La Colonne de Fer se présente

          Créée en mai 2011 à Tours, la Colonne de Fer se voit comme un mouvement politique de type nouveau. Nous sommes une structure locale rassemblant des individus d’horizons diverses, qui entend agir au quotidien pour changer la vie et transformer la société.

          Les principes politiques qui nous guident sont les suivants : internationalisme, lutte contre toutes les formes d’oppression, solidarité de classe.

          Nos ennemis sont le Capital et ses alliés : gouvernements, chiens de garde fascistes « identitaires », et idéologues d’un capitalisme à visage humain. Nous entendons remettre au goût du jour un projet socialiste et autogestionnaire, qui reste à construire ensemble. Nous combattons également l’ensemble des systèmes d’oppression à l’œuvre aujourd’hui, ainsi que les logiques qui les sous-tendent.

          En toute circonstance, nous entendons œuvrer au développement de la conscience de classe et à l’unité sur le terrain des révolutionnaires et de leurs organisations.

           Alors que le capitalisme prive les individus du contrôle de leur vie et que l’extrême droite prospère sur la misère sociale, nous pensons qu’il est important de remettre l’idée et la pratique révolutionnaires au goût du jour, de les faire évoluer tout en gardant à l’esprit les expériences du passé.

Pourquoi une nouvelle organisation ?

          A l’heure où le capitalisme financier étend sa domination sur l’ensemble de la planète avec la complicité des gouvernements de gauche comme de droite, l’individu est devenu une marchandise comme une autre, otage des cours de la Bourse. Actionnaires et banquiers nous livrent une véritable guerre sociale, broient des millions de vies pour satisfaire leurs exigences de profits. Partout, l’idéologie libérale dissipe les dernières illusions d’un Etat social, montrant au grand jour le vrai visage du capitalisme, intrinsèquement injuste et destructeur.

          Si l’image de l’ouvrier en bleu de travail et du capitaliste au gros cigare est dépassée, la population est plus que jamais divisée entre ceux qui produisent la richesse et ceux qui l’accaparent. Le capitalisme a évolué, mais l’antagonisme de classes sur lequel il se fonde demeure.

          Pourtant, alors que de plus en plus de voix se lèvent pour appeler de leurs vœux le changement et la sortie d’un système devenu insoutenable, les mouvements qui incarnent la volonté de renversement du capitalisme peinent à apparaître comme porteurs d’une alternative crédible au yeux des exploités.

          Déboussolés depuis la chute de l’URSS et des décennies d’illusions représentées par ce « modèle », sujets à des clivages parfois dépassés, ces mouvements peinent à s’adapter à leur époque et à porter un projet neuf, réellement socialiste et démocratique.

          Face au vide politique qui découle de cette situation, en l’absence de solutions politiques collectives, les classes populaires sombrent dans la morosité et l’individualisme. La dislocation des structures sociales et solidaires autrefois gérées par les organisations ouvrières, la tertiarisation du marché du travail, l’éclatement des grands bastions ouvriers, le discours ambiant sur la fin de la lutte des classes ont eu pour effet de faire reculer la conscience de classe, la conviction chez les exploités de partager une histoire, des réalités et des intérêts communs.

          Il y a encore quelques années, si un salarié avait de gros ennuis avec sa hiérarchie, il pouvait compter sur ses collègues pour se mettre en grève en signe de soutien et faire pression sur la direction. Aujourd’hui, si ce type de riposte solidaire existe toujours, force est de constater qu’il est de plus en plus rare : l’action collective a perdu du terrain pour laisser la place au repli sur soi.

          Bien sûr, la détérioration des liens sociaux et le recul de la solidarité de classe sont du pain béni pour les exploiteurs qui profitent de la situation pour détruire nos acquis.

          Pire encore, le recul de la conscience de classe permet à une extrême droite décomplexée de se développer en exaltant des concepts créés de toute pièce venant combler les vides. Il en est ainsi du concept d’identité nationale, qui crée l’illusion d’une communauté d’intérêt regroupant l’ensemble des français, unis face à un ennemi extérieur. Pourtant, il apparait clairement que le travailleur français a plus d’intérêts communs avec le travailleur espagnol ou tunisien qu’avec l’actionnaire français. Face à cette réalité, il est clair que ceux qui en propageant la peur de l’autre contribuent à semer la division parmi nous ne sont que les idiots utiles du capitalisme.

          Dans cette situation il devient plus que jamais urgent de parvenir à mettre en place les cadres nécessaires à l’émergence de nouvelles dynamiques militantes. La Colonne de Fer, sans avoir la prétention d’incarner la solution à cette situation, se veut être, localement, un des éléments de ce renouveau. Nous entendons contribuer à la transformation de la société, avec une énergie, une motivation et une détermination sans faille.

          Il ne s’agit pas pour nous de former une nouvelle organisation en contradiction et en opposition avec les cadres politiques, syndicaux ou associatifs déjà existants, mais au contraire de développer des synergies avec ces structures, d’agir de manière transversale, de fédérer des initiatives, de renforcer les outils de solidarité. Nous avons pour ambition de briser les murs que nous avons parfois dressé entre nous, afin que nos dynamiques propres apparaissent comme les différents assauts d’une stratégie globale de transformation sociale. Notre but n’est pas tant de faire grossir notre organisation que de faire bouger les lignes.

Pourquoi la « Colonne de Fer »?

          Le nom de notre organisation ne manquera certainement pas de surprendre. Pourtant, ce nom est lié à l’histoire du mouvement révolutionnaire international : la Colonne de Fer fut, durant la révolution et la guerre d’Espagne, une des nombreuses colonnes de partisans combattant contre le fascisme et pour une société débarrassée de tout antagonisme de classe. Sa spécificité était d’être à la fois une milice de partisans et une véritable organisation révolutionnaire aidant les travailleurs à se libérer et à s’organiser à l’arrière du front. Grâce à la diffusion de son quotidien, Linea de fuego, de nombreux communiqués et autres supports de propagande, la Colonne de Fer informait en permanence les travailleurs de ses positionnements et de ses actions, dans un soucis de transparence et de démocratie la plus totale.

          Si nous avons choisi ce nom c’est parce que, à la manière de la Colonne de Fer de 1936, nous nous voyons à la fois comme une structure de combat contre le Capital et ses alliés, et comme une organisation révolutionnaire tournée vers la propagande par le verbe, le fait et l’exemple. Nous serons présents sur tous les fronts, des luttes des salariés à celles des sans-papiers, des luttes internationalistes aux luttes féministes, mais également dans les syndicats ou les milieux associatifs. Nous serons également amenés à développer des initiatives nouvelles, liant action directe, expérimentation sociale et diffusion d’idée, avec l’objectif à terme de développer et de diffuser le projet de transformation sociale global qui fait aujourd’hui défaut.

          La Colonne de Fer existera tant que nécessaire !

« « Transformer le monde « , a dit Marx ; « Changer la vie « , a dit Rimbaud ; ces deux mots d’ordre pour nous n’en font qu’un »

– André Breton –

          Qu’on se le dise, les révolutionnaires sont de retour ! Rendez-vous très prochainement dans la rue !

La Colonne de Fer, le 3 Juin 2011

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