La résignation est un luxe désormais interdit…

Hier, vendredi 17 juin, une quarantaine de personnes se sont retrouvées place Jean Jaurès à Tours, bravant la pluie pour marquer leur opposition à l’institutionnalisation de la xénophobie et du racisme, en phase de devenir véritables idéologies d’Etat. Il ne s’agissait pas ici, à la manière des bobos du PS ou d’ailleurs, de placer le combat contre le racisme sur le terrain moral, mais de dénoncer le racisme comme un piège visant à diviser les classes populaires et à les détourner des vrais problèmes. A l’heure où le système atteint ses limites, le repli sur soi et sur ses frontières, la peur de l’autre sont autant de sentiments exacerbés par les idéologues proches du pouvoir pour anéantir toute vision lucide et internationaliste des luttes à mener. En professant ces idées nauséabondes à grand renfort de manipulations médiatiques dans le but de sauver leur peau, les profiteurs ne font qu’ouvrir la voie au fascisme. Dans ce contexte délétère, la résurgence et le développement de groupuscules néo-nazis et ultra-nationalistes ne sont que le sous-produit de plusieurs années de sarkozysme arrogant.

Rendez-vous était donc pris hier soir pour manifester notre refus de la stigmatisation et des « solutions » de facilité préconisées par la droite et l’extrême droite : fermeture des frontières, préférence nationale… Une grosse quarantaine de personnes, donc ; bien sûr, d’aucun diront que c’est peu, mais cela a le mérite de souligner les ravages de la dépolitisation organisée, et l’importance du travail à accomplir pour remédier à cette situation. Car malgré sa faiblesse, ce rassemblement est porteur d’espoir : des jeunes, principalement, sont présents, travailleurs, chômeurs ou étudiants, issus des classes populaires. Ils se sont reconnus dans l’appel lancé par des individus d’horizons diverses. La plupart d’entre eux n’ont jamais eu de carte de parti, et pourtant ils sont décidés à prendre leur place dans le débat politique, à être les moteurs du changement.

Globalement, aucune organisation politique traditionnelle n’aura jugé bon de faire le déplacement. Cela ne nous empêchera bien évidemment pas de travailler avec elles par la suite, mais pas sûr que cela ait contribué à réconcilier les personnes présentes avec le jeu politique traditionnel. Regrettable pour tout le monde, donc…

Après le rassemblement, les individus présents se retrouveront pour partager un repas place Anatole France, malgré le mauvais temps. Moment de convivialité : on discute, on échange des idées, des projets, on débat sur des initiatives, on se prépare aux jours sombres qui nous attendent avec une seule certitude : celle d’être au rendez-vous pour les combats à venir.

    Trop longtemps, nous nous sommes laissés enfermer dans le confort de la résignation et de la déprime. Mais cette époque touche à sa fin : le capitalisme nous entraine dans sa chute mortelle, et déjà les charognards en chemise brune se lèchent les babines. Aujourd’hui, refuser d’agir pour changer le monde ici et maintenant revient à attendre tranquillement d’être écrasés sous le talon de fer de la réaction. La résignation n’est plus une option envisageable. « Le socialisme ou la barbarie », l’alternative proposée par Rosa en 1916 est aujourd’hui plus que jamais d’actualité. Une chose est sûre : nous serons du combat !

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