là, vers le printemps.

Ok merci beaucoup.

(Interview réalisée par la Colonne de Fer)

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Une Réponse to “HK : « Le monde fonctionne au rapport de force » !”

  1. Les révolutionnaires aussi offrent des cadeaux à noël ! « Colonne de Fer Says:

    […] hip-hop, reggae, musette… Nous avons déjà eu l’occasion de parler de ce groupe ici et ici. A offrir sans modération (bon, peut être pas à votre petit cousin ou neveu gothique fan de […]

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