Plus ça devient vieux, plus ça devient bête

19/03/2012

« J’affirme que dans la religion musulmane rien ne s’oppose, au point de vue moral, à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire. Sur l’essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale. Aux musulmans, offrons l’entrée et l’intégration dans une France dynamique, dans une France conquérante. Au lieu de leur dire comme nous le faisons maintenant : « Vous nous coûtez très cher, vous êtes un fardeau », disons-leur : « Nous avons besoin de vous. Vous êtes la jeunesse de la nation ». »

Jean-Marie Le Pen, le 29 janvier 1958

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Nous on ose: Albert Einstein aurait rejoint la Colonne de Fer!

19/03/2012

« La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle. »

Albert Einstein, extrait de  Pourquoi le socialisme? (1949)

Jacques Cheminade: un gourou de secte à l’élection présidentielle…

16/03/2012

Alors ça y est, c’est officiel, il est de retour, Jacques Cheminade sera donc candidat à l’élection présidentielle. Jacques Cheminade ? Vous voyez pas qui c’est ? Mais si, Cheminade… Un grand avec des lunettes… Non ? Bon, ok, on vous l’accorde, la première fois qu’il avait réussi à se présenter ça commence à dater un peu, et en plus ça avait pas marqué les esprits… Comme, certainement, plus de 99,5 % des votants (si vous votez), vous ne voterez pas pour lui. Et vous vous dites qu’au fond, on en a un peu rien à foutre. On ne peut pas vous donner entièrement tort. Toutefois, il est parfois bon de connaître aussi ceux pour qui on va pas voter. Et dans le cas de Cheminade, si vous êtes pas au courant, y a des surprises dans son CV… Et globalement, ça fait surtout flipper!

C'est vrai que comme ça, il fait moins peur que Raël...

Un type pas vraiment respectable

Jacques Cheminade, a priori, au début, ça fait plus marrer qu’autre chose. En faisant une petite recherche Google, vous pourrez voir que, déjà, avant de taper la septième lettre de son nom, vous ne trouverez que des pubs pour des cheminées. Le type connu quoi ! Une fois passée cette étape, vous arrivez à son affiche de campagne et son super slogan : « Cheminade, le sursaut ! ». Là vous vous dites que c’est vraiment une blague et vous arrêtez. Mais vous avez tort…

En continuant un peu, vous auriez pu voir que ça sent le truc bizarre. Au niveau politique, Cheminade se décrit comme un gaulliste social, ni de gauche ni de droite, aussi à l’aise à citer le vieux général que Jaurès. Il est contre le pouvoir de la finance et il se vante d’avoir prévu la crise il y a 20 ans (bon Marx l’avait prévue il y a 150 ans, donc mouais…). Et puis sinon, il nous fait des petits cours d’économie chiants pour nous dire qu’il faut un nouveau Bretton Woods… Enfin pas intéressant quoi. Mais Cheminade, ce n’est pas que ça. C’est aussi le mec qui nie le réchauffement climatique, qui cherche des complots partout et qui veut coloniser Mars et la Lune… Ah ouais quand même ! Mais bon, à la limite, des fous y en a d’autres.

Là où ça se complique c’est sur le reste du CV. Outre un passé assez flou dans des services de renseignements informels aux États-Unis, on peut voir que Cheminade a été condamné, en 1990, à quinze mois avec sursis pour vol. Il avait extorqué 1,2 millions de francs à une petite vieille fortunée atteinte de la maladie d’Alzheimer. Normal quoi. En 1995, il est accusé d’avoir trafiqué ses comptes de campagne. Il a aussi eu un certain nombre de procès pour diffamation qu’il perd à chaque fois et qui l’opposent à Nicolas Miguet, Dominique Perben ou encore Mylene Farmer. Pendant la campagne présidentielle de 1995, il est également accusé par des maires qui lui ont donné leurs signatures, de harcèlement quotidien et de pressions… Là, vous commencez à vous dire « Non mais c’est quoi ce mec ?? ». Et c’est pas fini.

Le mouvement larouchiste

Cheminade est le candidat d’un obscur groupe politique, Solidarité et Progrès, qui se déclare comme étant la section française du mouvement larouchiste américain. Lyndon Larouche est un leader américain d’extrême droite, et considéré comme le gourou d’un mouvement sectaire. Il dénonce, dans ses nombreux écrits, le complot juif ou encore ce qu’il considère comme de l’art dégénéré (et qui est prohibé pour les membres de son mouvement). Les militants de Larouche vivent en communauté, on leur demande de tirer un trait sur leurs amis, leurs familles, leur passé. Ils doivent vouer un culte à Larouche, qu’ils appellent entre eux « le Grand Homme » et vénérer ses écrits comme des paroles sacrées, références uniques en ce qui concerne l’art, la science, la pensée politique, les questions de mode de vie. Les proches des adeptes de Larouche constatent des changements de personnalité très rapides et sont dans l’incapacité de communiquer avec eux.

La secte de Larouche est soupçonnée de tortures psychologiques, mais aussi physiques sur certains de ses membres. Les adeptes de cette secte ont énormément de mal à en sortir, et certains d’entre eux en viennent au suicide.

Pour plus d’informations sur Larouche et sa secte on peut notamment lire cet article http://www.prevensectes.com/solidarite3.htm

Lyndon Larouche, le "Grand homme"

Solidarité et Progrès : la secte larouchiste française

En France, le parti de Jacques Cheminade n’a pas grand chose à envier à son grand frère américain. Ces militants recrutent souvent autour des facs, ou à la sortie des métros à Paris et dans les grandes villes. Ce sont en majorité des jeunes, qui ciblent d’autres jeunes. Il tentent d’attirer à eux par un discours complotiste (genre qui fait bien flipper) et offre les clés de la sortie du complot mondial aux quelques âmes paumées qui veulent bien les écouter : les rejoindre dans leur culte de Larouche et les aider à gagner d’autres gens à cette grande cause. Et alors là, pour ceux qui rentrent dans leur mouvement, ça devient craignos… Sur le site suisse InfoSectes (lien en bas de l’article), un ancien militants de Cheminade qui a réussi à s’extraire de la secte témoigne :

« Leur méthode de recrutement commence par vous « dégoûter » de la société dans laquelle nous vivons. Ils ont besoin de détruire vos anciennes bases de pensées afin de pouvoir les remplacer par les leurs. Ils dépeignent alors un portrait « apocalyptique » du monde. Pour eux nous entrons dans un Nouvel Age des Ténèbres (« a New Dark Age ») dû essentiellement à la décadence culturelle des « Baby-Boomers » (les parents des jeunes étudiants sont ici visés). Par ce biais, le membre vous rend coupable et responsable, vous forçant à agir pour ne pas vous mépriser vous- même. Vous devez tout remettre en question: votre éducation, ce que les médias vous racontent… »vous devez changer pour que le monde change ! ». Ainsi, peu à peu, ils deviennent votre unique cadre de pensée, l’unique chose dans laquelle votre espoir s’engouffre. Vous êtes donc amenés à modifier vos goûts musicaux. Le rock « satanique » doit disparaître de votre discographie au profit de Jean-Sébastien Bach. Vos repères politiques et religieux changent; tout comme votre style vestimentaire et votre aspect physique (barbe, cheveux) s’ils ne correspondent pas à ceux du groupe. Vous acceptez cela car l’avenir du monde en dépend. « Il faut à tout prix éviter la troisième guerre mondiale ! » vous assénent-ils »

Flippant non ? Un peu plus loin :

« En France, Jacques Cheminade a mis en place un processus de corruption des membres. En tant que subrogé de LaRouche, Cheminade détient l’entière autorité sur l’organisation française. Il contrôle les agissements des membres, soit directement ou indirectement en plaçant ses sbires. Son but étant de tout savoir sur les membres pour pouvoir jouer sur leurs faiblesses. C’est une technique employée par nombre de sectes. Souvent, Cheminade convoque les membres un à un dans son bureau pour les faire parler et surtout pour s’assurer de leur soumission. Il lui arrive de faire participer une tierce personne pour pouvoir établir un rapport de force lui étant plus favorable. Durant ces rencontres il est la plupart du temps question des problèmes psychologiques, quelquefois sexuels du membre. Cheminade attend une confession. Il est déjà arrivé, que Jacques Cheminade convoquent un membre pour lui demander s’il était homosexuel. Ce qui est pour eux une déviance immorale, même une maladie psychique. »

C’est pas glop du tout du tout ! Dans le reste de son témoignage, cet ancien militant dénonce les méthodes de Cheminade qui oblige les membres de son groupe à vivre dans la précarité la plus extrême et exerce des pression psychologiques importantes sur eux. Évidemment, on ne peut pas vous mettre tout le témoignage ici, mais allez voir, ça vaut le coup ! Ça vaut Raël, le costume en moins…

Cheminade va sûrement faire un score ridicule aux présidentielles. Mais c’est pas une raison pour ne pas s’intéresser à lui. Tout d’abord parce qu’un mouvement comme Solidarité et Progrès, même confidentiel, reste dangereux, et parce que même 0,2 % de personnes qui votent pour ce type d’individus, c’est déjà beaucoup trop. Et dire que ce type va, dans les semaines à venir, avoir autant le droit à la parole que les autres… Ça fait rêver !

Info Sectes :http://www.info-sectes.ch/secte-solidarite-progres.htm#Sortir

La Colonne de Fer n’a pas ses 500 signatures…

16/03/2012

 

Triste nouvelle. La Colonne de Fer n’aura pas de candidat à l’élection présidentielle. Ouais, on sait, vous êtes déçus. Vous criez, vous pleurez, vous hurlez déjà « Mais comment c’est possible? Ils étaient tellement bons, comment ça a pu arriver? » (dit dans un sanglot). Bah en fait, on a totalement oublié d’aller chercher nos signatures… Ouais, on a un peu merdé là… On a bien essayé de voir tout l’après-midi avec les vieux du Conseil Constitutionnel, mais ils ont rien voulu savoir. On aurait gagné pourtant, c’est sûr! C’est trop con, on s’excuse…

Bon en même temps, c’est pas si grave, parce que, au fond, ça nous tentait pas plus que ça de faire les cons à la téloche. Par contre, campagne présidentielle ou pas, ça va pas nous empêcher d’être sur le terrain et d’ouvrir nos gueules! Ça, on n’oubliera pas, vous pouvez nous croire! En plus, à ce niveau là, on vous prépare des surprises…

 

 

Ca fait 100 ans qu’on le dit…

02/03/2012

Les footballeurs en colère contre Hollande: quand l’indécence n’a plus de limite…

01/03/2012

 

Une fois n’est pas coutume, la Colonne de Fer va avoir l’air de défendre un peu Hollande… Que ce soit clair, ce sera pas souvent, mais il faut bien avouer que les polémiques que soulèvent sa proposition de taxer à 75% les revenus au dessus d’un million d’euros de nos concitoyens les plus riches poussent certains de ces derniers à des plaintes un peu exagérées là où la décence, qui plus est en temps de crise, devrait plutôt les pousser à la boucler ! Et la montée de bouclier la plus violente contre la première mesure un peu de gauche du candidat socialiste, vient, aujourd’hui, d’une classe opprimée que l’on avait un peu oubliée les derniers temps : les footballeurs…

Apparemment, il seraient une cinquantaine, évoluant en Ligue 1, à tomber sous le coup de la proposition de François Hollande. Une mesure qui les pousseraient à payer un peu plus d’impôts pour participer pleinement à la solidarité nationale. Attention, quand on dit un plus d’impôts, qu’on comprenne bien : c’est pas ça qui va les foutre à la rue non plus ! En gros, tous les revenus au dessus de un million d’euros annuel, seront taxés à 75%. Ça laisse quand même de quoi vivre bien !

Mais voilà, y en a qui gueulent ! Christophe Jallet, par exemple, le défenseur du PSG, qui gagne 120 000 euros par mois, chouine en nous expliquant qu’il a « braqué personne ! ». Le président du LOSC Michel Seydoux, qui a du pognon à faire péter plusieurs coffres-fort, nous raconte quant à lui, le plus sérieusement du monde, que cette mesure serait « a terme, la mort du football hexagonal ». Rien que ça ! Ce genre de déclarations va sûrement une nouvelle fois faire super plaisir aux millions de supporters français, qui voient dans le sport, et notamment dans le football, une passion avant tout, et qui, dans leur très très grande majorité, ne tombent pas sous le coup de la mesure de Hollande…

Heureusement, tous les footballeurs ne sont pas des abrutis obnubilés par le pognon. Certains réfléchissent un peu plus. C’est notamment le cas de Vikash Dhorasso qui, lui, a déclaré : « que les footballeurs soient plus ou moins riches […] j’en ai rien à foutre ! Moi, ce qui m’importe, c’est que le quotidien de ceux qui galèrent et qui souffrent parce qu’ils n’ont pas de pouvoir d’achat ou parce qu’ils ne peuvent pas se loger, s’améliore. » Voilà, que tous les autres qui se déguisent en panneaux publicitaires pour faire exploser leurs comptes en banque prennent exemple sur lui, et redescendent un peu sur Terre. Les gars, vous nous feriez encore plus réver si, parfois, vous ressembliez plus à des sportifs qu’à nos patrons !

Une statue de Jean Royer dans le centre ville de Tours? Non merci…

01/03/2012

C’est la grande blague de ce mois : le 25 mars, Jean Germain dévoilera une statue de Jean Royer qui « ornera » la place de la Liberté dès la fin des travaux du tramway, fin 2013. Il rebaptisera, en même temps, le boulevard Thiers du nom du « père la pudeur ».

Rappelons rapidement qui était Royer. Bon, ok, il a été maire de Tours de 1959 à 1995, ce qui en fait incontestablement une personnalité importante de notre ville. Mais ça donne pas forcement le droit à une statue. Royer c’était aussi une des personnalité de l’aile la plus réactionnaire de la droite gaulliste. Dès les années 1960, il part en croisade contre la « décadence des mœurs », et notamment contre la pornographie. Une politique qui, en plus d’être bien réac, correspondait sûrement aux aspirations première de la population. Dans cette « bataille » glorieuse, il ira jusqu’à chasser de Tours l’écrivain Michel-Georges Micberth parce qu’il y avait créé un « centre de recherche en psychosexologie normale et pathologique ». En 1974, celui que l’on surnommait le « père la pudeur », se présente à l’élection présidentielle, comme le candidat de l’ordre et de la morale. Il s’attire, à cette occasion, les foudres des groupes féministes, de beaucoup de jeunes (on est alors en pleine période de révolution sexuelle), des homosexuels qu’il combat comme des décadents…

En gros, Royer était un bon gros réactionnaire qui n’avait, au final, pas grand chose à envier, niveau défense des libertés individuelles, des droits des femmes, des minorités sexuelles, aux inquisiteurs espagnols du XVème siècle et au Mollah Omar (peut être un peu moins bourrin, mais dans l’idée, y a de ça).

On se rappelle des mobilisations de certains braillards contre le projet de la statue « La Femme Loire ». On les entend évidemment moins pour celle de Royer. Comme nous on n’a pas que ça à foutre, on va pas déclencher un mouvement contre cette dernière, par contre on propose de l’ériger, non pas place de la Liberté, mais juste en face de la « Femme Loire ». Ça aurait sûrement fait plaisir à Royer de passer l’éternité devant une femme à poil ! Sinon, on applaudira évidemment tout ceux qui iront, à partir de fin 2013, lui pisser sur les pieds !

Jean Royer, acclamé par le clergé au procès de Galilée (1615)

Programme économique du FN : beaucoup de bruit pour rien

26/02/2012

Pour continuer à mettre en lumière les impostures du Front National, la Colonne de Fer a voulu se pencher sur les détails du programme économique du parti d’extrême droite. Nous savions que Marine Le Pen souhaitait rompre, au moins en apparence, avec l’ultra-libéralisme du père (à l’époque de Jean-Marie, le parti prônait notamment la suppression de la retraite par répartition et de l’impôt sur le revenu), mais encore nous restait-il à savoir comment.

Nous avons donc pris nos ordinateurs, ressortis nos vieux manuels d’économie de Terminale ES, et nous sommes rendus sur le site du Front National, direction programme…et là, nous sommes tombés sur une difficulté que nous n’avions pas prévu.

Pour expliquer notre problème, permettons-nous une analogie entre le travail que nous avions entrepris et celui d’un critique de cinéma. Quand le critique tombe sur une grosse bouse sans imagination, comme le cinéma américain ou Luc Besson en produisent tous les mois, son travail est vite fait. Mais imaginez maintenant de devoir faire la critique d’un vrai nanard de chez nanard, genre un film turc qui reprendrait des passages entiers d’autres films, dont les personnages changeraient de nom et de visage au cours du film, où de nombreuses répliques n’auraient pas le moindre sens, où le preneur de son apparaitrait dans le coin de l’écran une bonne dizaine de fois, et où des acteurs surjouant à mort évolueraient dans un mélange de Star Wars, Autant en Emporte le Vent et Les bronzés font du ski, tout en passant la moitié du film à lire du Spinoza en mangeant des yaourts. Vous ne sauriez pas quoi dire tellement vous seriez sidérés, et ce serait carrément normal.

Eh bien, bosser sur le programme économique de Marine Le Pen, c’est un peu la même chose : l’esprit humain n’y est pas préparé. Heureusement, les capacités de la Colonne de Fer sont surhumaines, et c’est munis de nos combinaisons en téflon anti-portnawak que nous avons bravé les multiples inepties et contradictions de celle que l’on appelle déjà « la Ed Wood de la politique » afin d’extraire de son « programme » toute sa substantifique moelle.

Vous nous direz, c’est pas sympa de tirer sur une ambulance comme ça. Démonter le programme économique de Le Pen, tout le monde le fait. Certes, mais il nous a paru intéressant de le faire avec notre grille de lecture à nous. Pour ce faire, revenons à notre comparaison de cinéphiles : la Marine Le Pen réalisatrice nous a donc concocté un film aberrant, incohérent, truffé d’erreurs de montage et de fautes de goûts. Mais si l’on met de côté tous ces partis-pris maladroits, que l’on épure le film pour se concentrer sur le seul synopsis, on se rend compte que celui-ci est d’une platitude et d’une absence d’originalité et d’ambitions incroyable…une histoire incroyablement banale en somme, avec toujours à la fin les travailleurs et les chômeurs qui perdent.

Partie 1 : la rigueur

Comme tout programme économique, celui de Le Pen comporte deux volets : un de politique budgétaire et un de politique monétaire, plus ou moins articulés l’un à l’autre, la politique budgétaire étant l’ensemble des mesures consistant à jouer sur les recettes et les dépenses publiques pour stimuler l’activité, et la politique monétaire l’action des autorités sur l’offre de monnaie. Aujourd’hui nous ne traiterons que de la politique budgétaire. La politique monétaire envisagée par le FN fera l’objet d’un article séparé.

Pour ce qui nous concerne aujourd’hui, force est d’avouer que Le Pen ne se démarque guère, hormis par ses grandes envolées lyriques, de ses concurrents.

Elle prétend ainsi lutter contre l’austérité imposée par l’Europe , mais affiche pour principale ambition de « réduire drastiquement les dépenses inutiles et néfastes pour le pays » afin de répondre à « l’obligation d’un déficit structurel égal à zéro ». En gros, Le Pen refuse de se faire imposer une politique d’austérité par l’Europe, mais entend tout de même mettre en place cette politique ; à ce compte là, c’est bien la peine de gueuler…

Cependant, contrairement à son papa, Marine Le Pen affirme défendre les services publics, et ne pas vouloir réduire les dépenses de l’Etat à leur détriment. Là encore, elle manie la langue de bois, puisqu’elle n’hésite pas à présenter la sauvegarde des services publics comme une question « de première importance » et à s’insurger contre les suppressions de postes dans la fonction publique, avant de montrer son vrai visage en affichant ses propositions concrètes, qui sont de « moderniser et rationaliser le fonctionnement des services publics marchands » via « un effort d’organisation et d’efficacité », et de « stabiliser » et « réduire » les effectifs de l’Etat et des collectivités territoriales. Marine Le Pen, ou l’art de dire tout et son contraire, et de reprendre à son compte les méthodes libérales appliquées depuis 30 ans, en se présentant comme la candidate du peuple. Balèze !

Bon, pour une fois, soyons sympas, considérons que ce double langage n’est que le fruit de notre mauvaise foi et que Marine Le Pen est sincère quand elle prétend ne pas faire d’économies sur le service public. Dans ce cas comment compte-t-elle s’y prendre ? Qu’est-ce qui constitue, pour elle, les « dépenses inutiles et néfastes » ? Eh bien principalement l’immigration, bien sûr, et la fraude.

Nous détaillerons dans un article ultérieur les inepties du Front National concernant l’immigration. Contentons nous ici de dire que les chiffres avancés par Le Pen, qui prétend économiser 40 milliards sur 5 ans en faisant la chasse aux immigrés semblent bien fantaisistes, dans la mesure où certaines études montrent que l’immigration légale constituerait en réalité une manne financière et non un coût pour l’Etat, et qu’il semble bien difficile de mesurer les coût liés à une immigration clandestine par nature impossible à estimer. En revanche, on sait qu’une politique consistant à traquer les étrangers nécessitera beaucoup d’argent…

Concernant la fraude, ce sont ici « les petits », ceux que Marine Le Pen prétend représenter, qui sont pointés du doigt. Le discours est le même que chez Sarkozy : le chômeur sera soumis à des contrôles plus importants et à une « obligation d’acceptation d’un emploi ». Encore une fois, le chômeur est présenté comme un faignant qui ne fait pas d’efforts. Autres responsables de la ruine du pays d’après Le Pen ? « Les fraudes à la sécurité sociale » ; sans doute les salauds d’ouvriers qui se font faire des arrêts maladies alors qu’ils pourraient aller bosser…

Ces ouvriers, Le Pen prétend penser à eux : elle va même augmenter tous les salaires jusqu’à 1,4 fois le SMIC de 200 euros. Seulement, cette augmentation, Le Pen veut la faire sans que l’entreprise n’augmente ses dépenses. Aussi, elle la fait payer par l’Etat, via la suppression des cotisations sociales salariales, normalement allouées à la Sécurité Sociale. Comment Le Pen entend-elle compenser ce manque-à-gagner d’argent utile à la collectivité ? En taxant les marchandises importées de 3%, c’est à dire en organisant la hausse des prix des produits importés, des matières premières, du gaz ou encore du pétrole. Or qui devra payer la différence ? Le travailleur dont le salaire vient d’augmenter de 200 euros, pardi ! Situation exemplaire où Marine Le Pen reprend d’une main ce qu’elle donne de l’autre.

Partie 2 : la rigueur aussi, mais pas pour les riches

Bien sûr, autoproclamée candidate d’un peuple qu’elle ne cesse de trainer dans la boue, Marine est bien obligée de taper également sur quelques gros, ne serait-ce que pour montrer que ce n’est pas le système économique qui est biaisé, mais que le problème vient seulement d’une poignée de patrons sans scrupules qui ne respecteraient pas les lois du capitalisme… Aussi, elle pointe également du doigt ceux qui s’enrichissent grâce aux niches fiscales, et se présente comme la candidate des PME face aux gros de la finance. Pourtant, au vu de la politique fiscale préconisée par son parti, il semblerait que les riches n’aient guère à craindre pour leurs fesses.

Ainsi, si l’impôt est présenté comme un instrument de solidarité national indispensable, il est aussitôt souligné qu’il « doit rester aussi faible que possible ».

Et si Le Pen entend rendre l’impôt sur le revenu plus progressif afin d’être plus juste et équitable, le manque d’ambition des propositions concrètes laisse pantois. Pour commencer, Le Pen évoque la « création de nouvelles tranches intermédiaires », mais sans préciser ni combien, ni à quel niveau de revenu elles correspondront, ni à quelle hauteur elles seront taxées. Pour un projet présidentiel, il y a du sérieux, mais passons. Concernant la tranche supérieure, Marine Le Pen veut élever le niveau de prélèvement à 46%…contre 41% aujourd’hui. Quand on sait que cette tranche concerne les personnes déclarant un revenu supérieur à 70 000 euros par an, on se dit que ça va, la mesure révolutionnaire de Marine Le Pen ne devrait pas trop les foutre dans la merde… Mais surtout, Marine va donc créer des tranches intermédiaires supplémentaires, mais aucune tranche supérieure, ce qui fait qu’aucun ménage ne sera imposé au dessus de ces 46%, que le revenu annuel des personnes soit de 70 000 de 150 000 ou de 300 000 euros par an. Encore une fois, Super-Menteuse prétend soutenir les classes moyennes, et va en réalité leur faire supporter l’essentiel de l’impôt sur les revenus, pendant que les super-riches pourront dormir tranquilles. Globalement, quand Marine Le Pen prétend qu’elle est de votre côté, méfiez-vous…

Du côté de la fiscalité des entreprises, on utilise les mêmes tours de passe-passe. Le FN prétend rendre progressif l’impôt sur les sociétés pour favoriser les PME, avec la mise en place de 3 taux d’imposition à 15%, 25% et 34%. Pour les grosses entreprises, la différence sera de taille, puisque leur taux d’imposition est aujourd’hui de 33,33%… Mais surtout, le taux d’imposition réduit à 15% existe déjà pour les PME ! Ce que Le Pen présente comme le rétablissement de la justice fiscal, c’est donc le maintien de ce qui existe aujourd’hui. Pour une candidate « antisystème », il faut avouer que c’est une conception intéressante… Pourtant, il existe une différence de taille entre l’impôt sur les sociétés (IS) d’aujourd’hui et celui de Marine Le Pen : c’est que l’IS de Marine est en réalité la fusion de l’IS actuel et d’un autre impôt, la Contribution économique Territoriale (CET), destinée aux collectivités locale. Les recettes engendrées connaitront « un partage pour 2/3 pour le budget de l’Etat et 1/3 pour le budget des Collectivités ». Au final, sous couvert de justice sociale, Marine Le Pen fait chuter d’un tiers les recettes perçues par l’Etat grâce à l’IS, et procède à une manœuvre qui revient à supprimer la CET pour les entreprises. Du pain béni pour les actionnaires…

Tout le reste est du même acabit. L’impôt sur la fortune et la taxe foncière sont supprimés pour donner naissance à un impôt unique…sur lequel aucune information n’est donnée. Il en est de même pour toutes les « taxes et impôts dont le rendement fiscal est inférieur à 50 millions d’euros par an ».

Bref, la justice fiscale du FN ne profite qu’aux riches. Le Front National fait tout un ensemble de promesses sociales (nous verrons cela dans un futur article sur la politique sociale du FN) qu’il sera incapable de tenir faute d’argent. Dans le même temps, nous voyons que le FN entend imposer l’austérité aux travailleurs et aux chômeurs, et continuer les cadeaux aux riches. Le projet budgétaire du FN est donc un projet de droite, libéral, somme toute assez classique. Il n’y a absolument rien d’antisystème, d’anticapitaliste ou même de social là dedans. Simplement, la réalité des propositions est noyée dans un discours pompeux et contradictoire. Et comme d’habitude, les classes populaires paieront les pots cassés.

A suivre : Marine Le Pen, la monnaie et le capitalisme des imbéciles, ou Le retour du programme économique du FN… (mais pas tout de suite)

N.Sarkozy : « Je serai servile avec les puissants, ignoble avec les faibles »

20/02/2012

 

 

« Je serai un président comme Louis de Funès dans le Grand Restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J’adore !» Cette phrase, révélée, à l’époque, par Le Parisien, a été prononcé en off par Nicolas Sarkozy au cours d’un voyage de campagne à la Réunion, en février 2007, il y a tout juste 5 ans. Au moins, on ne pouvait pas dire qu’on n’avait pas été prévenus…

Situation en Grèce: Interview de Dimitra, prof au chomage.

19/02/2012

Le vote d’un nouveau plan d’austérité en Grèce cette semaine, et les réactions très impressionnantes, autant par le nombre de manifestants que par la violence insurrectionnelle de la population, suscite de plus en plus de commentaires sur la situation honteuse dans laquelle est plongé le peuple grec depuis plus de deux ans. Une situation que seule une victoire de la rue semble pouvoir faire évoluer. La Colonne de Fer a posé quelques question à Dimitra, 35 ans, professeure actuellement au chômage, à Athènes.  

Le centre ville d'Athènes noir de monde, le 12 février dernier

 La Colonne de Fer: Comment les grecs ont il réagit à ce nouveau plan d’austérité ? Trouvent-ils encore la force de se battre ?

 Dimitra : Les grecs sont déjà désespérés par ce qu’il s’est passé au cours des deux dernières années. Aujourd’hui, les gens ont le sentiment que, de toute façon, on n’a plus rien à perdre.

CdF : Qu’est ce que ces plans de rigueur à répétition changent concrètement pour la population grecque ?

 D. :Le chômage a atteint des chiffres records. Il touche environ une personne sur quatre actuellement. En ce qui concerne ma profession, celle de professeur, les salaires ont été réduits d’environ 300 à 400 euros. En gros, pour donner un exemple, ceux qui touchaient un salaire de 1200 euros l’année dernière, touchent environ 800 euros aujourd’hui. Et ça, ça concerne ceux qui ont la chance de ne pas avoir été licenciés… comme moi. A coté de ça, le cout de la vie reste le même, voir a augmenté. Avec le dernier plan d’austérité, le salaire minimum a été diminué de 22% pour les plus de 25 ans, et de plus de 30% pour les jeunes.

 CdF : On est habitué à voir des images assez impressionnantes sur les mouvements sociaux en Grèce. Comment se manifeste la résistance des gens aujourd’hui ?

 D. :Très violemment. Vous avez vu ce qu’il s’est passé, le 12 février, place Syntagma, en plein centre ville d’Athènes ? Des dizaines de bâtiments ont été incendiés, cassés, détruits sous les applaudissements de la population !

CdF :Dans ces manifestations, l’Union Européenne est très souvent montrée du doigt. Comment les grecs voient ils l’Union aujourd’hui ?

 D. :Je pense que les grecs ont perdu toutes les illusions qu’ils avaient encore sur l’Union Européenne. L’idée, partagé durant des années, qu’avec l’entrée dans l’Union Européenne, la Grèce allait devenir automatiquement un membre considéré à égalité des autres n’existe plus. Maintenant, les gens sont vraiment hostiles à l’Europe (et encore plus à certains pays d’Europe comme l’Allemagne et la France), mais ils ont quand même peur de la possibilité d’une exclusion de la Grèce du pays.

 CdF : Comment vois-tu l’avenir économique en Grèce ?

 D. : Je pense que le futur économique de la Grèce, comme de tous les autres pays, dépendra de la capacité de la classe ouvrière à prendre le contrôle de la production. Si ça n’arrive pas, nous serons condamnés à une production essentiellement basée sur les service et à un cout très bas du travail, comme beaucoup de pays de l’Est de l’Europe.

CdF : On a du mal à voir des perspectives politiques se dégager en Grèce aujourd’hui. Au mois d’avril, il y aura des élections législatives. Elle ne semble soulever aucun enthousiasme. Comment expliquer ça ?

D. :Aujourd’hui, il n’y a plus aucune tolérance des gens envers les politiciens. On le voit depuis un certain temps : il y a énormément d’incidents dans lesquels des politiciens sont interrompus dans leurs discours, attaqués verbalement, ou même physiquement, dans des conférences, des meetings, ou même des restaurants. Les gens n’ont plus aucune confiance.

CdF : Ici, en France, on nous parle de plus en plus, de l’arrivée d’une vague d’immigrés grecs cherchant à fuir le pays. Qu’en est il réellement ?

D. : C’est vrai qu’une nouvelle vague d’émigration est en train de toucher la Grèce. La plupart de ces nouveaux émigrés sont des jeunes mais pas seulement. On voit de plus en plus de familles entières quitter le pays. Ils partent pour avoir une vie meilleure. Pas vraiment pour avoir un meilleur boulot, mais simplement pour pouvoir survivre. D’autres profitent de départs dans le cadre de leurs études pour essayer de s’installer ailleurs, ou au moins de retarder leur retour.

 A l’heure où l’on commence à parler de l’application d’une cure d’austérité généralisée à toute l’Europe, la résistance courageuse du peuple grec doit trouver, plus que jamais, échos à nos oreilles. Ce qui se passe aujourd’hui en Grèce, si l’on ne réagit pas, sera bientôt notre quotidien, à nous aussi. Il est temps de s’unir pour affirmer le désir d’une société plus juste, basée sur le partage des richesses et la propriété collective des moyens de production. Une société démocratique. Une société socialiste. Le peuple grec n’a plus besoin de notre seule solidarité, il a besoin, maintenant, qu’on le suive !